‹ Chants chrétiensChapitre 115 sur 178 · Doué du langage des anges · texte numérisé non relu

Doué du langage des anges

En vain, mon Dieu ! de tes louanges Je remplirais tout l'univers; Sans amour, ma gloire n'égale Que la gloire de la cymbale Qui d'un vain bruit frappe les airs.

2. Quand je sonderais les abîmes Des mystères les plus sublimes ; Quand je lirais dans l'avenir; Sans amour ma science est vaine, Comme le songe dont à peine

Il reste un léger souvenir.

3. En vain des plus hautes montagnes Ma foi couvrirait les campagnes Ou durcirait l'eau sous mes pas; En vain, ranimant la poussière,

Je rendrais aux morts la lumière, Si dans mon cœur l'amour n'est pas.

4. Quand mes mains de mon héritage Aux pauvres feraient le partage; Quand même, pour le nom chrétien, Bravant les croix les plus infâmes, Je livrerais mon corps aux flammes; Si je n'aime je ne suis rien.

5. Que de vertus vont sur ta trace, Charité ! fille de la grâce ; Avec toi marchent la douceur, La patience inébranlable.

Et l'indulgence inséparable

Du calme et de la paix du cœur.

6. Tu chasses l'orgueil et l'envie; De tout temps tu fus ennemie Du vil et sordide intérêt.

Humble, droite et sans artifiee.

Autant que tu hais l'injustice, Autant la vérité te plaît.

7. Au prochain toujours favorable, Tu mets un voile impénétrable Sur ses défauts, pour les couvrir.

Quel triomphe manque à ta gloire?

L'amour sait tout vaincre, tout croire Tout espérer et tout souffrir.

8. Ils ont cessé, les saints oracles, Le don des langues, les miracles; La science aura son déclin.

L'amour, la charité divine, Eternelle en son origine, Jamais ne connaîtra de fin.

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