‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 102 sur 202 · Le Chasseur et la jolie Meulière · texte numérisé non relu

Le Chasseur et la jolie Meulière

Léger.

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Per- mets- moi, jo- lie meuniè- re.

Que

je

pas- se la ri- viè- re,

Que je rentr' dans ton mou-

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IèIeeII

lin, Car j'ai pei-du mon che- min.

Puisque la journée en-

tiè- re, J’ai tra-

ver- sé la bru- yè- re,

Mes chiens

Nt

se sont é- ga- rés, Je 1

« Permets-moi, jolie meunière.

Que je passe la rivière,

Que je rentr’ dans ton moulin, Car j'ai perdu mon chemin.

Toute la journée entière J’ai parcouru la bruyère,

Mes chiens se sont égarés.

Je ne puis les retrouver. »

puis les re- trou- ver.

— Monsieur, ça ne m’embarrasse Que vous soyez à la chasse; Contez vos discours plus loin.

Laissez-moi moudre mon grain :

Là-bas au bout du rivage Vous trouverez un passage ;

Vous m'avez l'air trop malin Pour entrer dans mon moulin.

— Tu te trompes, ma mignonne.

Ne crains rien de ma personne :

Quoiqu’en habit de chasseur Je suis un vaillant seigneur.

Mon château, je te le donne,

Tous mes biens, j’ t' les abandonne, Ainsi que ma montre en or Et bien d'autres choses encore.

- Je me ris de vos richesses ; J’aim’ mieux tenir les promesses Que j'ai faites à Mathurin ; Laissez-moi moudre mon grain; Car, redoutez sa colère Il pourrait bien sans mystère Vous apprendre à passer l’eau Sans nacelle ni bateau.

Abondance : Communiquée par M. J. Crétin.

Cf. Tiebsot : Ch. pop. des Alpes , p. 262.

Nous retrouvons ici le thème commun aux Chansons de Bergères (2e groupe> : « La belle repousse le riche galant qui passe ».

La belle Meunière.

A- dieu, bel- le meuniè- re. Toi

viens te voir,

^ tr

la bel- le, En pas- sant

et ton beau mou-lin. Je /TS

m’as l’air bien fri- pon-ne, Tes yeux sont a- mou-reux ;

per- mets-tu, la bel- le,

« Adieu, belle meunière, Toi et ton beau moulin ;

Je viens te voir, la belle,

En passant par ici.

Tu m’as l’air bien friponne.

Tes yeux sont amoureux :

Me permets-tu, la belle.

Un baiser ou bien deux ? »

— Si tu voulais, la belle.

Par derrièr’ ton moulin.

Je sais une garenne,

Il y a de beaux lapins;

Nous chasserons ensemble Dès la pointe du jour,

En sonnant la trompette La nuit comme le jour.

Oh ! que la chose est belle Quand on est deux à deux ; Et que l’on a sa belle Assise à ses côtés.

On lui parle à l’oreille.

En lui disant tout bas :

« Me permets-tu. la belle.

De chasser dans tes bois? »

Habère-Lullin : (Mlle Ducrot).

— Oh ! répondit la belle, Chassez, Monsieur, chassez ; La demande est trop belle Pour vous la refuser.

Allez, prenez vos armes,

Fait’s le tour de mes bois.

Je vous permets la chasse Parmi tous les endroits.

— J’aime ma colombette », J’en suis bien amoureux ;

Si elle m’était fidèle

Que j’en serais heureux!

Mais elle n’est qu’un’ friponne, Eli’ me trompe souvent.

Adieu, je t’abandonne Et te quitte à l’instant.

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