LA NATURE
Air : Ah I Que de chagrins dans la vie.
(Lan TARA.)
Combien la nature est fôconde £n plaisirs ainsi qu'en douleurs 1 De uoirs fléaux couvrent le monde De débris , de sang et de pleurs {his).
Mais à sts pieds la beauté' nous attire;
Mais des raisins le nectar est foulé.
Coulez , bons vins ^ femmes , daignez sourire Et l'univers est consolé.
Chaque pays eut son déluge.
Hélas 1 peut-être ,• jour et nuit , Une arche est encor le refuge Des mortels que l'onde poursuit.
SitÂt qu'Iris brille sur leur nayire ,
'jbU.
( «45 ) £t qu6 yers eux la colombe a vole , Coulez , bons yins'y femmes , daignez sourire; Et Tunivers est consolé.
Quel autre cliamp de fuue'railJes !
L'Etna s'agite , et , fuiieux ,
Semble du fond de ses entrailles .
Vomir l'enfer contre les cieux.
Mais pour renaître enfia ^a rage expire :
Il se rasseoit sur le monde dbranlé.
Coulez , bons vins ; femmes, daignez sqyrire ;,
Et l'nnivers est consola. » ^
Dieu ! que de souffrances nouvelles !
L'affreux vautour de l'Orient,
La peste a déployé ses ailes
Sur l'homme , qui tombe en fuyant.
Le ciel s'apaise et la pitié respire.
On tend la main au malade exilé.
Coulez , bons vins ; femmes , daignez sourire ;
Et l'univers est consolé.
Mars enfin comble nos misères :
Des rois nous payons les défis.
Humide encor du sang des pères , La terre boit le sang des fils. . •
( 146) Mais rhomme anssi se tasse de dëlraire , Et la nature à son cceur a parlé.
Coulez , bons vins ; femmes , daignes sourire ; Et l'univers est console'.
Ali ! loin d'accuser la nature , Du printemps chantons le retour :
Des roses de sa ehevehure Parfumons la joie et l'amour.
Maigre l'horreur que l'esclavage inspire , Sur les débris d'un empire écroulé Coulez 9 bons vins ; femmes daignez sourire ; Et l'univers est consolé.
LES CARTES , ou L'HOitOSCOPE.
Air : De la petite Gouvernante, ou / De la RépuhUque.
Tandis qu'en faisant sa prière , Au coin du feu maman s'endort , Peu faîte pour être ouvrière', Dans les cartes cherchons mon sort.
Maman dirait : craignez les bagatelles f
Le Diâbie est un. Tremblez I ÇuEon Mais i*ai ^ize aos : les cartes ««but belles.^ Les earteà ont toujours raison, )
Toujours raison, toujours raison.
Amour , enfant ou mariage ,
Sachons ce qui m'attend ici.
• J'ai certain amant qui voyage :
Valet de cœur ^ Bon j le voici.
Pour une veuve , aux pleurs il me condamne.
L'ingrat Tépoufie , ô trahison !
j'entre au couvent; mon confesseur se damne.
hes cartes ont toujours raison ,
Toujours raison, toujours raison.
Au parloir , témoitfr d« mes lanmes , Le roi de carreau vient souvent:
Cest un prince cpris d-e mes cbàrnies; Il m'enlève de mon couvent.
Par des cadeaux son Altesse m'entraîne Jusqu'à sa petite maison.
La nuit survient, et je suis presque reme.
Les cartes ont toujours raison , Toujours raison , toujours raison.
Je suis le prince à la campagne ; On vient lui parler contre moi.
vGooqIc
En secret un Lrun m'accompagne ;
,Tout se découvre : adieu mon roi I Un de perdu , j'en vois arriyer douze ;
J'enflamme un campagnard grisou :
Je suis cruelle , et celui-là m'épouse.
Les cartes ont toujours raison.
Toujours raison j toujours raison.
En ménage d'une semaine.
Dans un char je brille à Paris.
C'est le roi de trèfle qui mène j Mon mari gronde, et je m'en ris :
Dieu I l'amour fuit à l'aspect d'une yieille : £n airje passé la saison l
Eh I non. vraiment , c'est maman qui $*éveUIe. Les cartes ont toujours raison , lloujours raison, toujours raison.