‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 160 sur 202 · Rosette · texte numérisé non relu

Rosette

C’est une chanson très proche parente de la précédente, à laquelle le sens et la communauté de quelques strophes la rattachent.

fS

J’ai fait u- ne maî- tresse.

Trois jours, y a pas long-

fv

temps. J’i- rai la voir di- manche : Lun- di, sans plus at- ten-dre;

Mar- di, sans plus tar- der, J’i- rai pour la de- man- der.

i J’ai fait une maîtresse.

Trois jours, y a pas longtemps ; J’irai la voir dimanche,

Lundi, sans plus attendre,

Mardi sans plus tarder,

J’irai pour la demander.

7 Passant devant sa porte,

Le chapeau z’ à la main :

« Salut, la compagnie l Sans oublier ma mie.

Je viens la demander A savoir si je l’aurai ! »

i3 Son père, qui est en fenêtre, Entend ces compliments :

« Ma fille, elle est trop riche,

Elle a plus d’ cent mille livres.

Tout garçon qui n’a rien N’ peut pas jouir de son bien »

19 Son frère qui est en chambre.

Entend ce discours-là :

« O père, ô cruel père,

Calmez votre colère ;

C’est un garçon d’honneur,

Il faut lui donner ma sœur. »

25 — S’il faut que j’ m’y retire,

Je m’y retirerai

Dans un couvent d'ermites,

Pour l’amour d’une fille ;

Ermite dans les bois.

Sans jamais plus te revoir.

3i — Mie, ma douce mie,

Prête-moi ton mouchoir.

Pour essuyer les larmes Qui coul’nt sur mon visage ;

Les larmes de mes yeux En sont pour te dire adieu.

37 Mie, ma douce mie,

Prête-moi ton couteau,

Pour partager la pomme Que j’ai dedans ma poche.

La pomm’ des amoureux Nous la mang’rons tous les deux.

q3 Mie, ma douce mie,

Prête-moi tes ciseaux,

Pour couper l’alliance Que nous avons ensemble.

L’alliance des deux Sera pour en faire un vœu.

Marin : Chantée par Mlle Caroline Burnat ; Abondance; Châtel ; Chevenoz ; Marin ; Allingcs ; Etercy.

Cf. : J. Tiersot: C/j. pop. A., 270 ; Ritz : Ch. p. //.-S., 41 .

Dans plusieurs versions de la région albanaise, ce texte se trouve amalgamé avec celui de Jeune Amoureuse (4e groupe : Désirs de mariage).

Var. :

i i Que mon cœur aime tant, i 2 Je voudrais passer mon temps.

1 5- 1 8 Si j’ai nourri une fille,

Si belle et si jolie,

Ma fille n’est pas pour vous ; Beau galant, retirez-vous.

2 i Tout bas, tout bas. mon père.

29 Pour y finir mes jours,

30 Mie, adieu, tous mes amours !

47 L’alliance d'amour,

48 Finira tous nos beaux jours,

48 ou : Adieu, mie, pour toujours.

Et pour finir :

Rosette, ma Rosette,

Fais-moi z’ un beau bouquet ;

Un beau bouquet de roses ;

J’ai fait l’amour pour d’autres ; D'autres l’ont fait pour moi,

Adieu, ma mie, bonsoir.

Dans plusieurs versions d’origines très éloignées : Chevenoz iChablais), Ltercy (Albanais), nous avons rencontré les strophes suivantes :

(Après la 5 * strophe) Mie, ma douce mie,

Où est donc ton mouchoir ?

Là-haut dedans ma chambre, Plié dans ma toilette,

A côté de mon lit.

Ou nous y passons la nuit

Après la 4* strophe :

Le bon vin de la cave Adoucira cela ;

Buvons tous à plein verre, Sans oublier ma chère ; Buvons à petits coups,

Cela deviendra plus doux.

ou bien :

Pour des mouchoirs de poche.

Amant, je n’en ai pas ;

Ils sont dedans ma chambre, Sur ma table charmante ; Tout auprès de mon lit ;

Mon cher amant, allons-y.

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