‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 155 sur 167 · SONNET CCL · texte numérisé non relu

SONNET CCL

Aux grands persécutés, aux glorieux Jésuites Je consacre en mes vers un hommage pieux. L'intérêt ni la peur, abominables dieux, Ne me séduiront pas à des lignes maudites.

Ah ! s'ils fussent déchus, et si des premiers rites Ils eussent échangé, tièdes religieux, Pour d'inféconds loisirs le zèle impérieux, On ne leur vouerait pas ces haines hypocrites!

Mais le règne du Christ et son extension Fut de ces cœurs vaillants la ferme ambition. La sainte charité fit toute leur audace.

Proscrit, martyrisé, mais fidèle à sa loi.

Cet ordre immaculé, depuis les jours d'Ignace,

Sims cesse et tout entier a confessé la foi.

SONNET CCLl.

Ce ne sont, disent-ils, que des ambitieux, Qui, feignant de dévotes flammes.

Voudraient tout asservir à leurs fronts orgueilleux, Sous prétexte du bien des âmes.

Et, depuis trois cents ans, pour dérouter les yeux,

Et faire réussir leurs trames.

Ils vivent pauvrement, sobres, chastes, pieux,

Dignes au fond de tous les blâmes.

Vous qui parlez ainsi, vous qui fûtes chrétiens, Du monde un seul instant quittez donc les liens. N'est-il point de foi véritable?

Qu'est-ce alors ([ue l'empire et ce festin d'un jour Pour ceux que le Sauveur, dans son divin amour, Nourrit de sa chnir adorable?

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