CONSEILS
Paysan qui cherches ferninr.
Prends-la, plus tôt que plus tard, Au cœur simple, au doux regard :
Si ses yeux ont trop de flamme...
Crois-moi, paysan, crois-moi !
Ne la prends pas, jarnigoi !
Ces yeux-là ne sont pas nôtres, C'est le paradis des autres, Ce sera l'enfer pour toi.
Prends-la de grandeur moyenne, Et d'esprit à l'unisson.
Si sa taille et sa raison Dépassent par trop la tienne...
Crois-moi, paysan, crois-moi I Ne la prends pas, jarnigoi !
Forte taille et forte tête, Pour les tiens c'est la tempête.
Et c'est la grêle pour toi.
Prends-la d'aplomb sur ses hanches, De corps sain, d'aspect nerveux, Belle même si tu veux ; Mais si ses mains sont tro]) blanches...
Crois-moi, paysan, crois-moi !
Ne la prends pas, jarnigoi !
Ces mains ne savent rien faire.
C'est du travail pour ta mère Et c'est du souci pour toi.