LA FILLE DE BESANCON
Qui veut entendre une chanson
C'est d'une fille de Besançon
Qui a voulu prendre son avantage
D'y posséder son amant.
Mais ses parents en leur langage
Lui ont refusé à l'instant.
Son père qui l'a bien menacée Elle lui a dit qu'elle s'en irait. Prit les habits de son frère Qui lui convenaient fort bien Elle les fait à sa manière C'était pour enfermer les seins.
A la sortie de Besançon S'étant habillée en garçon Vit venir sa camarade.
Mit son chapeau sur ses yeux Quoique ce n'était qu'une fille Elle avait l'air glorieux.
La belle tout en entrant dans Gray
Demanda un officier :
« Officier, colonel, commandant du régiment
Vous avez, chose certaine.
De l'or et aussi de l'argent.
Voilà votre engagement fait
Allons-nous-en au cabaret.
Quand ils furent au milieu du repas
« Monsieur pourquoi ne buvez-vous pas ? »
J'ai une pénitence à faire
Que tout le monde ne sait pas.
Je n'en dois boire qu'un verre
Chacun de mes repas
Quand le repas fut fini
La belle reconduit son ami.
« Je vous reconnais pour brave homme »
De moi ayez pitié
Je suis sous l'habit de jeune homme
Qui n'entend pas le métier.
La belle se promenant dans Gray Son cher père a rencontré Que la chose est pitoyable De t'y voir en ce lieu Ah ! la pauvre misérable N'as-tu pas oublié Dieu ?
Ma fille vous êtes méchante Qui vous a dit de venir ici?
Votre frère et votre sœur Qui n'y font que d'y pleurer.
Hélas ! votre pauvre mère On ne peut la r' consoler.
Allez, papa, allez-vous-en Allez reconsoler nos gens.
Pour moi je vais à la guerre D'avec les jolis dragons Je monterai à cheval Je piquerai de l'éperon.
Le capitaine la regardant
La jolie fille que voilà
Il nous la faudra conduire
A la guerre avec nous
L'on dira voilà la fille
Qui à quinze ans servit le roi.