II
Ouvrez vos grands yeux étonnés, Couleur de paradis encore, Du paradis d'où vous venez, O ma petite fleur d'aurore 1 Les chérubins sont prosternés Pour voir votre regard éclore :
Ouvrez vos grands yeux étonnés Couleur de paradis encore !
En me souriant, montrez-moi Ces quatre méchantes quenottes Qui firent tant souffrir mon Roi Qu'il en eut les lèvres pâlottes ; Serrez bien fort mon petit doigt Entre vos petites menottes !
En me souriant montrez-moi \'os quatre petites quenottes !
C'est de ma vie, ô mon Jésus!
Que ta frêle existence est ûxite...
Mais, un jour, raoi qui te conçus, Tu m'oublieras dans quelque fête ;
Prends mon cœur et montant dessus, Du pur bonheur atteins le faîte, Et que toujours, ô mon Jésus I Ta seule volonté soit faite !
Ma douce Annette
POESIE DE
7/7. Botrel.
Ma douce Annette
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Ma douce Aa neUe a dix-sept ans De.
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Ma douce Annette
Ma douce Annette a dix-sept ans Depuis les dernières semailles, C'est par une nuit de printemps Que nous fîmes nos accordailles :
Enlacés au pied de la croix, Nous écoutions souffler la brise Qui chantait de sa grande voix Tout ainsi que l'orgue à l'église !
Le lin fleuri n'est pas si bleu Que les yeux de ma douce Annette.
En marchant, elle tangue un peu Comme une fine goélette,
Sa joue est couleur des Blés nas(iy Et des fleurs d'avril sur les branches De plus jolie il n'en est pas Dans le pays des coiffes blanches !
Le jour du départ du grand brick.
Annette m"a dit sur la grève :
« Mon souvenir, petit Yanik,, Chaque nuit hantera ton rêve... » Et depuis trois ans, chaque soir, De garde au bout de la grand'hune, Je suis bien certain de la voir Glisser sur un ravon de lune.
(l) Patois breton : blés mûris qui sont noirs.
Si je ne dois point revenir,
O mon Dieu 1 de cette campagne,
Vite, effacez mon souvenir
Du cœur qui m'espère en Bretagne,
Qu'il me soit à jamais fermé,
Q ue sans nul parjure il m'oublie ;
J'aime mieux n'être plus aimé
Que de faire pleurer ma mie !
Les Bleuets
POESIE DE
Loiùs Bernard.
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Les Bleuets
Allegretto
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Ml . çii'^n - lie, le> bleu t-t> sont
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yeux, Comme tes jojis yeux qui biil lent! Ouaiul
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ils fleurissent au PiinJemps.On dirait que ce sont du
.tant Dé toi- les qui stin - til lent.
Les Bleuets
Mignonne, les bleuets sont bleus, Ils sont bleus comme tes grands yeux, Comme tes jolis yeux qui brillent !
Quand ils fleurissent au printemps, On dirait que ce sont autant D'étoiles qui scintillent.
C'est l'étoile des amoureux, Le bleuet tout couleur des cieux, C'est l'irrésistible caresse ; Il est fait de la volupté.
Que répandent les nuits d'été Sur la folle jeunesse.
Aussi j'aime l'exquis parfum Des bleuets aujourd'hui défunts Où je t'idolâtrais, naguère ; Que de fois mon cœur s'y grisait Lorsque notre amour y faisait Son divin sanctuaire.
Allez, allez, pâles reflets Des jolis yeux que je baisais.
Passez ! souvenirs qui désolent ; Je crois encore à mes vingt ans, Qu'importent donc mes cheveux blancs, Les bleuets me consolent !
Le Baiser qui fuit
POESIE DE
Maurice Boiikay.
Le Baiser qui fuit
All**"ma non troppo.
Don" . ne - moi Me droit do
ser Ln bai ser, Le bai . sei qui me fait
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i' p- J^ j'' iy- jo^'J' IP ^^'JT j'
VI vie. Mai> pourquoi me ie fu ser D'épuiser La
coupe où-l araour s"en i . vre?Ain si parlai-je à mon
> i' ï' ^'' :. ; ij. J' -^ F
tuur. Et ra mour Mit ta
le vre sur ma
^J i'ir J-->>^'^'i>^ p J'J ^
le . vre. ..Ta le vre fuit tout a toup:Lomdu loup.Telle pooo rail
Lr. i' \ ;m .r;j.. I j w s
tn t-- moi fuit la
:hè
Le Baiser qui fuit
Donne-moi le droit d'oser
Un baiser, Le baiser qui me fait vivre.
Mais pourquoi me refuser
D'épuiser La coupe où l'amour s'enivre ?
Ainsi parlai-je à mon tour,
Et l'amour Mit ta lèvre sur ma lèvre...
Ta lèvre fuit tout à coup :
Loin du loup, Telle en émoi fuit la chèvre.
Tel fuit le pâtre aux abois,
Dans les bois, Devant la vipère louche.
Il va plus vite qu'un daim :
Tel, soudain, Ton baiser fuyait ma bouche.
Non, non, ce n'est point oser
Un baiser Que de fuir, sans rien entendre.
C'est donner à ton amant
Seulement Le regret d'un baiser tendre.
ilf,
ou cœur a rcve
PUtSlE DE
Ernest Chebroux.
iS.
Mon cœur a rêvé
-AHÎ^^grazioso.
Au pa )s.
DU l'on, chan . le Dans
la. .sai S)On tou than te Ou tuul e^l
vo lup té"
-> j' lj> h J J^
Com rae l'humble, fau.
p p F F ir
vet te Qui dit son a li , et le.
Mon toeui a chan It
Mon cœur a rêvé
Au pays où l'on chante, Dans la saison touchante Où tout est volupté, Comme l'humble fauvette Qui dit son ariette^ Mon cœur a chanté.
Au pays où l'on rêve, Sur le beau lac sans grève Où Ton va captivé, Grisé par les mensonges Dont nous bercent les songes, Mon cœur a rêvé.
Au pays où l'on pleure, Quand, pour chacun, vient l'heure D'être désespéré, Sur les tombes fermées, Pleines d'âmes aimées, Mon cœur a pleuré !
Au pays où l'on aime J'ai chanté le poème De la félicité;
Plus heureux que Joconde, Car aux pieds d'une blonde, Mon cœur est resté !
Chanson à boire
POESIE DE
Henri Bernard.
« Au diable l'humeur noire !
A boire ! A boire ! A boire ! »
Henri Bernard.
Chanson à boire
Alla ma non troppo.
Le , diable un jour dit au bon Dieu: Au
pa la.di.s tu n'as pej' son ne, Tan
di.squà ma portt* moibieu! A chaque instant nouveau moit
son ne, ùiv les hpm nies ta te (hifTon neî Pré
4'^' Jj'ii^'r r np-^'^jUf p^^
fe reiit ledial^le au bon Dieu! Au diable 1 hu meu.r
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"f^ujïf if^
noi te. A boire! à boire! à boi re!
Le diable un jour dit au bon Dieu :
a Au paradis tu n'as personne, Tandis qu'à ma porte, morbleu 1 A chaque instant nouveau mort sonne.
Car les hommes, ça te chiffonne !
Préfèrent le diable au bon Dieu 1 Au diable l'humeur noire, A boire ! à boire ! à boire ! »
(( L'enfer ne peut les contenu- !
Je ne sais où loger mon monde, S'il continue à m'en venir De dessus la machine ronde ; Car, de damnés l'enfer abonde Et ne peut plus les contenir.
Au diable l'humeur noire 1 A boire ! à boire 1 à boire ! »
« Si tu veux nous partagerons I Tu vois que je suis un bon diable 1 Tous deux aux dés nous les jouerons Ou bien choisis à l'amiable ;
On ne peut être plus aimable...
Si tu veux nous partagerons !
Au diable l'humeur noire !
A boire ! à boire ! à boire ! »
Dieu répondit : « C'est vrai, ma foi!
Je n'ai pas grand monde à mes fêtes, Passe-m'en quelques-uns à toi, Les meilleurs et les plus honnêtes, Les amoureux et les poètes.
Je leur ouvre le Ciel, ma foi !
Au diabJe Thumeur noire !
A boire ! à boire ! à boire ! »
Pensée d'hiver
POESIE DE
Léon Durocher.
Pensée d'hiver
Aiid^" mae^loso
^^":j ^;i^- JmJ- i'ij' I j, >i
L'hi ver. ihi-ver! rao narque au blanc cor.
Il' I j hj, > JilJ. Jlf J'.J J
le ge, K^lend les plis de son manteau de
nei ge Sur les ga zous que pour 'on gai ci»!'
sel Le clair prin ternps na . guciH fleu ris.
4^'' J ^ ir F 1' If JmJ' B r
sait... Kn tiemes bias lan guij;samment ber .
^" n ir F Mr- g ip > i')'
ce - e, Tourne vers moi tes b«auxyeux enti''ou Oi^ 3 Tempo
1'" r F 1 ij ; i'iJ. J' hp p ^
verts Tau dis qu'au vent fié rait Iheibe gla -
^'' r r 1^ rrMf ypir ^'^'1^ -
. ce e. Dans tes regards souri- ront les près verts.
Pensée d'hiver
L'hiver, l'hiver ! monarque au grand cortège, Étend les plis de son manteau de neige Sur les gazons que pour ton gai corset Le clair printemps naguère fleurissait... Entre mes bras languissamment bercée, Tourne vers moi tes beaux j-eux entr'ouverts. Tandis qu'au vent frémit Therbe glacée, Dans tes regards souriront les prés verts.
Le vent siffleur a dépouillé les brandies Qui gazouillaient sur nos lits de pervenches, A dispersé les feuillages bénis Où les ramiers suspendaient leurs doux nids. Entre mes bras languissamment bercée, Ouvre tes yeux pleins de tendres émois : Tandis qu'au vent meurt la branche glacée. Dans tes regards souriront les orands bois.
IIÎ
L'hiver jaloux enchaîne les rivières Où se miraient nos voiles printaniéres, Lorsque penches sur la nappe des eaux Nous écoutions frissonner les roseaux...
Entre mes bras languissamment bercée, Ouvre, mignonne, ouvre tes jolis yeux : Tandis qu'au vent craque l'onde glacée, Dans tes regards souriront les flots bleus.
Quand
nous serons vieux
POESIE DE
Théodore Botrel.
Je nouïi voi!<,raoi de-jà vieux tt toi de ja presque
vieil
le;
Ils . se ronl loin nos beaux
Mai> je te di lai tou jouis
Des mots très doux à l'o . teil
Quand nous serons vieux
En fermant un peu les yeux, Je nous vois, moi déjà vieux Et toi déjà presque vieille ; Ils seront loin nos beaux jours.
Mais je te dirai toujours Des mots très doux à l'oreille '.
Ah ! certes l'on changera Quand la vieillesse viendra Avec son triste cortège :
Le temps ridera ton front Et tes cheveux noirs seront Comme saupoudrés de neige.
Ta taille s'alourdira...
Mais mon vieux cœur t"aimera Plus que je ne puis le dire, Car j'aime les cheveux blancs, Et puis... ta bouche sans dents Aura le même sourire 1
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Puis, si Dieu daigne bénir Les époux qu'il vient d'unir, Il nous enverra ses anges Et nous verrons, triomphants, Les enfants de nos enfants Bégayer parmi leurs langes !
Mais, en attendant Demain, Cueillons les fleurs du chemin, Oublieux des immortelles.
Car lorsque nous partirons, Là-haut nous rajeunirons Pour des amours éternelles !
Par les Prés
POESIE DE
Léo/7 Durociier
Par les Prés
AiiH°°coii moto.
ai
M't-n al.laiitpar le pié, Ln nia tiii rencon.
:td;t:
tiai LL Jie fillette en lar.mes 'Belle en
fant,-A vec deJels tharraeb,Belle.eu fanl,-Â vec de.tels
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(-hai raes Peux- tu biei)-a bieu ver !e. vent De les
Tan dis que lui par
l' J- J'; I J- y J' > I J- j' Ji J' ^' J^
lais D e pis. blondsdoihf lets.. Et d'aniûu.ieux zé
M J.J.JJ ^J' U,.j, ,1, J ^-
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lui l'e, Dans ses yeux soudain sembla lui ie Unray.
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