‹ Chansons, Volume 2Chapitre 15 sur 65 · L'ERMITE ET SES SAINTS · texte numérisé non relu

L'ERMITE ET SES SAINTS

COUPLETS ADRESSÉS A M. DE JOVT , LE JOUR DE SA FÊtE.

Air : Rassurez^çous , ma mie.

On va rouvrir la Sorboime ^ L'église attend ses décret^.

On ne hiiile encor personne , Mais les fagots sont tout préts« Par bonheur^ <;hez nous hafaiie ■Uu saint d'un esprit plus doux.

Ermite, booi ernûte,

Priez , priez pour nouiS 1

Des prêtres, grands catholîq9es L'ont instruit à servir D^eu.

Il tient aui ipjmes reliques Qu'aimait Vahhé de CbauUeu.

A l'Amour sa muse invite :

Par lui nous serons absous*

Ermite , bon ermite.

Priez , priez pour nous !

Rabelais , ce fou s\ sage , Lui lëgua y par parenté , Un capuchon dont l'usage £n fait un sage en gaîte'.

Contre la gent Ljpocrile Voyez son malin courroux. .

Ermite ,' hon ermite , Priez , priez pour nous I

Ce n*est tout son patrimoine :

Car pour être chansonnier , De Lattaignant , gai chanoine , Il choisit le bénitier^ Mais de ses refrains ^ qu'on cite , Lattaignant serait jaloux.

Ermite , -bon erniite , Priez , priez pour nous !

Il lui manquait un bréviaire :

Le bon ermite, à dessein , Prit les efeuvres de Voltaire j Qui se disait capucin.

Grâce à Fauteur qui me'dite , II sait charmer tous les' goûts.

Ermite , bon ermite , - Priez , priez pour nous !

(5i ) De tels saints suivant les traceiL* Sur son gai cailifourchon , .

Il laisse fourrer aux grâces Des fleurs sous son capuçiioii, A Taimer tout nous invite ; Avec lui sauvon$«*notis.tou5.

Ermite , Lon ermite , Priez , priez pour nous !

MON PETIT COIN, Am : Du Vaudeville de la Petite Gouifernante,

Non , le monde ne peut me plaire j Dans mon coin retournons rêver.

Mes amis, de votre galère Un forçat vient de se sauver.

Dans le désert que je mé trace , Je fuis , libre comme un Be'douin.

Mes amis , laissez-moi de grâce , Laissez-moi dans mon petit coin.

Là ^ du pouvoir bravant les armes , Je pèae et no» fers» et n^s? djpoîts. -

Sur4es peuples versant des larmes.

Je juge et condamne les rojs.

Je prophétise avec audace $ L'ayenîr me sourit de loin.

Mes amis, laissez-moi de grâce.

Laissez-moi dans mon petit coin.

Là , j'ai la baguette des féts ; A faire le bien je me plais.

J'ëlève de nobles trophées ; Je transporte au loin des palais.

Sur le trône ceu:^ que je place D'être aimés sentent le besoin.

Mes amis , laissez*moi , de grâce , Laissez-moi dans mon petit coin.

C'est là que mon âme a des ailes :

Je vole , et , joyeux séraphin ," Je vois aux flammes éternelles Nos rois précipités sans fin.

Un seul échappe de lieur race $ De sa gloire je suis témoin.

Mes amis , laissez-moi de grâce , Laissez-moi dans mon petit coin.

Je forme ainsi pour ma patrie Des vŒttx ^e le ciel entend bien.

Respectez dobfe' toà rêyitkié :

Votre monde ne me râtlt rien; De mes jours , fi}<fs au Pâtnas^sé f Daignent les Misiés prékâtt soin !

Mes amis, laissez-moi , de grâce , Laissez-moi ians mon petit coin*

LE SOtta DES NOCEfr,

AIR r Zon f ma LÀsette , s^éH ! ma Lis^n,

L'hymej» prend cette nuit Deux amans éktts »a iièssif..

Qu'a» seuil dl^ lèu^ rtfdttit Un doux concerl ïé pkieif..

Zon l flûte IH( bdàsé^ I

Zon I vit^lôâ I

Zon L flûte et basait f Et YÎolon ^ i6Mt f iau t '

Par ce trou fait exprès ^ Voyons ce (ftrit'se pfi«stf^ L'épousé tf wille aHieaits , LVpoux est ^AvL 4[*àâdace.

Zon ! flûte et basse !

Zon i violon !

Zon 1 .flûte et basse !

Et violon , zpn ! zon !

L'épouse veut encor

Fuir l'époux, qui Tcmbrassc ;

Mais sur plus d'un trésor

Le fripon fait main basse.

Zon ! flûte et basse 1 Zon ! violon I Zon ! flûte et basse !

Et violon , zon I zon I

Elle tremble et pâlit Tandis qu'il la délace n va briser le lit»

n va rompre la glace

Zou ! flûte et b^sse !

Zon ! violon I

Zon I flûte et basse I Et violon , zon ! zon !

Mais y pris au trëbuchet , L'époux f qu'elle disgrâce I De l'oiseau qu'il cherchait

Ti'B. treuTe' que la place.

Zon 1 flûte et basse !

Zon ! violon 1

Zon ! flûte et basse I £t violon , zon ! zon !

La belle en sanglottant , Se confesse à voix basse* D'un divorce ëclatant Tout haut il la menace.

Zon I flûte et basse !

Zon I violon I Zon 9 flûte et basse I Et violon , zon I zon !

Monsieur jure après nous i Mais qu'à tout il se fasse.

Du livre des ëpoux Il n'est qu'à la préface.

Zon ! flûte et basse I

Zon ! violon !

Zon ! flûte et basse !

£t violon , zon I zon !

L'INDÊPENDANf .

Air : Je vais biéntdt quitter Vempîre^

Respectez moB indépendance,.

Ësclaye de la vanité ( C'est à l'ombre de llucUgence Que j'ai trouvé la liberté {his) :

Jugez aux cbants qu'elle «ilnspire,.

Quel est sur moi son ascendant {his}^ Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant^ Je suis , îe juis isidiépdiidpBtr

Oui y. je suis un peuvre aiauYa{[e »

Errant dans la société ;

£t pour repousser re^clavagCy

Je n'^ai qu'un are et ma gaîté.

Mes traits sont ceux de la satire i

Je les lance en me défendante Lisette seule a le droit àe sourire • Quand je lui dis : Je suis indépendant j;

lé suis y. ^e suis indépendant.

-(57) Chacun rit des flatteurs du LouTre , Yaleis , en tout temps prosternés , Dans cette auberge qui ne s'ouvre Que pour des passans couronnes.

On rit du fou qui sur sa Ijre Chante à la porte en demandant.

Lisette ^eule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant , Je suis, je suis indépendant.

Toute puissance est une gène :

Oh ! d'un roi ^ue je plains l'ennui I C'est le conducteur de la chaîne; Ses captifs sont plus gais que lui.

Dominer ne peut me séduire $ J'offre l'amour pour répondant.

Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant , Je suis f je suis indépendant.

En paix ayec ma destinée , Gaîment je poursuis mon chemin , Riche du pain de la journée , £t de l'espoir du lendemain.

Chaque soir^ au lit ^ui ni'attîtt>

(58) Dieu me conduit sans accident.

Lisette, seuk a le droit de. sourire Quand je lui dis^ : Je suis indépendant , Je suis , je suis indépendant.

Mais quoi ! je vois Lisette oruëe

De ses attraits les plus puissans ,

Qui des chaînes de riijmeiiëe

Veut charger mes bras caress'aus.

Voilà comme on perd un empire !

Non , non , point d'hymen imprudent.

Que toujours Lise ait le droit de sourire Quand je dirai : Je suis indépendant »

Je suis, je suis indépendant.

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