Rosette
C’est une chanson très proche parente de la précédente, à laquelle le sens et la communauté de quelques strophes la rattachent.
fS
J’ai fait u- ne maî- tresse.
Trois jours, y a pas long-
fv
temps. J’i- rai la voir di- manche : Lun- di, sans plus at- ten-dre;
Mar- di, sans plus tar- der, J’i- rai pour la de- man- der.
i J’ai fait une maîtresse.
Trois jours, y a pas longtemps ; J’irai la voir dimanche,
Lundi, sans plus attendre,
Mardi sans plus tarder,
J’irai pour la demander.
7 Passant devant sa porte,
Le chapeau z’ à la main :
« Salut, la compagnie l Sans oublier ma mie.
Je viens la demander A savoir si je l’aurai ! »
i3 Son père, qui est en fenêtre, Entend ces compliments :
« Ma fille, elle est trop riche,
Elle a plus d’ cent mille livres.
Tout garçon qui n’a rien N’ peut pas jouir de son bien »
19 Son frère qui est en chambre.
Entend ce discours-là :
« O père, ô cruel père,
Calmez votre colère ;
C’est un garçon d’honneur,
Il faut lui donner ma sœur. »
25 — S’il faut que j’ m’y retire,
Je m’y retirerai
Dans un couvent d'ermites,
Pour l’amour d’une fille ;
Ermite dans les bois.
Sans jamais plus te revoir.
3i — Mie, ma douce mie,
Prête-moi ton mouchoir.
Pour essuyer les larmes Qui coul’nt sur mon visage ;
Les larmes de mes yeux En sont pour te dire adieu.
37 Mie, ma douce mie,
Prête-moi ton couteau,
Pour partager la pomme Que j’ai dedans ma poche.
La pomm’ des amoureux Nous la mang’rons tous les deux.
q3 Mie, ma douce mie,
Prête-moi tes ciseaux,
Pour couper l’alliance Que nous avons ensemble.
L’alliance des deux Sera pour en faire un vœu.
Marin : Chantée par Mlle Caroline Burnat ; Abondance; Châtel ; Chevenoz ; Marin ; Allingcs ; Etercy.
Cf. : J. Tiersot: C/j. pop. A., 270 ; Ritz : Ch. p. //.-S., 41 .
Dans plusieurs versions de la région albanaise, ce texte se trouve amalgamé avec celui de Jeune Amoureuse (4e groupe : Désirs de mariage).
Var. :
i i Que mon cœur aime tant, i 2 Je voudrais passer mon temps.
1 5- 1 8 Si j’ai nourri une fille,
Si belle et si jolie,
Ma fille n’est pas pour vous ; Beau galant, retirez-vous.
2 i Tout bas, tout bas. mon père.
29 Pour y finir mes jours,
30 Mie, adieu, tous mes amours !
47 L’alliance d'amour,
48 Finira tous nos beaux jours,
48 ou : Adieu, mie, pour toujours.
Et pour finir :
Rosette, ma Rosette,
Fais-moi z’ un beau bouquet ;
Un beau bouquet de roses ;
J’ai fait l’amour pour d’autres ; D'autres l’ont fait pour moi,
Adieu, ma mie, bonsoir.
Dans plusieurs versions d’origines très éloignées : Chevenoz iChablais), Ltercy (Albanais), nous avons rencontré les strophes suivantes :
(Après la 5 * strophe) Mie, ma douce mie,
Où est donc ton mouchoir ?
Là-haut dedans ma chambre, Plié dans ma toilette,
A côté de mon lit.
Ou nous y passons la nuit
Après la 4* strophe :
Le bon vin de la cave Adoucira cela ;
Buvons tous à plein verre, Sans oublier ma chère ; Buvons à petits coups,
Cela deviendra plus doux.
ou bien :
Pour des mouchoirs de poche.
Amant, je n’en ai pas ;
Ils sont dedans ma chambre, Sur ma table charmante ; Tout auprès de mon lit ;
Mon cher amant, allons-y.