SONNET CXIII
Un Jour on lui dirait : Voici de ton doux rêve Là coupe épanouie, et tu peux, nuit et jour. Boire à ses lèvres d'or et savourer l'amour. Sans craindre d'en tarir l'inépuisable sève.
Non, non, répondrait-il, que mon destin s'acb Mon regard s'est tourné vers un autre séjour. Revenu pour jamais d'un stérile détour.
J'embrasse tout entier l'essor qui me soulève.
Ainsi le scarabée, habitant d'une fleiu-, Saturé de parfums, écaille à la chaleur. Son bouclier coupé dans une chrysoprase.
En assure un instant les pavillons ouverts. Et, dépliant soudain ses deux ailes de gaze. Monte, vivante flèche, au bleu chemin des airs
eve
RONDEAU Ml.
Belle sans blasme est devise excellente Qui n'appartient qu'à vertu prévalante.
Je la vouldrois sur toutes relever, Et de son or correctement graver La noble espée et la lyre vaillante.
Trop plus souvent quelque amour nonchulaule^ Par vil dezir, s'introduit et se plante, où devoit seule une image arriver, Belle sans blasme.
I/ame demoure entre deux vacillante (Remords l'assault, Vénus la violente) ; Ains si, d'ahan, ne se peut desgrever.
Serve se livre à la chair insolente ; Puis, au derrain eschoit à la treuver Belle sans blasme.
RONDEAU Mil.
Le bon Pétrarque, alors que le Saint-Père, De telle amour n'entendant le mystère.
Voulait Punir à madame Laura, Sans s'étonner, doucement remontra Qu'il lui restait bien des sonnets à faire.
Et sur cela bravement on infère Que ses tourments ne furent que chimère; Si qu'un enfant demain gourmandera Le bon Pétrarque.
11 eût mieux fait sans doute de se taire. De transmuer en un roman vulgaire L'œuvre divin que son àme expira :
Peut-être un jour voilà ce qu'on dira; Mais, tel qu'il est, maintenant on ))réfère Le bon Pétrar(|ue.