PRESSENTIMENT
Andanlino
loiirs, Tan dis qu'au de - hors le vent dhi.ver
)leure La gaî- té df . funte a vec les beaux
jours, FriJeux , te.nons - nous en la. ces et i-ail
sourds A l'ap.pel ba . nal et tris-te de
l'heu - re
Pressentiment
En le joli nid de notre demeure, O petite amante aux yeux de velours, Tandis qu'au dehors le vent d'hiver pleure La gaîté défunte avec les beaux jours, Frileux, tenons-nous enlacés et sourds A Tappel banal et triste de Theure.
Laisse ton regard, telle une phalène,
Se prendre aux lueurs de ce feu de bois,
Et prêtant l'oreille à la cantilène
Que le souvenir chante par ma voix,
En songe revis le temps d'autrefois
Où tout nous fut doux : amour, joie et peine !
C'est près des chenets, quand laflammey tremble Comme un feu follet sur le passé mort, Qu'aux amants vieillis, mais point las, il semble Exquis d'évoquer le charme qui dort En le lointain gris des ans, où le sort Leur permit de vivre et d'aimer ensemble.
Nous avons gravi tous deux, côte à côte. Ta petite main captive en ma main, La cime d'amour si belle et si haute.
Nous ne sommes pas au bout du chemin ; Qui sait ce que nous trouverons demain Sur l'autre versant de la sainte côte?
Achèverons-nous en commun la route Qui mène au pays jamais dépassé Où la vérité triomphe du doute?
Ou bien Tun de nous, meurtri, harassé, S'arrêtera-t-il au bord du fossé Avant d*avoir pu la parcourir toute ?
Pressentiment
Mais en le cher nid de notre demeure Fleurant le parfum des intimités, Tandis qu'au dehors le vent siffle et pleure, En rêvant, gagnons les lieux enchantés Où Ton n'entend point le glas des Gaîtés Que gémit l'appel sinistre de l'Heure !
Publiée avec l'autorisation de MM. RICORDI et C», éditeurs. 62. boulevard Malesherbes, Paris. Tous droits de traduction et reproduction réserves pour tous pays.