‹ Chansons populaires recueillies en Franche-ComtéChapitre 142 sur 171 · LE ROSSIGNOL MESSAGER DE MORT · texte numérisé non relu

LE ROSSIGNOL MESSAGER DE MORT

L'autre jour j'ai fait rencontre D'un tant gai rossignolet (bis)

Qui m'a dit dans son langage Que ma mie morte elle était, (bis)

— T'en as menti fausse langue, Je l'ai vue encor hier soir (bis).

De la moitié d'une pomme, Elle en eut autant que moi {bis)

— Si tu ne veux pas le croire, Chez son père allons y voir (bis)

Quand nous furent chez son père :

— Où est ma mie d'autrefois? (bis)

— Ami, votre mie est morte ; On l'enterra hier au soir, (bis)

— Si tu ne veux pas le croire.

Au cimetière allons voir (bis)

Quand nous far'nt au cimetière, Fosse fraîche avons trouvée, (bis)

(i) Patois des environs de Saône et Nancray.

Il a tiré son épée claire,

La tète lui a découverte, (bis)

— Est-ce bien toi ma mignonne?

Embrasse-moi encore un' fois, (bis)

— Comment vous embrasserais-je?

Vous êtes si loin de moi. (bis)

L'anneau qu'vous m'avez donné, Je l'ai encore à mon doigt, (bis)

En riant me l'avez donné, En pleurant ôtez-le-moi. (bis)

Ne l'donnez point à ces filles Qui se moqueraient de moi. (bis)

Donnez-le à ces religieuses, Elles prieront Dieu pour moi. (bis)

LA FARLARIDON.

Mariez-moi, mon père, (bis) Car voici la farlaridon, Car voici la saison.

Que l'on marie ses filles, ibis) Ses filles et ses... farlaridon, Ses filles et ses garçons.

Donnez-moi vite un homme, (bis) Car je veux un... farlaridon, Car je veux un garçon.

Qui aille à la taverne (bis) Comme les aut'... farlaridon, Comme les autres v vont.

Je m'en irai le qu'ri (bis)

A grands coups de... farlaridon,

A grands coups de bâton.

Viens-t'en, gourmand, ivrogne (bis) Viens-t'en dans ta... farlaridon, Viens-t'en dans ta maison.

Viens-t'en nourrir ta femme, (bis) Ta femme et tes... farlaridon Ta femme et tes garçons.

Et ta grosse servante, (bis) Qui amuse tes... farlaridon, Qui amuse tes poupons.

LA QUÊTE DES COURIAUX (l).

Messieurs, mesdames, vous plaît-il d'écouter Une complainte qui a été racontée?

Un' Notre- Dam' avait le cœur dolent Quand elle vit qu'on prenait son enfant :

— Traître Judas

Tu l'as mis au trépas !

A la lantern' le soir il fut mené.

Pleurez, pleurez femmes, filles et enfants ! Pleurez la mort de mon fils Jésus-Christ Qu'est mort en croix pour nous sauver la vie !

Messieurs, mesdames, puisque nous somm's ici. Donnez des œufs pour un De profundis, Que le bon Dieu vous mette en Paradis !

(1) Les Couriaux, à Besançon Couriolots (petits curés), sont les enfants de chœur. Dans les villages de la Loue, ils chantent cette chanson en quêtant des œufs, durant la Semaine sainte.

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