‹ Chant et poésieChapitre 6 sur 81 · SAINT - GRATIEN · texte numérisé non relu

SAINT - GRATIEN

Coup d'oeil à travers une grille.

Voici la maison, le jardin Où les sentiers bordés de thym, Embaumaient jusqu'à ma pensée !

Alors que j'allais, le matin, Suivant et perdant en chemin, Ma chansonnette commencée.

Et novembre a tout éclairci, Les buissons et les gens d'ici; Plus de feuilles, plus de famille :

Je vois les murs de ce jardin, Que les noisetiers, en gradin, Masquaient d'une épaisse charmill

S.WM-l.HAl !K>.

11 me semble que la maisou Me reproche son abandon; Surtout l'humble perron de pierre.

Ses portes, ses volets fermés, Naguère aux chants accoutumés :

Sont mornes comme un cimetière.

Voici le gazon vert encor,

Où mes amis sonnaient du cor,

En chœur, pendant les soirs d'automne ;

La bise bruit à présent,

Se plaint comme un agonisant,

Et la feuille au loin tourbillonne....

On est parti, l'hiver venant; Et seul, je reviens maintenant Voir d'où la gaité s'est enfuie.

J'aime à contempler tout cela....

L'escarpolette est encor là, Sa corde noircie à la pluie.

A terre est resté le pompon Dont j'ornementais un ànon, Les jours de grande cavalcade !

Pauvre oripeau fané, roussi ; Dans les bois de Montmorenc\.

Tu brillais comme une grenade

SAINT-GRATIE.N.

— Allons! passons notre chemin...

Adieu maison, adieu jardin. — Un bon souvenir est encore Ainsi qu'un ami sans pareil.

Ou comme un rayon de soleil Où l'amertume s'évapore.

— Asile où je fus abrite Par la grâce et par la bonté; Murs et maison couverts de lierre, Endroit de joie et de bonheur :

Je vous ai gravé dans mon cœur.

Avec l'hôtesse hospitalière.

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