‹ Chansons, Volume 2Chapitre 45 sur 65 · LA NATURE · texte numérisé non relu

LA NATURE

Air : Ah I Que de chagrins dans la vie.

(Lan TARA.)

Combien la nature est fôconde £n plaisirs ainsi qu'en douleurs 1 De uoirs fléaux couvrent le monde De débris , de sang et de pleurs {his).

Mais à sts pieds la beauté' nous attire;

Mais des raisins le nectar est foulé.

Coulez , bons vins ^ femmes , daignez sourire Et l'univers est consolé.

Chaque pays eut son déluge.

Hélas 1 peut-être ,• jour et nuit , Une arche est encor le refuge Des mortels que l'onde poursuit.

SitÂt qu'Iris brille sur leur nayire ,

'jbU.

( «45 ) £t qu6 yers eux la colombe a vole , Coulez , bons yins'y femmes , daignez sourire; Et Tunivers est consolé.

Quel autre cliamp de fuue'railJes !

L'Etna s'agite , et , fuiieux ,

Semble du fond de ses entrailles .

Vomir l'enfer contre les cieux.

Mais pour renaître enfia ^a rage expire :

Il se rasseoit sur le monde dbranlé.

Coulez , bons vins ; femmes, daignez sqyrire ;,

Et l'nnivers est consola. » ^

Dieu ! que de souffrances nouvelles !

L'affreux vautour de l'Orient,

La peste a déployé ses ailes

Sur l'homme , qui tombe en fuyant.

Le ciel s'apaise et la pitié respire.

On tend la main au malade exilé.

Coulez , bons vins ; femmes , daignez sourire ;

Et l'univers est consolé.

Mars enfin comble nos misères :

Des rois nous payons les défis.

Humide encor du sang des pères , La terre boit le sang des fils. . •

( 146) Mais rhomme anssi se tasse de dëlraire , Et la nature à son cceur a parlé.

Coulez , bons vins ; femmes , daignes sourire ; Et l'univers est console'.

Ali ! loin d'accuser la nature , Du printemps chantons le retour :

Des roses de sa ehevehure Parfumons la joie et l'amour.

Maigre l'horreur que l'esclavage inspire , Sur les débris d'un empire écroulé Coulez 9 bons vins ; femmes daignez sourire ; Et l'univers est consolé.

LES CARTES , ou L'HOitOSCOPE.

Air : De la petite Gouvernante, ou / De la RépuhUque.

Tandis qu'en faisant sa prière , Au coin du feu maman s'endort , Peu faîte pour être ouvrière', Dans les cartes cherchons mon sort.

Maman dirait : craignez les bagatelles f

Le Diâbie est un. Tremblez I ÇuEon Mais i*ai ^ize aos : les cartes ««but belles.^ Les earteà ont toujours raison, )

Toujours raison, toujours raison.

Amour , enfant ou mariage ,

Sachons ce qui m'attend ici.

• J'ai certain amant qui voyage :

Valet de cœur ^ Bon j le voici.

Pour une veuve , aux pleurs il me condamne.

L'ingrat Tépoufie , ô trahison !

j'entre au couvent; mon confesseur se damne.

hes cartes ont toujours raison ,

Toujours raison, toujours raison.

Au parloir , témoitfr d« mes lanmes , Le roi de carreau vient souvent:

Cest un prince cpris d-e mes cbàrnies; Il m'enlève de mon couvent.

Par des cadeaux son Altesse m'entraîne Jusqu'à sa petite maison.

La nuit survient, et je suis presque reme.

Les cartes ont toujours raison , Toujours raison , toujours raison.

Je suis le prince à la campagne ; On vient lui parler contre moi.

vGooqIc

En secret un Lrun m'accompagne ;

,Tout se découvre : adieu mon roi I Un de perdu , j'en vois arriyer douze ;

J'enflamme un campagnard grisou :

Je suis cruelle , et celui-là m'épouse.

Les cartes ont toujours raison.

Toujours raison j toujours raison.

En ménage d'une semaine.

Dans un char je brille à Paris.

C'est le roi de trèfle qui mène j Mon mari gronde, et je m'en ris :

Dieu I l'amour fuit à l'aspect d'une yieille : £n airje passé la saison l

Eh I non. vraiment , c'est maman qui $*éveUIe. Les cartes ont toujours raison , lloujours raison, toujours raison.

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