AU MÊME
Que le désir de l'homme a d'étranges caprices ! Quand l'art pouvait mener, par un chemin si doux, Tes jours insoucieux à faire envie à tous. Tu préféras marcher au boi'd des précipices.
Magnanime folie! Ami, quoi que tu fisses. Je savais que d'éclat ton courage jaloux Ne devait rien porter de douteux en dessous. Ni se mésallier à d'indignes complices.
Certes, ce n'est pas moi, si fidèle au passé, Oui blâme ta ferveur pour un culte elfacé. Et qui de ton César puis railler la couronne;.
Ce n'est pas moi non f>his, prêtre de l'avenir, Qui te dirai : Jouis en paix ; la vie est bonne, Et le présent suffit à qui veut s'y tenir.
SONNET cm.
La nature aux jardins rend leur première joie. Leur sourire de fleurs où s'effacent les mau\ De riiiver. Sur l'arbuste aux flexibles rameau \ S'écaille le bourgeon et le chaton poudroie.
Les prés adolescents, dans leur robe de soie, Brillent, et, ravivant l'or et l'argent jumeaux, Ont de leur frais blason rejoint tous les émaux. Sous la brise déjà l'herbe des blés se ploie.
Cependant, aux forêts, des arbres mugissants L'écorce dort toujours : car à' ces fronts puissants Si Tété fait bondir la sève intérieure.
Avril, comme septembre, est pour eux sans soleil, La feuille leur vient tard et sèche de bonne heure. Tous les dominateurs ont un destin pareil.