‹ Chants canadiens à l'occasion du 24 juin 1880 [microforme]Chapitre 1 sur 14 · HN. DU · texte numérisé non relu

HN. DU

Puisqu'ils ont partagé nos suprêmes alarmes

Et, du nord au midi, fait resplendir nos armes,

Du soleil qui brillait aux champs de Carillon

Sur eux laissons tomber un immortel rayon |

Ainsi qu'aux grands vaincus de mil sept cent en Il faut que la Patrie enfin reconnaissante

Elève un mausolée à ces braves soldats

Qui traversaient vainqueurs deux siècles de combats! Qu'un granit imposant, sévère architecture,

Honore les héros tombés sans sépulture ;

Que la Patrie y grave un vers religieux :

A tous mes défenseurs obscurs maïs glorieux !

En attendant le jour de l’œuvre expiatoire, Poète, obscur comme eux, à leur chère mémoire J'élève avec orgueil cet humble monument

Et je vous l'offre, à morts, avec recueillement.

 l'Angleterre.

Sujets loyaux de la noble Angleterre, à Il est permis de songer aux aïeux.

Cent fois malheur au peuple qui peut taire

Les noms bénis de ses morts glorieux |

Le jeune enfant qu’on prive de sa mère

Garde toujours dans les plis de son cœur

Le souvenir de sa joie éphémère

Et le regret de son premier bonheur. je

Les traits aimés de cette mère absente *

Hantent ses nuits, illuminent ses jours;

Il croit gouter sa carcsse pressante ; p Jamais revue, il la revoit toujours !

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Ainsi pour nous! La Franco est notre mère Et nous l’aimons d’un amour filial,

Sans oublier, Ô superbe Angleterre, Qu'un grand serment lie un peuple loyal.

Et que te fait, d vaste métropole,

Qu'un petit peuple évoque avec orgueil, Se souvenant d’être enfant de la Gaule, Ses jours de gloire et ses heures de deuil ?

N'es-tu donc pas la nation puissante Dont les vaisseaux fatiguent mille mers, Dont les fils, loin de la patrie absente,

La font surgir au bout de l'univers !

Deux fois déjà dans les grands jours d’orage Pour toi nos bras ont lutté vaillamment, Deux fois déjà notre antique courage

Aux champs d'honneur scella notre serment.

Oui, cette ardeur autrefois déployée

Pour la patrie et pour la liberté,

Deux fois déjà nous l'avons employée

A te prouver notre fidélité.

Pour oublier Saint-Denis, Saint-Eustache, . Derniers exploits d’un noble peuple aigri, Rappelle toi que, trop faible à la tâche, Hampton fuyait devant Salaberry |

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Oh ! laisse-nous, orgueilleux de nos gloires, Nous souvenir de la France aujourd'hui, Nous rappeler nos anciennes victoires, L'époque sainte où son étoile à lui.

Oui, laisse nous, à genoux sur leur cendre, Sous ton drapeau, chanter avec émoi

Les preux d'hier qui savaient te défendre, Les vieux héros qui luttaient contre toi Et si nos cœurs se tournent vers la France, Oh ! ne crains rien | tu possèdes nos bras Vienne la lutte, et sans réminiscence,

Bons citoyens, nous deviendrons soldats |

Aux Acadiens.

Bienvenue aux onfants de la vicille Acadie !

Déjà leur tige reverdie

Etend avec orgueil ses rameaux florissants.

Aux champs témoins muets de leur lutte olympique Ces fils d’une race héroïque,

Fidèles au passé, vont toujours grandissants.

Notre mère est la France et vous êtes nos frères | Lorsque jadis les vents contraires

Déchiraient nos drapeaux troués par le canon

Vous avez comme nous sur mille champs de gloire Ecrit vaillamment votre histoire

Et pour la renommée inscrit plus d’un grand nom |

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Vous aimiez comme nous le feu de la bataille, Le fauve éclat de la mitraille, La clameur des clairons et le bruit du tambour. Jaloux de labourer la terre américaine, Aux vieux canons du Fort Duquesne Répondait aussitôt le canon de Louisbourg !

Avec nous vous avez succombé sous le nombre, Mais à travers la date sombre

Rayonnera toujours l'éclat de vos exploits.

Vous fûtes en ces jours de lutte et de souffrance Les dignes enfants de la France,

£t l'éternel honneur du noble sang gaulois.

De la proscription vous fûtes los victimes, Grands citoyens, soldats sublimes,

Pour cesser de vous craindre on vous a dispersés !

Vaincus et désarmés mais toujours indomptables, Vous étiez encor redoutables |

L'anglais tremblait devant les héros terrassés !

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Pour éteindre à jamais votre race héroïque Sur tous les points de l'Amérique Les vaisseaux d’Albion vous jetèrent meurtris. D Mais, spectacle inouï, l’on vous a vu renaitre | Et sous les yenx du nouveau maitre D'un peuple dispersé rassembler les débris |

Car le pur sang français vous l'avez dans vos veines ! Ce n’est pas pour des œuvres vaines | Qu’avec profusion jadis il a coulé ; … Ce n’est pas pour qu’un jour, nobles fils de Bellone, : Comme les Juifs à Babylone Se trainât malheureux tout un peuple exilé!

Aussi vous avez fui les îles mourtrières, Les rives inhospitalières,

Tombeaux qu’on vous creusait dans des pays lointains,

Pour revenir aux champs que possédaient vos pères, || Et fils courageux et prospères

Poursuivre dans la paix vos superbes destins.

Entonnez avec nous, dans la fête bénie, Les chants joyeux de la Patrie, Mèlons nos vieux drapeaux et donnons-nous la main. Plus tard, s’il faut lutter, répétant notre histoire, À ces jours rayonnants de gloire Donnons avec orgueil un brillant lendemain.

Bienvenue aux enfants de la vieille Acadie !

Voyez ! leur tige reverdie

Rolève avec effort ses rameaux florissants.

Des rivages du golfe aux bords de l'Atlantique Ces fils d’une race héroïque,

Fidèles au passé, vont toujours grandissants.

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