‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 114 sur 202 · L’Arrçaute infidèle · texte numérisé non relu

L’Arrçaute infidèle

N’ai-je pas du malheur — Tu m’as trompé, Rosalie,

D’avoir l’amour dans le cœur ! Tu m’as troublé l'esprit.

Quand je pense à ma maîtresse Va, ne fais pas tant la fière,

Je ne peux me consoler. Et souviens-toi du temps passé.

Tant d’amour que j’avais pour elle, Si j’ m'en vais à la guerre

La cruelle m'a trompé ! Tu resteras à marier.

— Que tu m’aimes, que tu m’aimes pas,

Cela n’ me chagrine guère ;

Je suis encore bien jeune,

Je n’ai que quatorze ans.

J'ai bien le temps d'attendre Et de faire un autre amant.

Etercy.

Sy. — L’iijfidclité des Officiers de guerre.

Au clair de lune, m’y promenant,

Je viens de rencontrer mon amant % Qui se promène dans ces plaines.

Et je lui dis d’un air bien doux :

« Cher amant, que cherchez-vous ? »

— Oh ! je ne cherche rien, la belle, Mais, de moi n’ayez point peur.

Marchez toujours en assurance ;

Je vous jure, sur ma foi,

Qu' personne vous aime autant que moi.

— Autant que moi! tu n' m’aimes guère ! Autant que moi ! tu n’ m’aimes pas !

J’ai aimé un officier de guerre Qui m'avait toujours dit Qu’il serait mon ami.

Oh ! que les filles sont à plaindre Lorsqu’elles fréquentent les soldats Qui s’en vont de ville en ville,

Et encore le plus souvent S’en vont battre sur le champ.

Eiercy : (Mlle F. Bouvier).

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