ON ENTEND UN CRI D 'ADMIRATION
Ah!
CHANTECLER, à la Faisane.
L'Oie!
LE PAON
...Sur quoi j'offre au rayon qui rosit le roseau Tous ces joyeux joyaux !
Ah ! quel oiseux oiseau !
Le Paon a ouvert son éventail.
UN COQ, au Paon.
Maître, lequel de nous mettrez- vous à la mode?
l68 CHANTECLER.
UN PADOUE, s'avançanl en bJte.
Moi 1 — J'ai l'air d'un palmier!
UN CHINOIS, repoussant le Padoue.
Et moi, d'une pagode 1
UN ÉNORME PATTU, repoussant le Chinois.
Moi ! — Je porte un chou-fleur à mon calcanéum I
CUANTECLER.
Chacun est à la fois le Monstre et le Barnum!
TOUS, paradant et défilant sous les )'eux du Paon.
Voyez mon hecl — Voyez mes pieds! — Voyez mes plumes
GHANTECLER, leur criant tout d'un coup.
Ah I puisque vous ouvrez un tournoi de costumes. Le vent vous fait bénir par un Epouvantai! !
En effet, derrière eux, le vent a soulevé les bras de l'Épou vantail, qui, mollement, s'étendent au-dessus de cette mascarade
TOUS, reculant.
Hein?
GHANTECLER.
Et ce Mannequin parle à cet Eventail 1
Et, tandis que le vent passe, en leur prêtant une vie étrange, dan* les loques vides et trouées :
Que dit le pantalon en dansant une gigue P
Mais... « Je fus à la mode! » — Et, terreur du becfigue,
Que dit le vieux chapeau qu'un pauvre refusa?
Mais... « Je fus à la model » — Et Ihabit.^... « Je fus à
La mode! » — Et ses doux bras que nul ne raccommode
Veulent saisir le vent qu'ils prennent pour la mode...
Et retombent! — Le vent est loin!
LE PAON, aux animaux qui reslenl un peu effrayés.
Mais, pauvres fous!
L'Objet ne parle pas ! i
GHANTECLER.
L'Homme dit ça de nous !