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In meute e s
or sres.
J ai Iravers6 la 1 oret blanche, La foret de tous les malheurs.
Ghaque arbre etait une avalanche De neige et de blanches douleurs.
Mais voici que la neige bouge,
Voici des flots de sang dans la neige figes C est un ruisseau de neige rouge,
Le sang de tous les serfs par la meute egorges.
Ailleurs la neige devient boue, La neige ici devient frisson.
Sous 1 apre vent qui la secoue, La foret clame sa chanson :
32 LA FORET ROUGE
Combien cle serfs, autrefois libres, Dans la gueule des chiens, traques paries chasseurs,
Ont laisse leur cceur et leurs fibres, Leurdroildevivreenpaixsanstyransoppresseurs!))
Et voila, sous le plus grand chene,
Combien cle cadavres pendus !
Leurs pieds sont rives d une chaine,
Et leurs seins gauches sont fendus.
La neige en vain les couvre blanche :
Quclque chose de rouge apparait sur leurs corps.
Les corbeaux chantent sur la branche, Les corbeaux de la loi qui vivent sur les morts.
Arriere, meute sacrilege !
Chiens, respectez les blancs tombeaux !
Vous lechez le .sang dans la neige.
Vo-us fouillez les cceurs, noirs corbeaux !
Mais voici que 1 ouragan passe, Voici les oppresseurs en victimes changes !
A travers le te-mps et 1 espace, Voici les droits des morts par 1 ouragan venges !
X <".
Au Bon Vigneron Charles Paris Un \i"ncron chante :
Moderate
Pves tie la Saoneaux bordsf ltu
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.ris, Pier, re Dii - pout ch;nitait sa
. gne, E( les bons Bour.geois de Pa
us Vont ce . le . brant la vi . gneiu.
Pressez . peu
si . gne Je son . ge en e
- a . pen
cou -
. tant Tun deux Sau.ront- ils ja -
mats,
6 ma treil . le, Que c est tvo. Ire sang
a tons deux Qin roti . git leur di .
Allegretto
. ve bouteil . le? Vi.gne dis leur ce que tu
sais, Dis aux bu . veurs de groujje en
grou . pe Que cha.cuii sen . i -vre a la
Igs
| p L- q-w p v>
cou -
Hoi . mis le vi . gne.ron (ran.
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. cais Hor.
ad lib
"^~jTu r* *1~^
mis le vi . gne. ron fr.intais
Hor. mis le vi -gne. ron francais.
Pros de la Saone aux bords fleuris, Pierre Dupont chantait sa vigne ; Et les bons bourgeois de Paris Vont celebrant la vigne insigne.
Je songe, en ecoulant 1 un deux :
Sauront-ils jamais, 6 ma treille, Que c est notre sang a tous deux Oui rou git leur dive bouteille ?
Vigne, dis-leur ce que tu sais !
Dis aux buveurs, de groupe en groupe, Que chacun s enivre a ta coupe Ilormis le vigneron francais !
La vigne n avait d ennemis Jadis que le gel et la grele.
Aujourd hui 1 ennemi s est mis Sous la feuille et 1 ecorce frele.
Les microbes sont legion, Les invisibles sont les pires ;
Et c cs-t toute nne region
Que saccagcnt tons ces vampires.
Vigne, dis-leur ce que tu sais!
Dis aux buveurs, de groupe en groupr, Que chacun s enivre a ta coupe Ilormis le vigiieron francais !
La feuille est rouge sans raisin.
La vigne a 1 air d uno lepreuse, Plus rouge que du sarrasin, Tant que la grive en cst peureuse.
Et voici tons les noirs corheaux Du fisc et tons les rats de cave, Oui se disputcnt Ins lambeaux De ma vigne, sanglantc epave.
Vigne, dis-leur ce que tu sais !
Dis aux buveurs de groupe en groupe Que chacun s enivre a ta coupe Ilormis le vigneron frangais !
La rage cut son Pasteur. Le vin Trouvera-t-il qui le protege?
Savnnts, chercberez-vous en vain Rcmede au sinistre cortege?
Par le poison, par un ciron Songez que notre pays creve !
Songez au pauvre vigneron Qui ne boit de bon vin qu en reve !
Vigne, dis-leur ce que tu sais !
Dis aux buveurs de groupe en groupe Que chacun s enivre a ta coupe llormis le vigneron frangais !
V lAflaPt! Mfijs
in
~ff-jjn~-l/y.
A Alexandre Millerand.
Un ouvricr ehantc
Allegretto
Le cuir ron.ge dever.
. mi . ne, Les seins ta . ris de fa -
. nil
ne, Les yeux creux comme u . ne . fiif.
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mi . ne.
C est la ci te, la ci ^
a tempo
. te, La ci . te rouge et mal .
. sai . ne Qui re.coit le peu .ple,ob-
ig
. see . ne Comnie un e . gout dans la
Hi/.
inn
Sei . ne C est la ci . le, la ci . lt ; !
Le cuir rong6 de vermine,
Les seins taris de famine,
Les yeux creux comme une mine,
C est la Cite, la Cite !
La Cite rouge et malsaine,
Qui regoit le peuple, obscene,
Comme un egout dans la Seine.
C est la Cite, la Cite !
La Cite n a qu une chambre, Fournaise jusqu a septembre Et glaciere des novembre.
L air pur manque a la Cite.
Pour avoir chaud, Ton s y saoule, Pour avoir frais, Ton s y roule Sur le pav6 qui s ecroule.
L air pur manque a la Cite.
Au matin, 1 homme travaille A gagner, vaille que vaille, De quoi dormir sur la paille :
C est lelitde la Cite.
Un seul lit pour la famille, Pere, mere, fils et fille, L inceste croit et fourmille :
C est le lit de la Cite.
A dix ans, le gamin trime ;
A quinze ans, c est pour la frime;
A vingt ans, c est pour le crime.
Le sang coule en la Cit6.
La Cite c est la matrice,
A peine generatrice
Qu elle est deja corruptrice.
Le sang coule en la Cite.
Veuve alors, bete de somme, La Cite prend un autre homme, Puis un autre qu elle assomme.
Un de moins pour la Cit6 !
Mais la Cite se console ; Monseigneur le Monopolc Entretient la necro pole Du peuple : c est la Cite !
A Edmond Lepelletier.
Un Mcunier dc Montmartre chantc ot le Moulin repond 4 Allegro
Sur la hau . teur, tout pres des
.. cieux, Quand la unit des.cend sur la
ter . re, On voit s al . lu-- mer les grands
yeux
Du hru.yant mou - lin de
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rou ge, Pour qui mouils - In mou lin
rou . ge, Pour la mort on pour 1 a .
.mour, Pour qiii mouds-tu jus.qu au jour?J__
Sur la hauteur, tout pres des cieux, Quand la nuit descend sur la terre, On voit s allumer les grands yeux Du bruyant moulin de Cythere...
Dis-nous pour qui tu mouds ton grain.
Moulin, pour qui tournent tes ailes?
Mouds-tu lajoie ou le chagrin?
Mouds-tu pour eux? mous-tu pour elles ?
Moulin Rouge, Moulin Rouge,
Pour qui mouds-tu, Moulin Rouge ?
Pour la Mort ou pour 1 Amour, Pour qui mouds-tu jusqu au jour ?
Je mouds pour que les nains, les fous, Les desherit6s, les malades Aient, moyennant quarante sous, Leur part d amour et de ballades.
Je mouds pour que les malheureux, Les orphelins, les sans-caresses, Aient des hivers moins rigoureux Pres de leurs sceurs, les pecheresses.
Je mouds pour que les meurt-de-faim, Oubliant que leurventre gronde, S enivrent de rhythmes sans fin Et de visions de chair blonde.
Je mouds pour que les assassins, Eblouis, laissent passer 1 heure Ou les ventrus et les malsains Kegagnent, tremblants, leur demeurei
Pour les ouvriers des cit6s,
Je mouds la danse qui console
Et qui fait croire aux Iibert6s,
Pourvu qu ils aient la Carmagnole.
Us r6vent que I Egalite
C est un vis-a-vis aux quadrilles,
Avec un baron bien rente,
Qui jette un peu d or a leurs filles.
Sur la montagne des Martyrs, Je mouds le Reve et I Harmonie, Je mouds 1 or et les repentirs, Le rachat par 1 ignominie.
Je mouds un avenir meilleur, Je mouds pour eux; je mouds pour elles, Ayez pitie de nous, Seigneur, Par la croix rouge de mes ailes !
Moulin Rouge, Moulin Rouge,
Pour qui mouds-tu, Moulin Rouge ?
Pour la Mort ou pour 1 Amour, Pour qui mouds-tu jusqu au jour?
NOEL ROUGE
NOEL ROUGE
A Jean Richepin.
Un voyou vend des noels a la porte du Temple el chante
Moderate
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