DU GRAND PRUSSIEN
C'est un grand pays que la Prusse, Bien qu'elle soit un peu trop Russe C'est là, chez un peuple allemand, Affaire de tempérament.
Elle possède son grand homme; Vous savez comment il se nomme :
Monsieur le comte de Bismark :
Cela rime avec Danemark.
Il a vu dans cette assonance Un décret de la Providence, Qui rendait son règne certain Dans le Sleswig et le Holstein.
C'est lui qui mène le royaume ; Il mène aussi le roi Guillaume « Le même qui fut libéral Quand il était prince royal.
C'est le plus hardi des ministres; Il tient lui-même ses registres , Et prend de son autorité Un budget qui n*est pas voté.
Il se disait que l'Italie , Grâce à Gavour, s* est accomplie , Et qu'il pourrait... Mais des Gavour, II ne s'en fait pas un par jour.
Gerte, il a de vastes idées; Mais pour qu'elles soient fécondées, C'est peu de gouverner son roi, Il faut avoir un peuple à sol.
Avant de se mettre en campagne, II a convoqué l'Allemagne, Jugeant que pour faire un bon coup Il est prudent d'être beaucoup.
Achille appelle Diomède :
L* Autriche est venue à son aide.
Étant deux grands contre un petit , Ils se sont mis en appétit.
Avec nombreuse infanterie.
Cavalerie, artillerie, Ils ont pris Diippel et Rensbourg , Soi-disant pour Augustcnbourg.
Puis ils se sont dit : Pour les rendre , Autant valait ne pas les prendre ; Et , se partageant le gâteau , Chacun a choisi son morceau.
On était d'accord pour la guerre; Mais pour la paix on ne Test guère :
Quand on arrive au résultat, Nul n*est content de son état.
Bismark a dit : u Je suis prophète; Donc que ma volonté soit faite.
J'aurai pour moi le droit canon, n L'Autriche a répondu : » Mais non. v
Là-dessus on lève des troupes ; Le feu va se mettre aux étoupes.
«C'est vous! » dit Bismark en courroux.
— Mais non, répond Mensdorff, c'est vous ! r
Le public , qui voit bien les choses , Commence à rire de leurs gloses; Pourquoi lever tant de soldats, Puisque vous ne vous battrez pas?
Rédigez force protocoles; Vous pouvez agir en paroles Et vous traiter du haut en bas , Puisque vous ne vous battrez pas.