‹ ChanteclerChapitre 116 sur 157 · CRIS PERÇANTS DE LA TOULE EN DÉLIRE · texte numérisé non relu

CRIS PERÇANTS DE LA TOULE EN DÉLIRE

Arrache ! — Kgorge ! — Assomme !

— Tue!

PATOU, dressé dans la brouette.

Avez-vous fini de pousser des cris d'honinic?

CRIS CADENCÉS, rvlhmant filrocenicnl les coups reçus par Cbanleclnr.

C'est à l'œil! — C'est au front! — C'est à l'aile! — C'est à...

Brusque silence.

CHANTECLER, surpris.

Tiens! le cercle se brise et le bruit s'arrèla.^...

11 regarde autour de lui. Le Pile, cessant de l'altaquor, a reculé contre la haie. Un mouvement cfran^'o se produit dans la foule. Clianlcder, épuisé, sanglant, trébuchant, ne comprenant pas ce qui se passe.

murmure :

Que préparent-ils donc contre mon agonie?...

Et tout d'un coup, ému.

— Ah! Patou, quel bonheur!

PATOU

Quoi?

Je les calomnie!

ACTIÎ TUOISILME. l85

Car tous, ccssanl de rire cl tic m'injuricr, Se rapprochent de moi, inainlenanl!

l'ATOU, vo v;iiil (jiic tous, en se rapprochant de Clianlecler, observent le ciel avec inijuii'lude, lève la lùle, regarde, et dit simplement :

L'Kpcrvier!

CIIANTECLEU.

Ah!

Une ombre passe avec Icnlcur sur la fouie bariolée, q\ii se serre et qui se baisse, en se rapprochant de plus en plus, insliuclivcment, de Clianlecler.

PATOU

On ne compte pas, quand sa grande ombre passe, Sur les Coqs étrangers pour chasser le Rapace!

CHANTECLER, soudain relevé, grandi, ses blessures oubliées, gagne le milieu, et de sa voix de commandement :

Oui! tous autour de moi!

Et tous, aussitôt, la léte rentrée dans les ailes, viennent précipitamment s'écraser autour de lui.

LA FAISANE

Cher être brave et doux!

L'ombre passe une seconde fois. Le Coq de Combat lui-même se fait petit. 11 n'y a plus que Cbantecler debout au milieu d'un tas de plumes ébburifToes et tremblantes.

UNE POULE, suivant des yeux l'Épervier.

Deux fois déjà son ombre a mis du noir sur nous !

CHANTECLER, appelant les Poussins qui courent affolés.

Par ici, les Poussins!

LA FAISANE

Tu les prends sous ton aile?

Il faut bien... Leur maman est artificielle!

L'ombre de l'Epervier, qui décrit des cercles toujours plus bris, passe une troisième fois, plus noire.

l86 CIIANTECLEn.

LA FAISA>E, les \enx Iev6».

II plane!

TOUS, dans un géraissemonl ile terreur.

Oli!

CIIANTECLER, criant vers le ciel, d'une voix éclatante.

Je suis là !

PATOr.

Il cnlcntl ton clairon...

S'éloigne.

L'ondire a passé.

TOUS se redressent dans un cri joyeux de délivrance.

Ah!

Et vont en courant reprendre leur place, pour voir la fin du combat. P A T n U .

Et l'on voit se rcfornner le rond!

Cn,A.NTECLEI\, tressaillant.

Tu tlis?

Il re:;nrdc. C'est vrai, le cercle s'est inslantanément reformé Les coo* sont tendus, les jeux luisent.

LA FAISANE

Et maintenant, tous \eulont qu'on te tue, Pour se venger sur toi de la peur qu'ils ont eue!

CIIANTECLER.

On ne me tuera plus ! Je me suis rcdi-essé Quand l'Ennemi de tous dans le ciel a passé I

Il marche sur le Pile.

Et j'ai repris courage en tremblant pour les autres!

LE PILE BLANC, stupéfait d'être vigoureusement attaqué.

Mais ses forces, soudain?...

Valent trois fois les vôtres! Car m'excitant au noir comme au rouge un taureau, Jai vu trois fois la Nuit dans l'ombre d'un oiseau!

Le Pile Blanc, acculé contre la haie, se prépre à faire usage de ses couteaux.

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