LA BONNE VIEILLE
Air : de TVilTiem , ou Muses des bois et des accords t^fmpétres.
Vous Tieillirez, o ma belle maîtresse:
Vous vieillirez , et je ne serai plus.
Pour moi le temps semble, dans sa vitesse , Compter deux fois les jours que j'ai perdus* Surrivez^moi ; mais que Tâge pénible Vous trouve encor fidèle à mes leçons ; Et bonne vieille , au coin d'un feu paisible , De votre ami répétez les chansons.
Lorsque les jeux chercheront sous vos rides Les traits charmans qui m'auront inspiré , Des doux récits les jeunes gens avides Diront : Quel fut cet ami tant pleuré I De mon aiûour peignez , s'il est possible , L'ardeur , l'ivresse , et même les soupçons; £t bonne vieille , au coin d'un feu paisible , De votre ami lépétez les chansons.
On vous dira : sayait-il être aimable ?
Et sans rougir, vous direz : Je Taimaîs.
D*un trait méchant se montra-t-il capable l Avec orgueil , vous répondrez ^ Jamais.
Âb ! dites-bien qu'amoureux et sensible , D'un luth joyeux il attendrit les sons ; Et bc^iy. vieille , au coin d'un feu paisible , De votre ami répétez les chansons.
Vous , que j'appris à pleurer sur la France , Dites surtout aux fils des nouveaux preux , Que j'ai chante la gloire et respérance Pour consoler mon pays malheureux.
Rappelez-leur que l'aquilon terrible De nos lauriers a détruit vingt moissons.
Et bonne vieille , au coin d'un feu paisible, De votre ami répétez les chansons.
CH^t chéri , Hjuand mon renom futile De vos vieux ans charmera les douleurs ; A mon portrait , quand votre main débile , Chaque printemps , suspendj^a quelques fleurs; Levez les yeux vers ce monde invisible Où pour toiqours nous-nous réunissons ; Et bonne vieille , au coin «d'un feu paisible , De votre ami répétez les chansons.
(65) LA VIVANDHÈRE.
Air : Demain maiin au point du jour ^ on Bat la
générale ,
ou air noui^eau de^, Wi&hem..
Vivandière du régiment ,
C'est Catiu qu'on me nomme.
Je yendâ , je donne , et bois galment Mon yin et moû rogome:
J'ai le pied leste et Tbeil mtrtîn , - Tintin , tintin , tintin , r'Kn tintia :
J'ai le jj^d leste et l'œil mutin , • Soldats , Yoilà Oatin I *
Je fus chère à tous* nos héros;
IM'as 1 combitfM ]'en pleure.
Aussi , soldats et généraux
Me comblaient, â toute heure»
D'amour , de gloire et de l^utiti ^ Tintin , tintin , tîâtîù J* rlin tintin: :
D'amour , de gloire et de butin j Soldats , voilà Catin I
J'ai pris part à tous vos e:sploits , £n vous versant à boire.
Songez combien j'ai fait de fois Kafraichir la Victoire.
Ça grossissait son bulletin ; Tintin , tintin , tintin , r'iin tintin :
Ça grossissait. son bulletin; Soldats y voilà Catin !
Depuis les Alpes je vous sers :
Je me mis jeune en route.
A quatorze ans , dans les déserts , Je vous portais la goutte.
Puis , j'entrai dans Vienne un matin ; Tintin , tintin , tintin , r'iin tintin :
Puis, j'entrai dans Vienne un matin ; Soldats, voilà Catin I
De mon commerce et des amours C'était le temps prospère.
A Rome je passai huit jours , Et de .notre Saint-Père
Je débauchai le sacristain ;
Tintin , tintin » tintiii , rlin tintia :
Je dëbauchai le sacristain ; Soldats » yoila Catin 1
J'ai fait plus que maint duc et pair Pour mon pays que )'aime.
A Madrid si j'ai vendu cher , £t cher à Moscou même ,
J'ai donné gratis à Pantin ; Tintin , tintin » tintin , r^lin tintin :
J'ai donn^ gratis à Pantin ; S<^datSy ToiU Catin!
Quand au nombre il fallut céder
La victoire infidèle, Que n'avais-je pour vous guider
Ce qu'avait la Pucelle !
L'Anglais aurait fui sans butin; .
Tintin , tintin , tintin , r'iin tintin :
L'Anglais aurait fui sans butin ;
Soldats , voilà Catin !
Si ye VOIS de nos vieux guerriers
Pâlis par la souftrance , Qui n'ont plus , malgré leurs lauriers „
De quoi boire à la France , .
Je refleuris encor leur teint ; 7'ialin , tintin , tintin , r'iin tintin :
Je refleuris encor leur teint ; Soldats y voilà Gatin !
Mais DOS ennemis , gorgés d'or, Paîront encore à boire .
Oui 9 pour vous doit briller encor Le jour de' la victoire.
J'en serai le réveil-matin ; Tintin , tintin , tintin , rlin tintin :
J'en serai le réveil-matin ; Soldats , voilà Catin !