LA CHANSON DES MENTERIES
I vé vous dire ne chanson Chanson de menteries Si z'y é un mou de vérité I vouroue qu'on me tonde.
Dansons la dera la
Chantons l'allemande.
I évà in poumî deri chî nous Qu'otâ chergî d'oranges.
I m'en seu olâ pou lo croula (secouer) Ce n'étà que dà senelles (1).
Dansons etc.
In homme qu'i passa vé moi Dit : a Vous é dà baies prêches » (pêches) I mé alaci (lancé) son chin, son chet ; Se poule m'è veni môdre.
Le mè moudlu (mordu) ô tolon I saignou pa l'oureille.
Dansons etc.
I m'en seu olà chi nous 1 a trouva noues fanes à jou (perchées) Noues poules é lé cuisine.
Nous hommes étint é lé sou (à la soue à porcs) Nous pôs (porcs) é lé vigne Dansons etc.
Noute chin ô quart di fue (feu) Que voichâ (lavait) la lissive.
Noute chet dans lou cenri (cendre) Que s'acoffià (s'esclaffait) de rire.
Dansons etc.
Noues bouerbis dans lou grenî Que temisint lé ferine.
Nous chevaux é l'écurie Ne fesint que d'acrire.
Dansons la dera la
Chantons l'allemande.
(1) Le petit fruit rouge de laubëpine noire.
Deuxième variante.
Je vais vous dire un' chansonnette S'il y a t'un mot de vérité J'en veux perdre la vie.
Tra la la.
Je m'en fus t'a la charrue Où n'y avait brin de terre.
J'en ai fait cinq cents journaux Sans trouver une pierre.
Je pris ma charrue sur mon cou Et mes bœufs sur ma tête.
Tra la la.
En passant dans un verger J'aperçois un cerisier Qu'était chargé de pommes. Je jette mon bâton dessus Il n'y tomb' que des poires.
Tra la la.
Une vieille femme vint à passer — Vous abattez mes figues !
Elle m'agace son chien dessus, Sa poule m'y veut mordre ; Elle m'a mordu au talon, J'y saigne par l'oreille.
Tra la la.
11 faut aller au médecin, Au relieur de seilles.
En passant par devant chez nous, Venez voir mon ménage.
Vous verrez nos femmes à jou Et nos poules qui filent, Notre coq bien retroussé.
Qui coule la lessive.
Tra la la.
Le chat qui est au coin du feu Qui brûle sa chemise ; Les mouches qui sont au plancher Qui s'étouffent de rire; Les chevaux sont à l'écurie Qui ne font que d'écrire ; Les cochons qui sont au grenier Tamisent la farine.
Tra la la.
Troisième variante.
Je m'en fus labourer comme s'qui l'avou n'avait point de terre Je m'en fus labourer comme s'qui l'avou n'avait point d'terre Lon la Lavou n'avait point de teiTe.
Je pris ma charrue sur mon dos Mes quatre bœufs dans ma poche {bis) Lon la etc.
Je labourai cinq cents hectares Sans trouver une pierre (bis) Lon la etc.
Sur mon cliemiii je rencontrai Un prunier plein de poires (his) Lon la etc.
J'jette mon bâton pour en avoir I tomba des groseilles {bis) Lon la etc.
M'en tomba une dessus le pied Qui me cassa l'oreille (bis) Lon la etc.
Je m'en fus ciiez le médecin Celui qui fait la toile (bis) Lon la etc.
Afin qu'il me fasse un chausson Pour mettre à mon oreille {bis) Lon la etc.
Car au travers de mon soulier On voyait ma cervelle {bis) Lon la etc.
Si vous passez devant chez moi Vous verrez ma cuisine {bis) Lon la etc.
Mon chat qui est au coin du feu Qui écume la marmite {bisi Lon la etc.
Mon àne qui est au grenier Qui change de chemise (bis] Lon la etc.
Et mon cochon bien retroussé Qui coule la lessive ibis) Lon la etc.
Et la mouche qui est au plancher Qui se crève de rire (bi^i Lon la etc.
Elle a tant ri qu'elle est tombée Et s'est cassée la nique (bis) Lon la etc.
On la porta à l'hôpital Sur quatre belles biques {bisj Lon la etc.
On lui mit un emplatt' su l'dos Qui lui cassa la cuisse {bis) Lon la etc.
Le médecin qui la pansa Etait fondeur de cloches [bis) Lo« la etc.
S'il y a un mot d'vrai dans ma chanson Je veux que l'on me pende (bis) Lon la etc.