PA |: DEAR
Au camp des vainqueurs la cohorte Sur des monceaux de morts glissant Avec des cris do joie emporte
Un bois plein de boue et de sang.
On les acclame dans l’armée
Qui, par ses succès enflammée,' Comptant les morts avec mépris,
Ne juge pas de sa victoire
Par ceux qui tombent ploins de gloire Mais par les drapeaux qu’elle a pris !
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Sulut à toi, sainte relique,
| Débris sauvé par nos aïeux ; Aux quatre vents de l'Amérique Tu flottas digne et glorieux.
Du golfe mexicain au Pôle Fier de t'avoir à son épaule Lo vieux soldat t’aura porté, Sauvant dans la lutte suprême Ce dernier et fidèle emblème
. De victoire et do liberté !
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Vieux drapeau troué par les balles Que nos pères ont promené
Au bruit du cor et des cymbales Sur le continent étonné,
Tu me rappelles d’un autre âge La foi sublime et le courage
De sang fécondant nos sillons, Tu me rappelles la Patrie - Tantôt debout, tantôt meurtrie Sous le feu des lourds bataillons.
Aux brises de la renommée
Tu t'agitas avec orgueil, Dirigeant la petite armée, T'inclinant sur chaque cercueil.
Témoin des luttes colossales, Les déchirures de cent balles
Nous nomment tes combats divers ;
Aux générations futures Montre avec orgueil tes blessures Sans leur dérober tes revers |
Dans tes plis on croiroit entendre Du passé mille bruits confus, Cris du vaincu qui va se rendre, Canons roulant sur leurs affuts.
De Montcalm la voix solennelle Planant dans la lutte immortelle, T'a fait frémir, noble haillon,
Et sur ta hampe déchirée S'attache, Ô l'empreinte sacrée | La poussière de Carillon |
De ta pure gloire jalouse
Dans ce siècle trop amolli, Lorsque sonna mil huit cent douze, Vieille loque, as-tu tressailli ?
As-tu frémi quand dans la plaine Du bruit des canons toute pleine Un bras, de vaincre fatigué, Traçait au templo de Bellone
Près de Carillon qui rayonne
Le nom brillant de Châteauguay !
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Plus tard, à débris séculaire,
Plouras-tu le peuple mourant
Quand les flots du sang populaire Teignaient les eaux du Saint-Laurent ?
Lorsque seuls contre l’Angleterre
À défendre ce coin de terre
Où sont tous nos foyers bénis,
Des braves, périlleuse tâche !
Voulaient refaire à Saint-Eustache
La victoire de Saint-Denis |
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Avec respect on te conserve,
Drapeau pour qui sont morts les vieux ; Le ciel sans doute te réserve
Des combats aussi glorieux.
On te conserve. Un jour peut-être
Tous heureux de te reconnaitre,
Citoyens devenus soldats,
Comme au temps des combats sans trèves, Nous deviendrons dignes élèves
Des anciens preux que tu guidas.
S'il faut que ce jour sombre arrive, S'il faut, luttant comme jadis, Entendre encor sur notre rive
La clameur des combats maudits, S1 le Seigneur exige encore
D'un peuple à peine à son aurore Des hécatombes ct du sang, Ouvrant au vent tes plis étranges, Dirige nos saintes phalanges Devant l’ennemi pâlissant !
Secouant ton repos sublime
Et laissant ton réduit obscur, Comme aux jours de l’ancien régime:
Ju flotteras au ciel d'azur
Et près du drapcau d'Angleterre
Tu montreras ce que peut faire
Un vieil étendard tout brisé
Lorsque dans ses plis la Victoire, Remuant un passé de gloire,
1e jette au peuple électrisé :
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En attendant, sublime loque Devant qui s'incline mon front, Que rayonne l’heureuse époque Où les vieux nous reconnaitront, Orne notre fète publique,
Que notre vieille basilique
Te garde la placo d'honneur Pour que les cendres dispersées Des héros des luttes passées Tressaillent d’aise et de bonheur !
Sois la bannière pacifiquo D'un petit peuple respecté,
Et pour les Français d'Amérique Le drapeau de la liberté.
Laisse le peuple qui travaille
Aux champs que jadis la mitraille Laboura d’obus meurtriers,
À son passé toujours sensible, Préférer son œuvre paisible Aux rudes palmes des guerriers.
Ode à Salaberry.,
Jaloux des ex; loits de son père Chaque enfaut du Haut Canada Dresse un monument militaire
Sur le tombeau du vieux soldat.
BENJAMIN SuLTsE, à l'auteur.
Au lieu de ces concerts magiques Que nous entendons de nos jours, Nos pères, combattants épiques, Aiïmaient le bruit des fiers tambours.
Braves, au sein de la bataille Le jeu sanglant de la mitraille N'était pour eux qu’ux jou d'enfants ; Français de la Nouvelle-France, Ils la gardaient par leur vaillance Et la parcouraient triomphants.
De notre existence facile Ils n'ont pas connu les douceurs ; Ils ont eu la lutte virile,
Les dangers, les rudes labeurs.
Grâce à leur immortel courage, Ils ont fondé sur ce rivage
Un peuple heureux qui les bénit Et grave la noble mémoire
De leurs exploits et de leur gloire:
Dans son cœur et sur le granit.
Pourtant les monuments sont rares.
Qui redisent à lours neveux
Que de leur sang jamais avares.
Ils en fécondèrent ces lieux,
Et que défiant l'Angleterre
Qui transportait sur cette terre:
Sa haine accrue avec les ans,
Ils ont lutté, soldats étranges, Contre les superbes phalanges
De guerriers toujours renaissants.
Conservons leur chère mémoire— —Un peuple oublieux est puni— Mais écrivons aussi l’histoire
Sur le marbre et sur le granit, Pour que la foule recueillie,
La foule qui trop vite oublio, Ayant vu le marbre pieux, Retourne aux foyers domestiques Pleine des rumeurs héroïquos
De ce passé si glorieux |
Malgré qu'il travaille sans trève, Il se souvient, l’anglo-saxon.
Pendant qu’un monument s'élève A la mémoire de Nelson,
Nous dont le passé plein de gloire Illumine de notre histoire
Chaque feuillet marqué de sang, Nous n'avons dans la grande ville Rien qui rappelle d’Iberville,
Ce fier coureur de l’océan.
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Chassons la funeste apathie Dont auraient rougi nos aïeux ;
Par une chaude sympathie
Au moins montrons nous dignes d’eux ; Qu'un fier ciseau patriotique Bientôt sur la place publique
Grave les traits de nos anciens
Et qu'au soin de la Métropole Maisonneuve un jour se console
De dominer parmi les siens.
Que le découvreur intrépide, Quo Cartier le hardi marin Couvre Québec de son égide Du haut de son trône d’airain.
Que près de Montcalm on élève Un monument à son élève,
A l’heureux vainqueur des anglais, Que Lévis ait son mausoléo Pour que la cendre consolée
Du grand vaincu repose en paix:
Tres
PR. Den
Mais parmi ces fils de la gloire Au bras de fer, à l’œil ardent Oh ! ssluons dans notre histoire Leur plus illustre"descendant.
Il a clos l’époque des luttes, L'ère des sanglantes disputes Par un hardi coup de canon,
Et sa vaillante et fine épée
Près des noms de notre épopéo Du même coup grava son nom !
Salaberry ! ce nom se pose
En traits brillants, en lettres d’or, Par une digne apothéose
Réveillons le héros qui dort.
Que le marbre le représente
Debout dans la lutte sanglante Taillant l'ennemi foudroyé
Et, glorieuse sentinelle,
Gardant ia terre patornolle,
Les yeux tournés vers Chateauguay |
ms DE —
Nous le devons à sa mémoire,
Ce beau monument projeté,
Airain façonné de a gloire
Et de son immortalité ;
Que dans le concert unanime Saluant ce passant sublime,
Grand nom taillé pour resplendir, Tous les vieux héros d’un autre à , Quand nous célébrons son courage, Se révoillent pour applaudir !
O vous pionniers de l'Amérique, Terre dont vous étiez jaloux, Cessez votre rêve homérique, De vos tombeaux relevez-vous.
Reconnaissez encor la trace
Des dons brillants de votre race Dans ce descendant glorieux Qui, s'emparant de votre épée, S'est taillé nouvelle épopée Sur les cenäres’de ses aïeux !
Me) re
Saluez aussi tous ses braves,
© morts, saluez ces héros.
Devant ces soldats fiers et graves, D Mêèlons la gloire à lour repos. | ÆEux aussi, lorsque la bataille
Pleuvait la mort, étaient de taille
À se mesurer avec vous
Quand, souriant à leur victoire,
Au vaste temple de la gloire
Vous leur doanâtes rendez-vous t
Ouvrant avec respect vos bières, Sous quelque tertre délaissé
Nous mêlerons à vos poussières
Ces restes dignes du passé,
Et la même hymne fraternélle Plancra grave ct solennelle
Sur vos ossements confondus,
Et dans la mort qui vous rassemble Vous vous réjouirez ensemble
Des honneurs qui vous sont rendus !
D en nn 7 A ne TO TE heu PAS .