EH ! BONJOUR DONC MAMZELLE SUZON
Moderato.
fe:
Eh donc ! bon - d'jou mam - sel' Su
zon !
Yo
tiét'
chos' ai vos di
Vos
bin sai - voir mon nom Y n'vos pai vos lou di-
-kt
me seu en - diai
ne mai foi Dans
te
lou
bé
red'
gi - ment
du
roi Tro
lo
lo
lo
lo
lo
lo lo!
Ai m'ant boutai en garnison Daivost les camarades.
Les uns étant punis d'prison, Moi, y^fs'o lou malade.
Spoutchant lou tchirurgien m'ai dit Qu'y n'iévot qu'lou'torticolis.
Tro lo etc.
Ai m'ant boutai ai l'hôpito Daivo mai maladie.
J'éto tiet' de pout'chai l'fiengo Dairie lai compaignie ; I d'mouero tous les djou à lé I engraisso c'ment in touré.
Tro lo etc.
Quand lou tchirurdgien constata Qu'i n'iéto plus malade, Ai m'ai feyu mindjie l'rata, Daivost les camarades.
M'en so foutu ne telle muffâ Qu'crayo qu'mon ventr' en vio topâ.
Tro lo etc.
Ai m'ant boutai en faction, Dairie lai citadelle,
Tous ceux que n'saivaient pai mon nom M'aipelaint sentinelle.
Ai n'iérai pai paisai in t'chai Qui n'ieuche criai : Tiusque vai lai ! Tro lo etc.
l'ai vu paisai das d'généraux Davost das bel' coucâdjes, Que m'ant bayie das berlingos Tou pien mai djibeciare Das bel' coucaidje ai mon tchaipé Tonner' m»on bren ! c'ment qu'iéto bé ! Tro lo etc.
Quand lai dière fut déclarie.
Ai ieu feyu se baittre.
Devant in redjiment d'prussiens Croisie lai baiyonnette.
Y tiro touj' au pu épo,
Ai tchouéllin tout c'ment das crapaux.
Tro lo etc.
Y m'en seu r'venu â pays Pou vor lai Marie Djeanne, Quand io épris qu'iéto mairiai Daivo in ât d'jun' homme,
— Tous las serments qu'te m'aivo fa,
Sacrée p ! t'ias ai vioula !
Tro lo etc.
lo rencontrai lai Marie D'jeanne Daivo sai min' joufflue, In p'te poupon dessus sa bras Que r'mue tout c'ment n'sangsue,
— Coument qu'té fai pou èvouet c'qui Pendant qu'iéto bin loin d'ici?
Tro lo etc.
— Coument qu'ié fait pou aivoi c'qu'i ? Lai tchose en à bin nette.
Grayo qu'te vio d'mourai souda Djusqu'ai lai saint Sylvestre.
Ça pou souqui qu'iai pris Bâtis, Lou pu bé djûne homm' di pays.
Tro lo etc.
Variante sur le même air et les mêmes paroles.
Allegretto.
Eh donc ! bon-djou mam' - sel' Su - zon !
tièt chos' ai vos di
re Vos vou - rin bin sai-
voir mon
n vos pai
it
lou
di
=9= foi
Dans
lou
bé
red
diai-
ji-
ment
di
Tro lo
lo
lo
lo
lo
tro
lo
lai
tro
iS:
tro
lo lo
lai
Traduction.
Eh donc ! bonjour, marnsell' Suzon !
J'ai quéqu' chose à vous dire.
Vous voudriez bien savoir mon nom, Je ne veux pas vous le dire.
Je me suis engagé ma foi, Dans le beau régiment du roi.
Tro lo etc.
Ils m'ont mis en garnison Avec les camarades ; Les uns étant punis de prison.
Moi, je faisais le malade.
Pourtant le chirurgien m'a dit Que je n'avais que le torticolis.
Tro lo etc.
Ils m'ont mis à l'hôpital Avec ma maladie.
J'étais quitte de porter le flingot Derrière la compagnie.
Je demeurais tous les jours au lit ; J'engraissais comme un taureau.
Tro lo etc.
Quand le chirurgien constata Que je n'étais plus malade. Il m'a fallu manger le rata Avec les camarades.
Je m'en suis f.... une telle muffée(i) Que je croyais que mon ventre en voulait taper. Tro lo etc.
(1) Ce que Ion mangerait avec un mufUe.
Ils m'ont mis en faction Derrière la citadelle.
Tous ceux qui ne savaient pas mon nom M'appelaient sentinelle.
Il n'y aurait pas passé un chat Que je ne lui aie crié : Qui est-ce qui va là ? Tro lo etc.
J'ai vu passer des généraux, Avec des belles cocardes, Qui m'ont donné des berlingots (des balles) Tout plein ma gibecière, Des belles cocardes à mon chapeau.
Tonnerre mon Dieu ! comme j'étais beau ! Tro lo etc.
Quand la guerre fut déclarée, Il a fallu se battre ; Devant un régiment de Prussiens Croiser la bayonnette ; Je tirais toujours au plus épais ; Ils tombaient tous comme des crapeaux.
Tro lo etc.
Je m'en suis revenu au pays Pour voir la Marie-Jeanne, Quand j'ai appris qu'elle était mariée Avec un autre jeune homme.
— Tous les serments que tu m'avais faits. Sacrée p ! tu les as violés !
Tro lo etc.
J'ai rencontré la Marie-Jeanne Avec sa mine joufflue.
Un petit poupon dessus ses bras.
Qui remuait tout comme une sangsue,
— Comment que tu as fait pour avoir ceci Pendant que j'étais bien loin d'ici?
Tro lo etc.
— Comment que j'ai fait pour avoir ceci ? La chose en est bien nette.
Je croyais que tu voulais demeurer soldat Jusqu'à la saint Sylvestre C'est pour cela que j'ai pris Baptiste Le plus beau jeune homme du pays.
Tro o etc.