PAR DERRIÈRE CHEZ MA TANTE YA-T-UN
ARRRE PLANTÉ
J’avoue que j’ai eu quelque mal à saisir le rythme et le mode de cette mélodie étrange, promenée par une voix nasillarde et saccadée sur les degrés vermoulus de l’antique échelle grégorienne. Grâce à l’intervalle de seconde majeure descendante, entre si et la, quatorzième mesure, la mélodie qui déjà n’appartenait pas au mode mineur, à cause de l’absence de note sensible, s’en éloigne encore davantage. Mais voici une nouvelle étrangeté. Le musicien remarquera que la note fa est altérée par un dièse, dans la onzième mesure. Il y a ici modulation ;
ou plutôt, pour parler le vieil langage (T autrefois, il y a muance, c’est-à-dire transposition passagère d’un mode à un autre. Gette mélodie appartient donc au premier mode authentique (premier ton), avec muance dans le quatrième mode authentique ou dans le quatrième mode plagal (septième ou huitième ton).
Ces couplets se chantant dans le Saintonge, l’Angoumois, l’Aunis et le Poitou, en français et en patois. Les airs français sont différents du nôtre.
m FS
vy - g
Du jo - Ii mois de mai.
Par derrièr’ chez ma tante Ya-t-un arbre planté ;
Dans la plus haute branche Trois pigeons sont branchés.
Vive le rosier Du joli mois de mai.
Dans la plus haute branche Trois pigeons sont branchés ; Ce sont trois demoiselles Qui leur port’nt à manger, Vive le rosier, etc.
Ce sont trois demoiselles Qui leur port’nt à manger ; Un’ leur porte du seigle, L’autre, du bled pilé.
Vive le rosier, etc.
Un’ leur porte du seigle.
L’autre, du bled pilé ;
L’autre leur porte à boire Dans un bassin doré.
Vive le rosier, etc.
L’autre leur porte à boire Dans un bassin doré.
Le roi, par la fenêtre,
Les regardait passer.
Vive le rosier, etc.
Le roi, par la fenêtre,
Les regardait passer :
— Où vont-ell’s, ces trois dames ?
Où vont-ell’s, s’promener ?
Vive le rosier, etc.
Où vont-ell’s, ces trois dames ?
Où vont-ell’s s’promener ?
— Nous ne somm’s point des dames, Somm’s fill’s à marier.
Vive le rosier, etc.
Nous ne somm’s point des dames, Somm’s fill’s à marier.
Le roi prit la plus jeune,
Dans la dans’ l’a menée.
Vive le rosier, etc.
Le roi prit la plus jeune,
Dans la dans’ l’a menée ;
A chaque tour de danse Il voulait l’embrasser.
Vive le rosier, etc.
A chaque tour de danse Il voulait l’embrasser :
— Allez, allez, beau prince.
Allez plus loin chercher.
Vive le rosier Du joli mois de mai.