LE SILENCE
Moderato
do Ici
Cap,en fan . té par Je mai.
Le si - lence, OLseau des té
Ch
ansons vécues
Le Silence 25
Au fond de mon âme abattue, Toute voix humaine s'est tue, Voix de joie et voix de douleur; Car, enfanté par le malheur, Le silence, oiseau des ténèbres, Impérieux, comme un vainqueur.
Couvre de ses ailes funèbres Le labyrinthe de mon cœur.
Et pieusement je regarde Celle qui, sous ma sauvegarde.
Repose dans rÉternité.
Puis, vaincu par la majesté Qui se dégage du silence En de mystérieux parfums, Je m'agenouille, prie et pense A la splendeur des ans défunts.
Penche-toi donc, ô ma pensée, Sur la page presque effacée Du livre d'or de mon passé, Afin qu'en mon cerveau blessé S'immortalise la mémoire Du doux temps qui vient de finir, Et qu'en ressuscite la gloire Au creuset de mon souvenir.
Renaissez, mes jeunes années,
Vous qui fûtes illuminées
De mille feux d'enchantement;
Renaissez, durant un moment,
Parmi l'éclatante cohorte
•De mes rêves réalisés,
Pour qu'avec vous, j'offre à la Morte
L'holocauste de mes baisers.
Comme un prestigieux trophée, Emporte, ô ma petite fée.
En l'inconnu qui s'ouvre à toi, Ma jeunesse, mon cœur, ma foi
Le Silence
Car il faut que tu sois suivie Au royaume de vérité, Par ce qui fut toute ma vie :
Ma poésie et ma beauté !
Publiée avec l'astorisation de MM. RICORDI et C'^ éditeurs, 67, boulevard Malesherbcs, Paris. Tous droits de traduction et reproduction résorbés pour tous pays.