‹ Chant et poésieChapitre 36 sur 81 · ON ARBRE QUI BOURGEONNAIT · texte numérisé non relu

ON ARBRE QUI BOURGEONNAIT

La vie et la mort se souviennent :

Les uns s'en vont, les autres viennent — La feuille a l'hiver, nous les ans.

L'air a la brise et les autans.

L'homme, enqp, sa joie et sa peine.

La nature seule est sereine.

Tout s'incline devant le sort.

L'un s'éveille, l'autre s'endort.

La feuille tombe, une autre pousse.

Et la nature, sans secousse Creuse elle-même ncs tombeaux.

De chacun des débris nouveaux.

Elle suce, immense vampire, Tout ce qu'elle sait reproduire.

Aussi l'on voit tous les cent ans, Ceux de l'époque disparaître; Comme l'on voit, tous les printemps.

Aux arbres les feuilles renaître.

Et les petits enfants riants, Comme des fleurs fraîches écloses, Remplacent, vermeils et bruyants, Tous ceux dont les tombes sont closes.

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