LES BRIGANDS PENDUS
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La premier' volerie Que j'ai faite en ma vie, C'est d'avoir tout pillé La bourse d'un Vous m'entendez, C'est d'avoir tout pillé La bourse d'un curé.
Je montai dans une autre, Mon Dieu qu'elle était haute !
Tant robes que manteaux,
J'en chargeai quatre,
Vous m'entendez, Tant robes que manteaux, J'en chargeai quatre chevaux.
J'entrai dedans sa chambre Grand Dieu qu'elle était grande Il y avait mille écus,
Vous m'entendez.
Il y avait mille écus, Je mis la main dessus.
J'ies menai-z-à la foire, A la foire en Hollande, J'Ies vendis bon marché.
Ils n'mavaient rien Vous m'entendez, J'Ies vendis bon marché, Ils n'mavaient rien coûté.
Ces messieurs de Grenoble, Avec leurs grandes robes Et leurs bonnets carrés
Ils m'eur'nt bientôt,
Vous m'entendez, Et leurs bonnets carrés.
Ils m'eur'nt bientôt jugé.
Ils me jugent à me pendre; Dieu q'c'est dur à entendre ! Me pendre et m'étrangler,
Vous m'entendez, Me pendre et m'étrangler Sur la place du marché.
Montant sur la potence.
Je regarde la France, Je vois mes compagnons
A l'ombre d'un
Vous m'entendez, Je vois mes compagnons A l'ombre d'un buisson.
Va t'en dire à mon père,
Et aussi à ma mère
Qu'ils ne m'attendent plus,
J'suis un enfant.
Vous m'entendez Qu'ils ne m'attendent plus, J'suis un enfant perdu (1).
(1) Cette espèce de complainte se chante aussi dans le Dauphiné. Il parait que le célèbre compositeur Rameau Ta mise en musique pour complaire à Madame du DetTant, vers 1733. Nous ne savons si l'air que nous donnons a quelque analogie avec celui de Rameau.