L'EXILÉ
(jiUfVIEK 1817.)
Air : Srnnte > bam ermite.
A d'aimables conq[>agnes Une jeune beauté Disait : Dans nos campagnes Règne Thumanité.
Un étranger s'avance , Qui , parmi nous errant y Redemande la France Qui! chante en soupirant.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie
(69) Une patrie Au pauyre exilé*
Près d'un ruisseau rapide ^ Vers la France entraîné , Il s'assied y l'œil humide.
Et le front incliné.
Dans les champs qu'il regrette n sait qu'en peu de jours Ces flots que rien n'arrête Vont promener leur cours»
D'une terre chérie C'est un iils désdé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauyre exilé.
Quand sa mère , peut-être ,
Implorant son retour ,
Tombe aux genoux d'un maître
Que touche son amour.
Trahi par la yictoire ,
Ce proscrit , dans nos Bois $
Inquiet de sa gloire ,
Fuit la haine des rois. '
(70) D'aoe terre chérie C'est on fils désolé.
Rendons une patrie , Une patrie An pauvre exilé.
De rivage en rivage Que seiX de le bannii' h Par-tout de son courage Il trouve un souvenir.
Sur nos. bords , par la guerre Tant de fois envaliis, Son sang même a naguéoe Coulé pour son pays.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie , Ujae> patrie Au pauvre exilé.
Dans nos desAins contraires , .
On dit qu'en ses foyers Il recueillit nos. frères , Vaincus et prisonniers^ De ces temps de conquêtes
C7Ï ) Rappelons-lui le cours ; Qu'il trouye ici des fêtes , Et sur-tout des amours.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie , Une patrie Au pauvre exilé.
Si notre accueil le touche , Si , par nous abrité , Il s'endort sur la couche De l'hospitalité; Que par nos voix légères Ce Français réveillé , Sous le toit de ses pères Croie avoir sommeillé.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie , Une patrie Au pauvre exilé.