LE PETIT-DUG
Il fait quitter
LE’ CHAT-HUANT
Les fétes carnassicres | Bede LA HULOTTE.
Les sabbats ot l’on va sur le poing des sorciéres | LE GRAND-DUG.
Quand il chante, on n’est plus dans son état normal!
5 ry
Me ey LE CHAT-HUANT On fait le mal en se pressant!
, LE GRAND-DUG. : y
x On le fait mal! <
UN HIBOU
Quand il chante, on n'est plus que dans du provisoire! — UNE CHOUETTE. ‘
~ Dans de la nuit qu’on sait qui deviendra moins noire!
LE CHAT-HUANT
Quand son chant de métal a partagé la nuit, r
On se tord comme un ver dans la moitié d'un fruit! =
LE MERLE, qui n’y comprend rien, sur son fagot. Pourtant, les autres cogs...
LE GRAND-DUC. Leur chant n’est pas a craindre| C’est le sien qu'il faudrait éteindre!
TOUS LES NOCTURNES, agitant leurs ailes, dans une longue plainte.
= Eteindre! — Eteindre!
UN HIBOU
Comment faire?
LE GHAT-HUANT.
Ce Merle a pour nous travaillé...
LE MERLE
Moi?
E : LE CHAT-HUANT
hy ; Oui, tu l’as raillé.
‘ \ TOUS, avec leur ricanement et leur dandinement* A Hal! ha!
i, LE GRAND-DUC, étendant les ailes.
i . Chut!
ils reprennent leur immobilité sinistre.
LE CHAT-HUANT
ea Mais, raillé, ‘ Son chant n’agit pas moins sur notre vésicule. Il est plus fort depuis qu’on le croit ridicule!
LE CHAT-HUANT. Re ne MO ei Skee
Ee Paon, ce grand aaah Poh: Po i
pat Tous, ricanant etse dandinant.
! eo fe See Pint hat ro) EACH GRAN D=DtUG;/duvrankises ates’ s1 0) <5 FE} Immobilits, ; rae . rane.” er LE CHAT- “HUANT. ae pesto eh:
... Travaillant aussi pour nous, le ead
fal saree base son chant n'est pas moins incommode :
le est plus pur depuis qu'il n’est plus a la mode! ta ‘Tous. 'Y
ae faire? :
UNE CHOUETTE
Be eas ‘Egorger ce Coq!
Bet ere yess! CRIS. ) , Oui, mort au Coq!
‘ UN HIBOU
Mort & A cet arist. qui fait le démoc-soc!
fe = UN AUTRE.
ai a des éperons, mais porte un bonnet aged LE GRAND-DUC.
Tous les oiseaux dle nuit, debout!
Tous grandissent, dressés, les ailes ouvertes, les yeux arrondis : il semble que Ja nuit ausmente.
LE MERKLE, inconscient et bouffonnant.
SN eae Le Minuit bouge!
% LE CHAT-HUANT
L’ égorger? Mais nos yeux n’y voient plus quand il sort! | TOUS, dans un gémissement de chceur antique. Eas . : UN HIBOU, -cauteleusement.
Comment égorger... de loin?
LE GRAND-DUG
Par quel ressort?..
Ca
UNE voexs aes ; - Due! aor un plan?
LE GRAND- DUG
Scops! aa :
‘TOUS, en yoyant tomber de la branche un petit hibou qui s ‘avance a ; ne par menus bonds.
Le 2) Seopa le petit Scops! ¢ we eet: LE SCOPS, s‘inclinant devant le Grand-Due. . aS ae Tu sais, 6. Nyctalope!
} Qu’ en de tiedes jardins, la-bas, sur la hauteur, Un éleveur d’oiseaux, qu’on nomme... aviculteur, se - Nourrit, pour des concours qu’on appelle... agricoless» a Les plus splendides cogs des races les plus folles. ;: Or, le grand découvreur d’oiseaux rares, le Paon, a — Lequel, n’ayant qu'un cri qui perce le tympan, Ne peut souffrir un chant qui perce la ténébre,/— Le Paon, dont Ie systéme est de rendre célébre i Tout animal étrange... ae
LE GRAND-DUG, A son voisir.
Et surtout étranger!
LE| -SCOPS, j ;
.. .Réve de diber demain, au potager, Ces cage chez la..
at ‘
TOUS, ensemble, riant. ae P.ntade! << LE SCOPS.
.-Et de lancer chez elle Tous ces oiseaux dont la gloire sera pour celle De Chantecler le dernier coup..
LE MERLE, sautillant.
- D’aplatissoir.
LE CHAT-HUANT
Mais ces cogs sont toujours. enfermés |...
LE scoPs. ; Donec, ce soir,
yuvrant leur alec une ‘fille 2 a jin Bonde: Pare Le langait le mais comme une gréle blonde,
. Pde. surgis prés du tromte. velu dun ecsenie
ee. ie
Besa eae AE bec iN, HIROU, a son yoisin, “Ob a es a est trés malin, ce petit, Re ae
LE SCOPS.
En voyant cet oiseau “de déplorable. augure.. -
TOUS ; -ricanant et se diattoonk
Gite hah 5 eg A Nae ; . LE GRAND-DUCG, ouvrant ses ailes.
Cherie oe 4 Immobilité.
LE SGOPS.
...Prit la fuite, un bras sur sa figure!
‘La cage reste ouverte, et toute la smala Rencontrera demain le Chantecler chez la...
TOUS, achevant dans un Rencninaiks
ess !
es - LE MERLE.
Il n'ira pas. Il a refusé.
LE SCOPS
Bigre!
: LE CHAT, Sugmationd Continue : il ira. dhe
LE MERLE, le regardant, de loin.
Qu’en sais-tu, petit tigre?
LE CHAT
Ale al oe qu "une Faisane excitait ses transports, Et } jai vu qu'il irait.
LE MERLE
-Tu vois tout quand tu dors!
LE “GRAND- -puc, a0 Sop e Soit! i ly va, j'admets!
LE SCOPS. 5 ~. Chanteeler, quoique pe te gardé sa franchise eR aera ae rustre:! ©©
rot il verra ‘ce. ; ‘ 3 f ‘UB MERLE, lui soufflant le mot. — s3 Five o'clock! — LE SCcOPS.
,..Et Jes é Ob se “mettront les. aoe LE MERLE, méme jeu.
Snobs! ie LE scCoOPs.
‘ ...Devant tous les...
LE MERLE, méme jeu. © ‘| ; Rastas! — LE SCOPs. mtd ...Il tiendra des propos qu'il faudra qu’on reléve. . ae LE GRAND-DUG, tressaillant.
Et tu crois qu'un combat de coqs?...
re
t LE SCOPS, . Duc, c’est mon réve LE. CHAT. :
Mais, Scops, si c’était lui, le vainqueur?
eden SLE seors, ” Angora!
a Sache qu ‘etre ces cogs de luxe il y aura 4 mes Un yrar ae de combat, maigre, a l’aile orangée, aM Celui..
Be LE MERLE, voyant tous les plumages se gonfler de joie. Sensation profonde et prolongée!
Be, LE SCOPS.
; ..Qui creva l’ceil aux plus célébres champions,
Le Pile Blane! Et comme, a ses deux arpions, fe Ce vainqueur des combats de Flandre et d’Angleterre Porte, pour égorger ses ennemis & terre,
ACTER DEUXIAMRE. 4 ; ap nal
eux ‘rasoirs attaches par Vhomme i ingénieux, . main soir Chantecler sera mort, et sans yeux!
LE Np LE CHAT- -HUANT, enthousiaste.
Nous i irons regarder son cadavre!
MS) LEERY GRAND- ‘Duc, -dress¢, formidable.
y Et sa créte, 4 Qui Sainkinit sur son front de l’aurore concrete, ~ Nous la prendrons, j joyeux d’avoir atteint le but, ; e Et nous la mangerons! ss pease a
TOUS, avec un hurlement qui se termine en leur ricanement dandinant
et féroce.
ae iii Man-ge-rons! — Ha! ha!
hg, LE GRAND-DUG, ouvrant ses ailes.
: | SN Chut!
Immobilité,
LE SCOPS
LE MERLE, sautillant, C'est déja coquet!
i: re LE SCcOPS Quoi?
SS LE MERLEw Ce que tu proposes.
~ Mon Dieu! si je prenais au tragique les choses, Jirais tout dire au Coq... Mais je n’en ferai rien, Il conclut en quatre petits sauts :
Be Car je sais — que, tout ¢a, — ¢a finira — trés bien. / LE SCOPS, ironiquement.
Trés bien!
' IL reprend, de plus en plus excité :
‘Puis, si les cogs de races singuliéres - Nont pas réintégré demain soir leurs voliéres, Nous mangerons tout ¢a, qui de plus rien ne sert!
LE GRAND-DUG, a Voreille de son voisin. Et puis, nous mangerons le Merle pour dessert!
sae itil? ‘ mee a? % LE. S608, shen “3
cular es 5. 84a oe ae os 1 aos avec une frénésie. croissante = Paine wat Et puis... teas Sey a z ON ENTEND AU LOIN. a : ae.
Cocorico ! =
Brusque silence. Le Scops s’arréte et se courbe, comme i haces Tous us. les Hiboux- gonflés semblent soudain maigrir. at ,
el we
TOUS >8 Sg ajene? entre eux en clignotant. S22 i.
; oe
Mees, yee a Qooity Gu estceh am ; . 4
Sen Et, tout de mi ils ouvrent leurs ailes et-se mettent & appeler penn ur a
fuir. an AS y Grand-Duc! — Moyen! — Petit! oe ee LE MERLE, sautillant de l'un a Fautre.
Vous partez? Rien ne
VOIX ON NOCTURNE <i on a
Hibou!..
LE MERLE. | i . L aurore est loin, vous avez tout le temps! z LE CHAT-HUANT.
Non! dés qu'il a chanté nos ‘yeux sont clignotants! UNE CHOUETTE.
Surnia, venez-vous? .
UNE AUTRE, appelant. Se Nyctale !
UNE AUTRE, qui la rejoint en voletant.
Oui, mon amie..
Tous titubent, s’empétrent dans leurs ailes.
z LE MERLE, stupéfait.
‘s Us trébuchent!
LES NOCTURNES, clignotant des yeux, avec de petits soubresauts a t de douleur.
Je souffre!... Ayl... ay!..o°
LE MERLE
ie
C'est Vophtalmi
Les Hiboux s’envolent un a un.
“Aern peuxrban. |
| GRAND-DUG, , resté “le ee et tournant sur -Iui-méme, ayes 2) un cri de -douleur et de rage. .
Mais comment as done, ce Coq pernicieux, - Pour avoir une voix qui vous fait aux yeux?
pil s’envole lourdement.
‘VOIX DE NOCTURNES, she ea loin.
‘Strix! .
Le MERLE, Jes suivant des yeux dans les yentanes puis ie iy 9: sur le gouffre bleu de la vallée. ies . P
. Iss ‘appellent!
. oe sta VOIX AU LOIN.
‘Ss sos aus Seops| ta LE MERLE é penché sur le vallon, ou isi ailes noires passent et einen He Leur vol tourne, — ~ frissonne,
E Plonge. e
oe oh VOIX qui appellent et meurent au loin. ; : oe
e Chouette du Mur!... de l’If!... dul... a = LE MERLE. hi * p : :
Plus personne ! Fe 9 Pee Wh regarde autour de lui, ‘satille, et bouffonnant immédiatement : ahs x Alm : i Mais c’est l'heure ot l’on soupe... A nous le grillon: froid) a A ce moment, la Faisane sort d’un bond des broussailles et tombe ar is ‘ devant lui. : ; ~~ Vous!... nace