ACTE DEUX li: MR
Deux rasoirs allaclu's par l'homme iiigc'niotix, Demain soir Chantccler sera mort, el sans yeuxl
LE CnAT-nUANT, enthousiaste.
Nons irons regarder son cadavre I
LE GUANU-DUC, dresse, formidable.
El sa croie, Qui semblait sur son front de l'aurore concrète, Nous la prendrons, joyeux d'avoir atteint le but, Et nous la mangerons!
TOUS, avec un hurlement qui se termine en leur ricanement dandinant et féroce.
Man-ge-rons! — liai ha!
LE GRAND-DUC, ouvrant ses ailes.
Chut!
Immobilité.
LE SCOPS
Puis...
LE MERLE, sautillant.
C'est déjà coquet! jï^\Sl^^'^^^<f 0
LE SCOPS
Ouoi.'^
LE MERLE
Ce que tu pro^c«e's Mon Dieu ! si je prenais au tragique les choses. J'irais tout dire au Coq... Mais je n'en ferai rien.
Il conclut en quatre petits sauts :
— Car je sais — que, tout ça, — ça finira — très bien
LE SCOPS, ironiquement.
Très bien !
Il reprend, de plus en plus escité :
Puis, si les coqs de races singulières N'ont pas réintégré demain soir leurs volières. Nous mangerons tout ça, qui de plus rien ne sert!
LE GRAND-DUC, à l'oreille de son voisin.
Et puis, nous mangerons le Merle pour dessert!
gS CHANTECLER.
LE MERLE, qui n'a pas entencTiU
Que dilil?
LE SCO PS, vivement.
Rien!
Il reprcnil, avec une fivnésio croissante :
Et puis...
ON ENTEND AU LOIlt.
Cocorico I
Brusque silence. Le Scops s'arrête et so courbe, comme fauché. Tous les IIil)uux gonilos semblent soudain maigrir.
TOUS, se regardant entre eux en clignotant.
Quoi? Qu'esl-ce?
Et, tout de suite, ils ouvrent leurs ailes et se mettent à s'appeler pour fuir.
Grand-Duc! — Moyen! — Petit!
LE MEULi:, sautillant do l'un à l'autre.
Vous partez? Rien ne presse I
VOIX d'un nocturne en appelant un autre. Hibou 1...
LE MERLE
L'aurore est loin, vous avez tout le temps!
LE CIIAT-HUANT.
Non! dès qu'il a chanté nos yeux sont clignotants!
UNE CHOUETTE
Surnia, venez-vous?
UNE AUTRE, appelant.
Nyctale!
UNE AUTRE, qui la rejoint en voletant.
Oui, mon amie...
Tous titubent, s'empêtrent dans leurs ailes. LE MERLE, stupéfait.
Ils trébuchent I
LES NOCTURNES, clignotant des yeux, avec de petits soubresaut» de douleur.
Je soulTre!... Ay!... ay!...
C'est l'ophtalmie !
Les Hiboux s'envolent un à un.
I,r, en AND -DUC, rostô le dernier, et tournant sur liii-miJnie, avec nii cri lie doulour et do rago.
Mais comment fail-il donc, ce Coq pernicieux, pour avoir une voix qui vous l'ail mal aux yeux?
Il s'envole lourdement.
VOIX DE NOCTURNES, s'appelant au loin.
Strixl
LE MEni, E , les suivant des yeux dans le? brandies, puis sur le gouffre bleu de la vallée.
Ils s'appellent I
voix AU LOIN.
Scops I
LE MERLE, penché sur le vallon, où les ailes noires passent et diminuent.
Leur vol tourne, — frissonne.
Plonge...
VOIX qui appellent et meurent au loin.
Chouette du Mur!... de l'Ifl... dul...
LE MERLE
Plus personne!
Il regarde autour de lui, sautille, et bouffonnant immédiatement :
Mais c'est l'heure oii l'on soupe... A nous le grillon froid 1
iV ce moment, la Faisane sort d'un bond des broussailles et tombe devant lui.
Vous!...