‹ Chants du soir [microforme]Chapitre 15 sur 34 · RIS · texte numérisé non relu

RIS

La joie est brève sur la terre Ris pendant que tu peux le faire Sans aucun ride sur ton front.

Avant que l'heure des souffrances

Vienne, brisant tes espérances,

Marquer la place où tous iront.

Quand viendra l’heure où danston âme S’allumera la pure flamme,

Don du ciel qu’on nomme l’amour

Alors adieu douces pensées, Et les larmes que j'ai versées

Tu les verserus à ton tour, PRIE

L'ombre descend sur la colline,

La bruyère déjà s'incline

Sous la tiède haleine des nuits ; L’astre du soir au ciel s'allume :

Sous les bois, sous le toit qui fume

Se taisent les chants et les bruits,

À genoux et que ta parole

Vers l’Être suprême s'envole

Comme l’encens de nos autels.

Pour t’écouter, colombe blanche, Ne sais-tu pas que Dieu se penche Du haut des parvis immortels ?

Enfant, ne méle à ta prière Aucun regret, ni plainte amère ; Exalte, chante et bénis Dieu,

Et ta lonange si candide, Comme une légère sylphide,

S'envolera vers le ciel bleu.

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