PRELUDE
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on se frappe les trois coups. Le rideau frissonne et commence A se lever. ; A ce moment, un cri éclate dans la salle : « Pas encor! » Et
| ae LE DIRECTEUR DU THEATRE,
‘a 4 jaillissant de son avant-scéne, saute dans l’orchestre. Cost un homme ie important et en habit noir, qui court vers la scéne en répétant :
Pas encor!
. Le rideau retombe. Le Directeur se tourne vers le public. Et comme ss il s'est appuyé un instant a la boite du souffleur, il se met 4 parler en = “vers.
Le rideau, c’est un mur qui s’envole!
Et quand un mur va s'envoler, qu’on en est str, On ne saurait avoir d’impatience folle; Et c’est charmant d’attendre en regardant ce mur!
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~~ C’est charmant d’étre assis devant un grand, mur rouge - Qui frissonne au-dessous d’un masque et d’un bandeau! Ah! le meilleur moment, c’est quand le rideau bouge Et qu’on entend du bruit derriére le rideau!
Or, ce Hot.” nous voulons que, ce eae :
Et, pour se mettre un peu, déja, dans le décor, Qu’on réve, en Pécoutant: 2. Maia suret
Penché, le Directeur tend Poreille aux braits qui | commencent ay ‘de la scéne. ' .
| Un pas... eee une route? fs Sk ‘Une aile... est-ce un jardin? were ie y
Et comme le rideau palpite, il crie précipitamment : = 5 Ne levez pas encor!
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. Penché de nouveau, Yoreille tendue, il continue, notant les bruits,. yagues ou précis, mélés ou distincts, qui ne vont plus cesser darriver & travers la toile. ori ~
Une pie, en jetant son cri, prend la volée,
Et l’on entend courir de gros sabots de bois : C’est une cour... mais qui domine une vallée Puisqu’on entend monter des chants et des abois.
Voici que peu & peu l’action se situe.
Rien ne crée aussi bien l’atmosphére qu’un son. ‘eg — Une vague clarine a tinté, puis s'est tue : Puisqu’une , chavre broute, il y a du buisson.
Jl doit méme y avoir un arbre dans la brise au By 1! Puisqu’un bouvreuil dit lair qu'il a dans le gosier, ‘Et puisqu’un merle siffle une chanson apprise,
Il faut bien qu'il y ait une cage d’osier.
hye Le bruit qu’en remuant fait une carriole... a
Le bruit pesant d’un seau qui remonte trop plein... * Le bruit léger d'un toit qui joue & pigeon-vole... es as Oui, c'est bien une cour de ferme ou de moutin: exh ne De la paille s s'agite; un loquet se déclenche : } On est prés d’une étable ou d’un grenier 4 foin. ;
La cigale : il fait beau. Des cloches : c’est dimanche. | Deux geais ont ricané : la forét n’est pas loin. ie
vec t tous is traits van, beak? jou ine rumeur vaste et compose en ré vant Nes cp lus mystérieux des morceaux d’ouverture, es ie par le soir, la distance et le vent! ~
ee le ee ee, tame we ‘ Et us ces ets — phone d'une fille qui passe, — Rires d’enfants scandés au trot des bourriquots, — Coups de fusil lointains, — notes de cor de chasse, — Oui, tous ces bruits sont bien des bruits dominicaux. ie
Yo" ea eae -
: Une geutiee s’ouvre. Une porte se ferme.
On entend. les grelots du vieux harnais frémir. ase ~ N’est-ce pas qu’on la voit, la vieille cour de ferme? Le chien dort, et le chat fait semblant de dormir.
-Dimanche! Les fermiers vont partir pour iA féte. Le vieux cheval piétine.
UNE VOIX RUDE, esis la toile, parmi des Pip cn at
Ho! la Grise!
ae UNE. “AUTRE VOIX, comme appelant quelqu’un qui s’attarde. bs a Viens-tu?
On rentrera tres tard cette nuit.