‹ Chansons populaires du Canada, recueillies et publiées avec annotations, etcChapitre 93 sur 136 · FF · texte numérisé non relu

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Je viens 1 - - ci fi - mr cet - te cam . pa - gne !

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Ah ! doux é - chos, en - tendez mes sou - pirs ;

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En languis • sant je vais bien - tôt mou - rir !

1) Je connais un des descendants du héros de cette histoire, le père André Cadieux, vieillard de 71 ans, qui réside sur les bords du lac Huron. « Cadieux, m’a-t-il dit, était le grand’ père de grand’père » ! (Note de M. Taché.)

Petit rocher de la haute montagne,

Je viens finir ici cette campagne !

Ah ! doux échos, entendez mes soupirs :

En languissant je vais bientôt mourir !

Petits oiseaux, vos douces harmonies,

Quand vous chantez, me rattach’ à la vie :

Ah ! si j’avais des ailes comme vous.

Je s’rais heureux avant qu’il fût deux jours !

Seul en ces bois, que j’ai eu de soucis !

Pensant toujours à mes si chers amis,

Je demandais : Plélas ! sont-ils noyés ?

Les Iroquois les auraient-ils tués ?

Un de ces jours que, m’étant éloigné,

En revenant je vis une fumée ;

Je me suis dit : Ah ! grand Dieu qu’est ceci ?

Les Iroquois m’ont-ils pris mon logis ?

Je me suis mis un peu à l’ambassade,

Afin de voir si c’était embuscade ;

Alors je vis trois visages français !...

M’ont mis le cœur d’une trop grande joie !

Mes genoux plient, ma faible voix s’arrête,

Je tombe... Hélas ! à partir ils s’apprêtent :

Je reste seul... Pas un qui me console,

Quand la mort vient par un si grand désole !

Un loup hurlant vint près de ma cabane Voir si mon feu n’avait plus de boucane ;

Je lui ai dit : Retire-toi d’ici ;

Car, par ma foi, je perc’rai ton habit.

Un noir corbeau, volant à l’aventure,

Vient se percher tout près de ma toiture :

Je lui ai dit : Mangeur de chair humaine,

Va-t’en chercher autre viande que mienne.

Va-t’en là-bas, dans ces bois et marais,

Tu trouveras plusieurs corps iroquois ;

Tu trouveras des chairs, aussi des os ;

Va-t’en plus loin, laisse-moi en repos !

Rossignolet va dire à ma maîtresse (1)

A mes enfants qu’un adieu je leur laisse ;

(1) Ce mot, dans nos honnêtes chansons, veut toujours dire épouse ou fiancée. (Note de

M. Taché.)

Que j’ai gardé mon amour et ma foi,

Et désormais faut renoncer à moi !

C’est donc ici que le mond’ m’abandonne !...

Mais j’ai secours en vous Sauveur des hommes ! Très-Sainte Vierge, ah ! m’abandonnez pas, Permettez-moi d’mourir entre vos bras !

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