‹ CHANTECLER (volume 2)Chapitre 36 sur 76 · ACTE |" DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE |" DEUXIEME

ao !

” an rarsane,

Cc est lache!

LA FAISANE.— = * © Ob! non,..ca; aa ‘est pas tres che!

LA FAISANE, se nee doncement de lui.

Ce qui le serait.

CH ANTEC ECLER, la FR venir ayee effroi.

a Qu’est-ce qui le serait?

LA FAISANE

Ce serait de me dire un peu votre secret.

CHANTECLER, frémissant. ; ty ‘Le secret de mon chant? = ae. r j a LA FAISANE.

4 aes ee Outl 4 : fay CHANTECLER.

q Faisane dorée!

Mon secret? Ri ei LA FAISANE, caline.

% ~— Quelquefois, quand je suis 4 l’orée

| Du bois, je vous entends dans Ies premiers rayons.

CHANTECLER, Matté.

Ah?... mon chant est venu jusqu’a vos oreillons? LA FAISANE.

Oil.

CHANTECLER, s’écartant violemment. Mon secret! Jamais!

ia LA FAISANE.

Vous n’étes pas affable. Z

af CHAN TECLER. |

Non! es je are

i yah GAP ASSA NES récitant avee langueur.

Ee Coq et la Faisane : Ca PPE yk yi. ‘ CHANTECLER, A mi-voix. — as ds Sl ae Un Coq aimait une ‘Haisanes<c\ gh geac anton ; LAP AESA RES eae a Oe Sie oe iene. voulait | B37

(a. OA NEROEER eee aa

Moralité... ; 1 LA FAISANE. es

C’était trés laid!

CHANTECLER, tout contre elle. +) eae

- Moralité : ta robe a des frissons de soie! é : LA FAISANE. sony Moralité : je ne veux pas qu'on me tutoie! :

Se dégageant.

Va retrouver ta poule a l’humble caraco!

CHANTECLER, piétinant. — Ah! je suis furieux!

Mais non! Faites : Cé!... val Ils sont bee A bee, CHANTECLER, avec fureur, ; LA FAISANE, Qh! non! mieux que ca! + e CHANTECLER, dans un long roucoulement tendre. Cé...:

LA FAISANE. | Regardez-moi sans rire!

Votre secret...

i Quoi?...

as LA FAISANE.

9 Vous brilez de me le dire |

oh ee DEUXIEME,

; ae CHANTECLER. Shay e , sens que Je vais le dire, et que jal i tort! parce qu’elle a sur la téte de Yor! pats.

pag marche brusquement sur elle. sto

stu digne, au moins, oi avoir été choisie?

- LA FAISANE

4 re eedesnbh Faisane, et, sil se peut, Riche: de découvrir toi-méme, péu A peu, °

Cette vocation dont ma forme est le signe.

Reconnais tout d’abord mon destin 4 ma ligne,

Et que, ccambré comme une trompe, m inert

Comme une esptce de cor de chasse vivant, '

Je suis fait pour qu’en moi Je son tourne et se creuse

- Autant que pour nager fut faite la macreuse! ~

" Attends!... Constate encor qu impatient et fier

Et grattant le gazon de mes grifles, j'ai lair - ; De chercher dans le sol, tout le tenips, quelque chose...

nv! : LA FAISANE. faa Eh bien! mais vous cherchez des graines, je supper] ‘ie CHANTECLER.

Non! ce nest pas cela que jamais j’ai cherché. Jen trouve, quelquefois, par-dessus le marche, ' Mais, dédaigneusement, je les donne 4 mes poules! LA FAISANE.

- Alors, griffant toujours la terre que tu foules, Que cherches-tu?

1g , CHANTECLER.

7 L’endroit ot je vais me planter.

Car toujours je me plante au moment de chanter. ‘Observe-le!

LA FAISANE

C'est juste, et puis tu t’¢bouriffes.

: -CHANTECLER. Bean

- Je ne chante jamais que lorsque mes huit griffes

Ont trouvé, sarclant l’herbe et chassant les cailloux, La place ol je :parviens jusqu’au tuf noir et doux!

Alors, mis en contact avec la bonne terre, wi ek

Je chante!... et c'est déja la moitié du mystére,

Faisane, la moitié du secret de mon chant... = 7

La tare.

ee ~ Qui n’est pas de ces chants qu’on chante en les cherchant - Mais qu’on recoit du sol natal, comme une stve! ‘Et VVheure ot cette» séve, en moi, surtout, séléve, ae -—-‘T’heure of j’ai du génie, énfin, ob j’en suis sur, i Gest l'heure of l’aube hésite au bord du ciel obscur. ig Alors, plein d'un frisson de feuilles et de liges ta Qui se prolonge jusqu’au bout de mes rémiges, i:

Je me sens nécessaire, et }’accentue encor Rs

‘Ma cambrure de trompe et ma courbe de cor; io a La Terre parle en moi comme dans une conque; a Par. Et je deviens, cessant d’étre un oiseau quelconque,

Le porte-voix en quelque sorte officiel Par quoi le cri du sol s’échappe vers le ciel!

4 LA FAISANE

j ' CHANTECLER.

Et ce cri qui monte de la Terre, Ce cri, c’est Gm tel cri d'amour pour la lumieére, C’est un si furieux et grondant cri d'amour Pour cette chose d’or qui s'appelle le Jour, Et que tout veut ravoir : le pin sur ses écorces, Les sentiers soulevés par des racines torses Sur leurs mousses, l’avoine en ses brins délicats

pr Et les moindres cailloux dans leurs moindres micas: | C’est tellement le cri de tout ce qui regrette

Sa couleur, son reflet, sa flamme, son aigrette Ou sa perle; le cri suppliant par lequel Le pré mouillé demande un petit arc-en-ciel A chaque pointe verte, et la forét mendie Au bout de chaque allée obscure un incendie;

AGTE }DEUXIEME, :

ae a cri, qui vers Vazur monte en me trayersant, est tellement le cri de tout ce qui se sent

Comme mis en disgrace au fond d’un vague abime - Et puni de soleil sans savoir pour quel crime;

Le cri de froid, le cri de peur, le. cri d’ennui De tout ce que désarme ou désceuvre la Nuit; De la rose tremblant, dans le noir, toute aeiles

Du foin qui veut sécher pour aller dans la ene’ Des outils oubliés dehors par les faucheurs ‘Et qui vont se rouiller dans l’herbe; des blancheurs Qui sont lasses de ne pas étre éblouissantes;

C’est tellement le cri des Bétes innocentes

Qui n’ont pas a cacher les choses qu’elles font,

Et du ruisseau qui veut étre vu jusqu’au fond;

Et méme — car ton ceuvre, 6 Nuit! te désavoue — ‘De la flaque qui veut miroiter, de la boue

Qui veut redevenir de la terre en séchant;

“Crest tellement Je cri magnifique du champ

Qui veut sentir pousser son orge ou ses épeautres ;

De Farbre ayant des fleurs qui veut en avoir d'autres;

Du raisin vert qui veut avoir un célé brun; Du pont tremblant qui veut sentir passer quelqu’un Et remuer encor doucement sur ses planches

Les ombres des oiseaux dans les ombres des branches;

De tout ce qui voudrait chanter, quitter le deuil, Revivre, resservir, étre une berge, un scuil,

Un banc tiéde, une pierre heureuse d’étre chaude Pour Ja main qui s’ appule ou la fourmi qui rdde; bulin, cest tellement Je cri vers la clarté

De toute la Beauté, de toute la Santé,

Et de tout ce qui veut, au soleil, dans la joie, Faire son ceuvre en la voyant, pour qu’on la voie; Et, lorsque monte en moi ce vaste appel au jour, J’agrandis tellement toute mon ame pour

Du’ étant plus spac ieuse elle soit plus sonore

Et que le large cri s'y élargisse encore;

Avant de le jeter, c’est si picusement

Que je retiens ce cri dans mon ame, un moment;

i Of ae " Phis, quand, Seer Yen Neer ame je la‘e Je suis si convaincu que j ‘accomplis un pa 3 a ai tellement la foi que mon cocorico Fera -crouler la~ uit comme une Jé richo... i

LA FAISANE, apouvantée.

Chaatacter | . ote ea CHANTECEER. Tn ia, Et sonnant d’avance sa yictoire, Sas ~Mon chant jaillit si net, si fier, si iieeatee ite Que l’horizon, saisi d’ un rose tremblement, ee M obeit! ; the = LA~ FAISANE.

. GHANTECLER. a Je chante! Vainement >

ae La Nuit, pour transiger, m/offre le crépuscule; - Je chante! Et tout a coup... 5, as eS 1 et LA FAISANE. yrs cae es Chantecler!

¢ " GHANTECLER.

ae Je recule, ae Ebloui de me voir moi-méme tout vermeil,

ts Et d’avoir, moi, le coq, fait lever le soleil!

rf LA FAISANE.

i Alors, tout le secret de ton chant?...

vy C'est que jose F Avoir peur que sans moi l’Orient se repose !

s Je ne fais pas : « Cocorico! » pour que I’écho

4 Répete un peu moins fort, au loin : « Cocorico! » Je pense a la lumiére et non pas a la gloire. Chanter, c’est ma fagon de me battre et de croire; Et si det tous les chants mon chant est le plus fier, C’est que je chante clair afin qu il fasse clair!

me Heats CS cs a. ia} FAISANE. eo mk’ id ye phe a ; 3 Mais il tient ae propos qui sont. fous! — Tu fais nattre?..

a ee. emia See Ame eT mello 3 7, tae x ui rouvre ja fleur, Vil, lame et la fenétre! go Parfaitement! Ma voix dispense Ja clarté. vy Reg PE tquand le ciel est gris, c’est que jai mal chante! es

% LA YFAISANE Ss. ie M iis lorsque vous chantez en plein jour? tke A ea i CHANTECLER.

: Je m’exerce.

Ou es je jure ; au soc, A la béche, & la herse, = el la faulx, de remplir mon devoir d’éveiller. | wNg

me PAISANE, :

z Mais qui Pavel, toi? — St ys

a La peur de Voublier | me meee rs LA FAISANE. ‘

Et -crois-tu qu’a ta voix le monde entier s'inonde?... ca x % CHANTECLER, simplement. aire

Je ne sais pas trés bien ce que c’est que le monde : 2 i Mais je chante pour mon vallon, en souhaitant a

~ Que dans chaque vallon un cog en fasse autant. ‘2 3 : LA FAISANE, > ae F Pourtant.. ark 2 es

CHANTECLER, remonfant. ‘ Dit " “Mais je suis la, j’explique, je perore, Et j je ne pense plus a faire mon aurore!

LA FAISANE

~ Son aurore?

Ah! je tiens des propos. qui sont fous?

es vais faire lever l’Aurore devant vous!

Et je sens qu’aux moyens dont mon Ame dispose zl Le désir de vous plaire ajoutant quelque chose a Qui me fera chanter comme sur des sommets, Elle va se lever plus belle que jamais!

J ze

; Plas belle? | fakin Wh i <a

ve i.

CHAT: ‘TECLER.

LA FAISANE

CUANTECLER. | erste y Assurément! et de tout ce qu ‘ajoute De force 3 4 le chanson de savoir qu’on |’écoute, D’allégresse 4 l’exploit d’étre fait sous des yeux! Et se plantant sur le tertre qui domine la vallée, au fond : ae: Madamel... a: Ere LA 3AISANE, le regardant se découper sur le ciel. Qu’il est beau!

. Regardez bien les cicux!

Ils ont aéja pali? C’est que j'ai, tout a l’heure, Mis, par mon premier chant, le soleil en demeure D’ayoir a se tenir derriére l’horizon!

LA FAISANE

Il est tellement beau qu'il semble avoir raison!

CHANTECLER, parlant yers Vhorizon.

Ah! Soleil! je te sens 1a derriére, qui bouges! — Je ris déji d’orgueil dans mes barbillons rouges! Kt, dressé sur ses ergots, tout & coup, d’une voix éclatante ; : Cocorico! ae i LA FAISANE.

Quel souffle a gonflé son camail?

CHANTECLER, vers |’Orient.

Obéismoi! Je suis la Terre et le Travail!

Ma créte a le dessin couché d'un feu de forge, Et je sens le sillon qui me monte a la gorge! Il chuchote mystérieusement.

Oui, oui, Mois de Juillet...

A qui donc parle-t-il?

..Je vais le le donner plus tot quau Mois d’Avril!

AGTE D DEUXIEME.

Es LA FAISANE.

Il est superbe |

ai

CHANTECLER, * la Faisane.

a ft : Il caresse le sol de son aile.’ ry my

Li Oui, l’Herbe!

A la Faisane.

A tous ces humbles voeux dont je deviens la voix!

Parlant encore a des étres invisibles. : : : r oe : pole dor?... Oui... pour danser tous A la fois... q LA FAISANE.

A qui prometter-vous une échelle? ; b¥. . Aux Atomes! ‘We P — Cocorico! F i ; LA FAISANE, qui guette le ciel et le paysage. . 4

- Un frisson bleu court sur les chaumes. non Une étoile s éteint.

Non! elle se voila! *, ~Méme quand il fait jour les étciles sont 1a. ’ LA FAISANE.

Tu ne les éteins pas?

m “CHANTECLER, fiérement.

Je ne sais pas éteindre!

-— Mais tu vas voir comment j’allume!

LA FAISANE

Oh! je vois poindre...

* ia

SR. be

‘ A” Pa ae ae aren

es “ onawenci Sasha €

La 7 oe see ge Bowes gael

as ak metres yn heen

Te blew wrest Vk bleu! a “S -

- ; roi CHANTECLER. a ee saur CRS wie Hee: “Mais il est ver t AREY Wee ste aN FAISANE, enn se

Le vert s'est orangé!

. ' te mt st »

Be Sy THe SiR. CHANTECLER. | 12 ees . Ce vert qui s ‘orangea, 2 ¥} =e C’ est toi qui ce matin l'auras vu la ise aa ar Sex La plaine, au Jon: se veloute de pourpre. — =a

LA- FAISANE

Tout : a l’air de finir Per des champs de braydre!

CHANTECLER, ‘dont le cri commence a se fatiguer. Cocor.. f . Ss Se LA FAISANE.

~ Oh! dans les pins, du Hee . Li

CHANTECLER. N II faut de l’or : LA FAISANE, , x Du gris!

Il faut du blanc! Ga n’ y est pas encor!

— Cocorico! — C’est trés mauvais! mais je m Yobstine |

Chaque trou dans chaque arbre a l’air d’une églantine |

cH x NTECLER, avec un enthousiasme croissant.

43 Je veux, puisqu’A ma foi vient s’ajouter l'amour, Que le jour, aujourd’ hui, soit plus beau que le jour! | Tiens! yois-tu qu’A ma voix l’Orient se pommelle?

LA FAISANE, entrainée par la folie du Coq.

C’est possible, aprés tout, puisque l'amour s’en méle! —

r ee Oy. .

ae june voix de commandement. ¥

1ez, A mes cocoricos, — petits peupliers v verticaux!

ne ra FAISANE, penchée sur la ville: Seats oe it sortir de lombre un monde que tu erées |

‘ Tees:

MHARTEULER (22.0 6,

a iaie assister a des choses sacrées.

tollines des lointains, ] précisez vos contours! — Paisane, fee atinee oust m4 boar LA FAISANE.. ab Nous aimerons toujours Bie dans Je ee, des Eveilleurs d’Aurore | Tur me fais mieux chanter. Viens plus pres. Collabore.

, ie 3 ' LA FAISANE, bondissant prés de lui.

Je aime! :

ae “Oui! tous les mots que tu me dis tout bas - Deviennent aussitot plus de soleil la-bas!

LA FAISANE,

CHANTECLER. - ; “ ¥ Et si tu dis seulement : « Je t’adore! »

- Se yais dorer d un coup la montagne!

s 4 Je t uel :

LA FAISANE, hors d’elle.

Eh bien... dore!

GHANTECLE R; lancant son cri le plus éclatant. Emecorite |

La montagne s'est dorée.

LA FAISANE, montrant les collines qui restent violettes Mais les coteaux?

eet - Chacun son tour!

Ce est aux cimes d’abord de recevoit le.jour!

sai SL ee ee a eS ¥ P vat

4 ; oe. "2 ‘ a - CHANTECLER. |

ie icy ‘ ¢ —Cocoricol Ya ; CET. LA FAISANE. ~ tae Ah! sur une pente engourdie ; . : ai) a, Glisse un premier rayon... — zi ae

CHANTECLER, joyeusement. pi Tiens! je te le dédiel a LA FAISANE..

Les villages lointains commencent a se voir! rig CHANTECLER.

Coc... NY eo

Sa voix se brise. + , i ; -LA FAISANE.~ sia Vous n’en pouvez plus! Pe CHANTECLER, se raidissant. eS Si! je veux en pouvoir!

1] lance éperdument : ; .

Cocorico! Cocorico! ; : LA FAISANE. — .

Mais tu t’épuises!

i CHANTECLER. .

By, Vous voyez bien qu'il flotte encor des choses grises... ‘ae — Cocorico!.

Pr: LA FAISANE.

F.: | Tu vas te tuer! ; . CHANTECLER.

i . ; Je ne vis

Que lorsque je me tue 4 pousser de grands cris!

LA FAISANE, serrée contre lui.

kgs } Je suis fidre de toi!

CHANTECLER, ému.

Votre téte s’incline? -

i‘. LA FAISANE.

J’écoute se lever le jour dans ta poitrine!

-J’aime avoir entendu d’abord dans tes poumons <3 : ‘Ge qui sera plus. tard des pourpres sur les monts|!

PeLOre DEUXIEME.

af WA NTECLER ; tandis que les petites maisons lointaines commencent a fumer dans Vaurore, ;

Pere. offre is Shin ae mol j ‘offre deg Pattee

2 LA FATISANE, regardant la plaine. a Je vois grandir ton cuvre au loin! ae ae ae CHANTECLER, la regardant. a ;

eee a Moi, dans tes yeux!

ae LA FAISANE.

Sur les prés!

a CHANTECLER.

a Sur ton col!

on ms Et, tout d’un coup, d’une voix étouffée : \ 4 ¥ . Ah! c’est délicieux |.

- LA FAISANE

Quoi?

Je fais mon devoir en te rendant plus belle : Je redore & la fois mon vallon et ton aile!

Mais s’arrachant a la tendtesse, il se précipite vers la droite. wo Mais l’ombre, en s enfuyant, livre encor des combats : ‘Tl reste quelque chose a faire par 1a-bas!

Cocorico!

LA FAISANE, regardant le ciel.

Oh! la...

CHANTECLER regarde aussi, et avec mélancolie : Que veux-tu que j’y fasse?

L’étoile du matin s’efface! Va

‘LA FAISANE, avec le regret de la petite clarté que Ja Lumiére est obligée d’effacer.

Elle s’efface!...° eae GHANTECLER. :

Ah! mais... nous n’allons pas nous attrister ainsi? :

Et s’arrachant a la mélancolie, il se précipite vers la gauche.

I] reste. quelque chore a faire par ici!

Tena les Se mainte wees Ea UFAISANE.

so en pe CHANTECLER. sa Ce sont les autres ee Me ae ew, oe FAISANE, pales sort me bane

ara Pe Sexes chantent dans in rose. }

& CHANTECLER. ee

att bite croient A la clarté dés qu’ils peuvent Fry: voir. ha ae LA FAISANE.~ < es ae Us Ghantent dans du bleu... Ee can ; CHANTEGLER. i

J'ai chanté dans dn. noir. | — Ma. chanson s’éleva dans lombre, et la nati as C’est la nuit qu'il est beau de croire a la lumiére! LA FAISANE, cate ’ Chanter en méme temps que toi!... | .

Ni CHANTECLER, — :

Ca ne fait rien.

Leurs chants prennent du sens en se mélant au mien; Et ces coeoricos tardifs, mais qui font nombre, — Hatent, sans le savoir, la retraite de l’ombre. :

Droit sur le tertre, il crie aux cogs lointains : Oui, tous!...

CHANTECLER’ et TOUS LES COQS A LA FOIS.

Cocorico !:

Puis: . ~~

CHANTECLER , seul, avec une cordialité familiére. a Hardi, le jour!

ae LA FAISANE, trépignant & cédté de lui.

Hardi!

CHANTECLER, jetant des encouragements A la Lumiére.

Mais oui, c’est ce toit-la qu'il faut dorer, pardil Allons, voyons! du vert sur cette chéneviére!

AF AIS AI NG ta: traneporibe,-

bee +

st

ba tS Du bleu sur la riviére!

LA > FAISANE, cans un grand cri.

soleil! Le soleil! nd Ei. ts

| - Il est-la! je le vois! ,

Pitas il faut Peaches ‘de derriére ce bois! | aeeead

a Et tous les deux, reculant emioronies ont Vair de tirer A euxet d’arra- Teta cher., Chantecler, allongeant son chant comme pour haler le soleil :

Co... me .

3 4 LA FAISAND, orient sur le chant du Coq. : Bi vient! . | Serer ee cfc 7 walt) CHANTECEER. ‘ q wie Pes LA FAISANE.

a ee VON gS 4 CHANTECLER.

3 es , Peep ss ys . ; < 2 LA PAISANE.

q : oy vat ab sorte:

ack CHANTECLER.

: | COREA: FAISANE. :

: ..de lorme!

CHANTECLER, dans un Hoantae cri sec et t désespére -- Cocorico ! ‘ Ils chancellent tous deux, inondés brusquement de lumiére. Peak | Enfin! c’est fait! . - “i

Il dit avec satisfaction :

Il est énorme!

Et vient tomber épuisé contre un talus. iS LA’ FAISANE, courant a Jui, tandis que tout achéve de s’illuminer. Un chant pour saluer Je beau soleil levant! 4 CHANTECLER, tout bas.

Non! je n’ai plus de voix. Je I’ai donnée avant.

Et comme tous les cogs chantent aos la plaine, il ajoute doue Ca ne fait rien. Il a les fanfares des autres.

‘ LA FAISANE, surprise. eT : i:

Comment! quand il parait il n’entend pas les votres? a

CHANTECLER. Piva . Non, jamais. : ie a LA FAISANE, se réyoltant.

| Mais alors, il croit ie bien

Que c’est eux qui VYont fait lever?.. a

ih “S CHANTEGLER.,\: ; :

mt: ; Ca ne fait rien!

; LA FAISANE. my aes 2 aan

Mais... / ve ty hate

aren ANTECLER.

Chat! Viens sur mon coeur, que je te remercie. om

L’aurore n’a jamais été plus réussie.

‘ LA FAISANE

Mais par quoi serez-vous payé de yotre mal?

a CHANTECLER.

By, Par les bruits de réveil qui montent de ce val! i ¥ i En effet, les rumeurs de la vie commencent & monter. ie Dis-les-moi. Je n'ai plus Ja force de les suivre.

LA FAISANE, qui court se pencher au bord du promontoire, et écoule. J’entends un doigt qui frappe au bord du ciel de cuivre...

BIN ; CHANTECLER, les yous fermés.

“4 e ~ L’Angélus. .

we D’autres coups qui semblent étre un Eee

‘Se Un Angélus de l'homme aprés celui de Dieu.. d , k CHANTECLER.

La forge.

LA’ FAISANE

Un meuglement, puis un chant...

ye = Pee

La charrue.

vA > ee

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