‹ Chansons populairesChapitre 40 sur 89 · LA VIEILLE SERVANTE · texte numérisé non relu

LA VIEILLE SERVANTE

Gudule est la vieille servante ' Qui nous tint petits en ses bras ; L'âge a rendu sa main tremblante ; Un long fauteuil retient ses pas.

Elle est près du foyer qui brille, Comme un vieux portrait de famille.

Allons, Gudule, endormez-vous :

La cloche va tinter huit coups.

Dans sa pauvre tête alourdie On sent décroître sa raison ; Toute la famille est grandie ; Elle est r enfant de la maison.

Nous berçons sa triste vieillesse Comme elle fit notre jeunesse.

Allons, Gudule, endormez-vous :

La cloche va tinter huit coups.

Gudule est quelquefois grondeuse, Surtout quand le temps va changer ; II. 9

•Nous écoutons sa voix pleureuse , Sans rire et sans nous corriger.

Chez nous, on n'oserait rien faire Sans son avis... qu'on ne suit guère.

Allons , Gudule , endormez-vous :

La cloche va tinter huit coups.

Nous lui racontons les merveilles Dont jadis elle nous parlait ; Elle écoute des deux oreilles, En égrenant son chapelet.

Nous contons l'histoire étemelle Du diahle ou de la fée Urgèle.

Allons, Gudule, endormez- vous :

La cloche va tinter huit coups.

Gudule, autrefois économe, Devint avare à soixante ans ; Chaque année arrondit la sonmie Qu'elle amasse pour ses enfants.

Or, elle n'a garçon ni fille :

Nous sommes toute sa famille.

Allons, Gudule, endormez-vous :

La cloche a tinté ses huit coups.

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