‹ Chant et poésieChapitre 68 sur 81 · DENISE · texte numérisé non relu

DENISE

Au bruit de son moulin, La semaine dernière, Denise, la meunière, Chantait dans son jardin :

« Que ne suis-je marquise !

Je serais belle aussi.

Je n'aime nul d'ici,

Nul d'eux n'est à ma guise....

Ah! le vilain village,

Et les vilains garçons !

Les vilaines chansons

Le vilain entourage! »

En passant, j'entendis, Delà belle meunière, La chansonnette entière, Et je vous la redis :

« Oui, si j'étais marquise, J'aurais de beaux atours; Puis, un banc de velours Au milieu de l'égiise.

DK.MSE. 9g

Moi, j'aime la noblesse, La beaulé, la grandeur:

Je préfère l'honneur, A la seule richesse. »

Voilà ce que disait, Denise, la meunière, A l'âme noble et fière.

Un prince l'écoutait...

En voyant son visage Au travers d'un buisson.

Il reprit sa chanson, Caché par le feuillage :

■ Si vous voulez, Denise, Vivre dans la grandeur:

Je serai le seigneur Qui vous fera marquise ! »

Elle^cueillait du thym,

Ou des fleurs; mais qu'importe :

Elle a fermé la porte,

La porte du moulin.

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