‹ Chansons rouges. Musique de Marcel Legay. Illus. de SteinlenChapitre 16 sur 18 · TU T EN IRAS LES PIEDS DEVANT · texte numérisé non relu

TU T EN IRAS LES PIEDS DEVANT

Tu t'en iras les pieds devant, Ainsi que tous ceux de ta race.

Grand homme qu'un souffle terrasse, Comme le pauvre fou qui passe, Et, sous la lune, va rêvant De beauté, de gloire éternelles, Du ciel cherché dans les prunelles. Au rythme pur des villanelles.

Tu t'en iras les pieds devant !

Tu t'en iras les pieds devant.

Roi, guerrier, juge, aristocrate.

Et toi qui voulais, démocrate, Bâtir la maison de Socrate, Pleine d'amis dorénavant!

Tu posais la dernière (jierre :

Un traître survient par derrière ! — Jésus fut trahit par saint Pierre — Tu l'en iras les pieds devant 1

Tu t'en iras les pieds devant, Duchesse aux titres authentiques, Catin qui cherches les pratiques.

Orpheline aux navrants cantiques,

208 TU t'en iras les pieds devant

Vous aurez même abri du vent, Sous la neige, en la terre grise, Même blason, même chemise :

Console-toi, fille soumise :

Tu t'en iras le pieds devant !

Tu t'en iras les pieds devant, 0 toi qui mens quand tu te signes, Maîtresse qui liras ces lignes, En buvant le vin de mes vignes A la santé d'un autre amant !

Brune ou blonde, être dont la grâce Sourit comme un masque grimace.

Voici la Camarde qui passe :

Tu t'en iras les pieds devant !

Tu t'en iras les pieds devant, Grave docteur qui me dissèques.

Prêtre qui chantes mes obsèques, Bourgeois, prince des hypothèques, Riche ou pauvre, ignorant, savant, Camarade, au grand Phalanstère, Nous aurons tous six pieds de terre :

Vers la Justice égalitaire Tu t'en iras les pieds devant!

A Maurice Bouchor.

La Madeleine chante

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Alleo;retto Marche religieuse 8"

Sur la col line où dorl le

Sa.cré- Cœur . Le Christ errant vint pleurer

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sa dou . leur. Il gémis -sait, en vo)'ant

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No . Irp - Da.me Dresser au ciel sesTours a.

. vec son â . me-. « Pa . ris, Pa . ris, vil.

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-le d'i.ni.qui . te! Toi que j'ai . mais, Pa

, ris, lunias quil-té. Tu vas pé.rirdanslesang

et la flamme. » Pi . (ié, Sei . gneur,

Lar^o

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dit u.nevoix dft femme. Sei . gneur,

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reconnais-tu pas Cel .Je qiii fut la Ma. de .

KM.f m.

. ^lei.ne. De. puis deux mille ans que je pei. ne,

Mon cœur est last Mon cœur est las!

Sur la colline, où dort le Sacré-Cœur, Le Christ errant vint pleurer sa douleur.

Il gémissait en voyant Notre-Dame Dresser au ciel ses tours avec son âme.

(( Paris, Paris, ville d'iniquité !

Toi que j'aimais, Paris, tu m'as quitté.

Tu vas périr dans le sang et la flamme. - Pitié, Seigneur, dit une voix de femme.

Seigneur, ne reconnais-tu pas Celle qui fut la Madeleine?

Depuis deux mille ans que je peine, Mon cœur est las. —

Toi, Madeleine, est-il possible, hélas!

Pauvre et si vieille en un corps triste et las !

Toi, ces cheveux? Toi, ces yeux? Toi, ces lèvres? Toi, ces péchés sanglotant sous les fièvres ? —

Ainsi m'ont faite, ô Seigneur, tes chrétiens. Yoici mes pieds plus meurtris que les tiens;

Voici mon cœur où s'appuyait ta tête ; Voici mon corps flétri par ta conquête.

Seigneur, ne reconnais-tu pas Celle qui fut la Madeleine?

Depuis deux mille ans que je peine, Mon cœur est las.

Que n'allais-tu dans mes cloîtres fermés? — On n'y reçoit que des corps bien famés! —

Que n'allais-tu prier dans mes églises? — Par les grandeurs toutes places sont prises !

Que faisais-tu dans les bras des bourgeois? — Mes bras faisaient le geste de ta croix. —

Il fallait faire acte de repentance. — Aux pauvres gens tout acte est pénitence !

Seigneur, ne reconnais-tu pas Celle qui fut la Madeleine?

Depuis deux mille ans que je peine.

Mon cœur est las.

Mais tes enfants que sont-ils devenus? — Dans la Douleur partis sitôt venus. —

Ne pouvais-lu les tenir en litée? — •

Ta mère, à toi, pourquoi l'as-tu quittée! —

C'est que j'allais vers mon Père et ma Fin. - C'est qu'ils n'avaient eux ni père, ni pain. »

Le Christ se tut. Sous le haillon de laine, Jésus baisa les pieds de Madeleine.

(( Seigneur, ne reconnais-tu pas Celle qui fut la Madeleine?

Depuis deux mille ans que je peine, Mon cœur est las. »

A Jules Bois, Léopold Lacour et Charles Beauquier.

Une femme chante :

^ , Allegretto vivace

f ^ ■ ll-''i' J'. JMJU' J'

Monsieur Chaumette au Club pla.

±=jà

.rail Ce pro.pos de ca.Ji breidEst-il hê.

0 M^i'ii-J-rg 1-^'^^^'

. le, ce Condor . cel.Quiveut la femme li . bre!

^ f ff li.^l. m-i^t^

Mo . liére a. vail cent fois rai. son, La t'a.ri.dûu

ffii J- J , l ji J' ^

dai - ne, La fa, ri .don.d.on. QuVl-le Iri .1

gr^Tl'I. JU-tn |J J'.J^

. co . le! Çà suf.fit. Bi.ri.bi' A la ta.

- çoii de Bar . ba . ne, Mon a . mi

Monsieur Chaumette au club lançait

Ce propos de calibre :

(( Est-il bête ce Condorcet

Qui veut la femme libre !

Molière avait cent fois raison, La faridondaine, la faridondon, Qu'elle tricote! Ça suffit

Biribi, A la façon de Barbari, Mon ami. »

Bonaparte qui vint après,

Leur fit ce monologue :

« Toute femme instruite, à peu près,

N'est qu'une idéologue.

Il faut la mettre à Gharenton, La faridondaine, la faridondon, Qu'elle fabrique des conscrits !

Biribi, A la façon de Barbari, Mon ami. »

En quarante-huit, on reparla, —

Il faut bien que l'on cause; — (( Puisque nous y sommes, procla-

Proelamons quelque chose :

Les droits de la femme! Allons donc!

La faridondaine, la faridondon.

Les droits de l'homme, ça suffit !

Birihi, A la façon de Barbari, Mon ami. »

En dix-neuf cent, nos bons bourgeois

Remontent sur la table :

(( Mesdames, vous avez des droits,

Ça, c'est incontestable.

Mais quant à l'applicalion, La faridondaine, la faridondon, N'en parlons pas pour aujourd'hui !

Biribi, A la façon de Barbari, Mon ami

(( Vous travaillez, c'est entendu.

Vous méritez salaire.

Travailler n'est pas défendu

A la femme. Au contraire!

Mais le salaire, qu'en fait-on?

La faridondaine, la faridondon.

Ce sera pour votre mari

Biribi, A la façon de Barbari, Mon ami.

(( Vous voulez le droit conjugal

Réciproque en ménage.

Vous réclamez le droit légal

De porter témoignage.

La Chambre l'accorde. C'est bon, La faridondaine, la faridondon, Mais le Sénat répond : Nenni !

Biribi, A la façon de Barbari, Mon ami.

(( Vous réclamez contre un brevet

Une place ou tout comme.

Parbleu ! si ma tante en avait,

Elle serait un homme.

L'homme est roi. Pour lui tout est bon, La faridondaine, la faridondon, Excepté les enfants qu'il fit

Biribi, A la façon de Barbari, Mon ami. »

« Enfin, mesdames, voulez-vous

Trancher tous ces problèmes ?

Ne comptez jamais (entre nous),

Jamais que sur vo.us-mêmes !

Portez culotte sans façon, La faridondaine, la faridondon.

Portez le bonnet rouge aussi !

Biribi, A la façon de Barbari, Mon ami. »

A Léon Daudet.

Un proscrit chante :

Allegretto

Coq iou-ge,ausonimcl du clo.

. cher, Que\ois-tu dans l'immen . se

Oue\ois-tu dans l'immen . se Moderato (i>oix /on/faine)

Fin TM p^

plai . ne? Je voistousles moutons sans lai.ne Con.

i^tf J^ J. j^ J' J' J||" p ,^

duits par leur pâtre au bou - cher. Coq

r Pdur {'inif

rou.ge! Coq rou.ge! Coq rou.ge!

Coq rouge, au sommet du clocher, Que vois-tu dans l'immense plaine ?

Je vois tous les moutons sans laine Conduits par leur pâtre au boucher.

Coq rouge, au sommet du clocher, Que vois-tu dans l'immense ville? — Je vois un vil troupeau servile Dont chacun veut être porcher. —

Coq rouge, au sommet du clocher, Que vois-tu sur la grande place? — Je vois la vierge qu'on enlace D'une corde, avant le bûcher. —

Coq rouge, au]sommet du clocher.

Que vois-tu dans la grande usine? — Je vois des femmes en gésine Qui n'ont pas de quoi se coucher. —

Coq rouge, au sommet du clocher, Que vois-tu là bas, sur la grève? — Je vois le bon peuple qui crève Sous la machine sans broncher. —

Coq rouge, au sommet du clocher, Que vois-tu là bas, dans une île? — Je vois des hommes qu'on exile Et qui meurent sur leur rocher. —

Coq rouge, au sommet du clocher, Que vois-tu vers la moisson blonde ? - Je vois une moitié du monde Que l'autre empêche d'approcher. —

Coq rouge, au sommet du clocher.

Que vois-tu dans le cimetière ? — Je vois les morts lever leur pierre.

Les martyrs vont se revancher. —

Coq rouge !

Coq rouge !

Coq rouge !

A Léon Bourgeois.

Un Français chante

Moderato AI arche

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(iRei-iie du Monde,ô France,ômapa-

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tri - e!» Ain .si chantait le bon vieux Be'ran.

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ger. Ma. po . lé .on, pour lui, devait for. ger

j^''r 'T^if fJ'U J- JMJ j' ■>

La paix du Monde a coups d'aitil . le . ri . e -

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Quand ver . rons-nous se.couanl tous les faix,

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Quandver. rons-nous les jeu.nes ré.pu.bli.ques

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Fon.flre l'ai . rain des canons sans ré.pliques

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. Pour en for. ger les cloches de la paix —

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Pour en for. ger les cloches de la paix

« Reine du monde, ô France, ô ma patrie! » Ainsi chantait le bon vieux Déranger.

Napoléon, pour lui, devait forger La paix du monde à coups d'artillerie.

Quand verrons-nous, secouant tous les faix, Quand verrons-nous les jeunes républiques Fondre l'airain des canons sans répliques, Pour en forger les cloches de la paix?

Reine du monde, ù Justice, ô patrie, Toi qui reçus de Rome et de l'Hellas, Le flambeau rouge avec le glaive las, Et la balance et la loi de phratrie,

Quand verrons-nous tous les glaives brisés ? Quand verrons-nous, dans la même lumière, Les droits du riche et ceux de la chaumière Sur ton plateau, Justice, égalisés ?

Reine du monde, ô Science, ô patrie,

Toi qui reçois le bon grain des cerveaux,

Où, sous quels cieux, dans quels sillons nouveaux,

Cueillerons-nous la moisson d"or fleurie ?

Quand verrons-nous le pain de vérité

Servir de pâque aux familles entières?

Quand verrons-nous les esprits sans frontières

Communier au pain d'humanité?

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Reine du monde, ô Muse, ô ma patrie,

Toi qui reçois le rêve de nos cœurs,

Où, par quel art, sous quels rhythmes vainqueurs

Nous rendras-tu la beauté non flétrie?

Quand verrons-nous chaque artiste loyal

Sincèrement nous peindre la nature,

Sans l'anémie et sans la pourriture,

La vie. enfin, qui contient l'idéal?

Reine du monde, ô France, ô ma patrie, A ton sein pur, gonflé du lait d'amour. J'ai bu le droit de penser en plein jour ; C'est de ton sang que mon âme est nourrie. Pour voir fleurir ton mot d'ordre : « Aimez-vous! » Faut-il mon sang contre la tyrannie?

Voici mon sang, prends-le, mère bénie, Pour voir le monde, ô France, à tes genoux?

JP l/j

A Madame Séverine

Un vagabonil chante : i

Andantino .Ailepetto

âA- ^

'l°Y I II J' ^' J' J

A la bel-le é . toile!

If"'- 1- i' J- J' Il J' ■' I J' J' J'

As. Ire des pcv . e . tes, As-tre des sa.

où l'on dit des vers,-

if^ J- ^ >

^- — *- As . Ire de clin . quant sur a . zur pour

fè . tes, Or.gueil des prin . temps,

Mo. ël des hi . vers! As . fre,on te voit

li&£

d'or,

moi, je te vois rou . ge,

A Ira. vers le^ pleiii's de mes v^iix roii.

E - toi . IC) lu meus

Ton ciel n est qu'un bon . ?e.

Ton or ne vaut Andantino

4' ji 4^ j; I r ^* ' ^ •' i

nen

jioui- It's sans

lo - gis

loi le, e , toi - le dis a

Dieu, s'il est un Dieu pour U

leSiQue c'est un cr

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lieu, De

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dormir a la belle é loi . le!.

244 l'étoile rouge

A la belle étoile ! Astre des poètes, Astre des salons où l'on dit des vers, Astre de clinquant sur azur pour fêtes, Orgueil des printemps, Noël des hivers ! Astre, on te voit d'or. Moi, je te vois rouge A travers les pleurs de mes yeux rougis. Étoile, tu mens. Ton ciel n'est qu'un bouge; Ton or ne vaut rien pour les sans-logis.

Etoile, étoile, dis à Dieu, S'il est un Dieu pour les étoiles, Oue c'est un crime en ce bas lieu De dormir à la belle étoile.

Une étoile d'or aux rais de lumière, C'est très beau, je sais, sur quelque blason. Mais pour qui la voit, couché sur la pierre, L'étoile n'est plus qu'un feu sans raison,

l'étoile rouge 245

Un feu si lointain qu'il nous fuit sans cesse Et nous rend le froid plus cruel encor, Rayon meurtrier dont la lueur blesse Comme un coup porté par un poignard d'or.

Étoile, étoile, dis à Dieu.

S'il est un Dieu pour les étoiles, Que c'est un crime en ce bas lieu De dormir à la belle étoile.

Étoile, on nous dit que tu sers d'enseigne A l'hôtel du Ciel où l'on fait bon feu. C'est faux. Quand je dors, j'ai froid. Mon cœur Car ton hôtelier ne fut jamais Dieu ; [saigne. Car voici la loi qui passe et m'arrête, Et l'on me condamne ainsi qu'un vaurien. Pour avoir dormi sans toit sur ma tête. Et voilà mon crime. Et tu ne dis rien !

Étoile, étoile, dis à Dieu, S'il est un Dieu pour les étoiles, Que c'est un crime en ce bas lieu De dormir à la belle étole.

246 l'étoile rouge

Étoile, dis-leur ton réel symbole :

Comme ton éclat n'est qu'un or d'emprunt, Leur justice n'est qu'une lueur folle.

Feu-follet du droit qui semble défunt.

On le croit défunt. Mais vienne l'aurore ! L'étoile s'éclipse au rayon vermeil.

Le follet s'éteint. L'horizon se dore.

Car voici briller l'Eternel soleil.

Etoile, étoile, dis à Dieu.

S'il est un Dieu pour les étoiles, Que c'est un crime en ce bas lieu De dormir à la belle étoile.

A la Fraternité Humaine.

Un compagnon chante, à l'aurore des Temps Nouveaux

Moderato

. nii li hu . ma .m . le poursuit sa

ij. J J , I J 1' J' I J' J-. ï ï'

rou . te De . maiii les peuples vont s'u

Ùf f

mr; La voixgron . ilt':ilfaut qu'on Te

. cou . le! Pri . soiinier, sors de ta pri .

son!

Ba . che.lier, biû -le les di

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. plô - mes! La ffran.de voix de l.i lai .

n volonté ^^~--^

son Fait Irenibler le sol des ro .

Mouvt de Marche

j^ r ^f " ii''^^ i' ^'' I -'

yau . nies.

Conipa . gnons,

le vieux mon . de bon . ge' Marchons

droit la main dans la main! Com.pa.

gnons legrandso- leil rou . ge, Bnl.le

- ra Bril . le . ra de - mainL

Vers la Cité de l'avenir

L'humanité poursuit sa route.

Demain, les peuples vont s'unir;

La Aoix gronde : il faut qu'on l'écoute.

Prisonnier, sors de ta prison!

Bachelier, brûle tes diplômes!

La grande voix de la raison

Fait trembler le sol des royaumes.

Compagnon, le vieux monde bouge :

Marchons droit la main dans la main!

Compagnon, le grand soleil rouge Brillera, brillera demain.

Paysan qui semais le blé Sans le pouvoir manger ni vendre.

Tu courbais l'échiné, accablé Sous l'impôt qu'il te fallait rendre.

Au bout du sillon, le repos!

Sois libre et fort comme un grand chêne !

Le sol ne paîra plus d'impôts

Quand viendra la moisson prochaine.

Compagnon, le vieux monde bouge :

Marchons droit la main dans la main !

Compagnon, le grand soleil rouge Brillera, brillera demain.

Petit bourgeois, petit rentier.

Tu fiais à la haute banque

Le fruit de ton labeur entier;

La banque a sauté. L'or te manque.

Allons, pas de fausse pudeur !

Lutte à nouveau pour l'existence !

Viens dans nos rangs! Viens, trimardeur!

Le travail seul vaut l'assistance.

Compagnon, le vieux monde bouge :

Marchons droit la main. dans la main!

Compagnon, le grand soleil rouge Brillera, brillera demain.

■loi LE SOLEIL ROUGE

Soldat qui tombais, à vingt ans, Sur les champs de mort et de peste Pour enrichir quelques tyrans, Jette-leur deux sous, s'il t'en reste ! Près du filon d'or mitoyen Laisse les débattre leur crime !

Ne combats, soldat-citoyen.

Que pour le bon droit qu'on opprime!

Compagnon, le vieux monde bouge :

Marchons droit la main dans la main!

Compagnon, le grand soleil rouge Brillera, brillera demain.

Ouvrier du grand bâtiment, Prépare tes outils! C'est l'heure!

Ton devoir, c'est le dévoùment :

Construis au peuple sa demeure!

LE SOLKIL RUL'GE 235

Quand le soleil l'aura fondu, L'or ne sera qu'un peu de lave.

Mineur, ton ciel bleu t'est rendu :

Le travail a fait roi l'esclave.

Compagnon, le vieux monde bouge :

Marchons droit, la main dans la main ! Compagnon, le grand soleil rouge Brillera, brillera demain.

Prostituée au lit sans draps,

Il te manquait pour être sage

La dot exigible aux contrats,

De quoi payer ton mariage.

Marche au grand jour! Lève les yeux.

Tes yeux purs, vers celui qui t'aime

Et demain, tes enfants joyeux

Te vengeront de l'anathème.

Compagnon, le vieux monde bouge Marchons droit, la main dans la main Compagnon, le grand soleil rouge Brillera, brillera demain.

2o6 LE SOLEIL ROUGE

VU

Christ au grand cœur, mort de pitié, Ton exemple anime tes frères.

Le rachat n'est fait qu'à moitié, Les martyrs sont les prolétaires.

Vers la Cité de l'Idéal, Tls vont, gravissant le calvaire, Afin que nul ne soit vassal Dans l'avenir fraternitaire.

Compagnon, le vieux monde bouge :

Marchons droit, la main dans la main ! Compagnon, le grand soleil rouge Brillera, brillera demain.

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