‹ ChanteclerChapitre 18 sur 157 · L X E AUTRE POULE · texte numérisé non relu

L X E AUTRE POULE

Il esl !out [)rcsl

LA POI'LE BLANCHE, au Pigeon.

Ohl tu vas voir, c'est un beau coql

LE MEULE, passant sa tête enlre les barreaux.

D'ailleurs, c'est 1res Facile à faire, un coql

LE DINDON, plein d'admiration.

Ce Merle est d'une force!

LE MERLE

Vous prenez un mc]o:i, de Houflciir, pour le torse. Pour les deux jambes, deux asperges, d'Argenleuil. Pour la tête, un piment, de Bayonne. Pour l'œil. Une groseille, de Bar-le-Duc. Pour la queue. Un poireau, de Rouen, tordant sa gerbe bleue. Pour l'oreille, ô Soissons! un petit haricot. Ça y est. C'est un coq!

LE PIGEON, doucement.

jMoins le cocorico !

LE MERLE, lui monirnnt Clianlecler qui paraît sur le mur.

Oui. Mais sauf ce détail tu vois que ça ressemble?

LE PIGEON

Pas du tout!

Et regardant Cliantccler d'un œil tout autre que celui du Merle :

Moi, je vois, sous un cimier qui tremble, Venir le Chevalier superbe de l'Eté, Qui pour se draper d'or semble avoir emprunté A quelque char du soir où la moisson vacille Sa cape, qu'il retrousse avec une faucille!

CHANTECLER, sur le mur, dans un long soupir guttural.

Cô...

aC CIIVNTECLER.

LE MERLE

Quand il fait ce bruit dans sa gorge, en marchant, C'est qu'il aime une poule ou qu'il médite un chant.

CUANTECLER, iinnaobile sur le iimr, la lêle Laule-

Flambe I... Illumine!...

LE MERLE

Il dit des mots sans suite!

ClIANTECLER.

Embrase

U>E POULE

Il s'anèlc, une pallc en l'air...

CUAKTECLER, avec une sorte de râle de tendresse.

Cô...

LE MERLE

C'est l'extase!

CnArNTECLER

Ton or est le seul or qui soit de bon conseil! — Je t'adore!

LE l'IGEO-N, à mi-voix.

A qui donc parle t-il?

LE MERLE, d'un ton gouailleur.

Au soleil !

CnA>"rECLER.

Toi qui sèches les pleurs des moindres graminées, Qui fais d'une fleur morte un vivant papillon, Lorsqu'on voit, s'efTeuillant comme des destinées,

Trembler au vent des Pyrénées

Les amandiers du Uoussillon,

Je t'adore, Soleil! 6 toi dont la lumière, Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel, Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,

Se divise et demeure entière

Ainsi que l'amour malcrnell

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