‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 34 sur 202 · L’Amant soldat repié · texte numérisé non relu

L’Amant soldat repié

« Il y a bien cinq à six ans, Que ie n'ai pas vu Mon très cher amant.

Il s'est engagé pour sa majesté, C’est ce qui m'a chagrinée.

Mon plus grand désespoir C’est de ne pas savoir Quand je pourrai le revoir.

— Oh ! non, vous n'ètes pas mon Il est parti, il y a six ans, [amant, Il est au service du roi

Dans ses nobles emplois,

N’y pensant plus à moi.

Mon cœur est tout à lui, Monsieur, je vous en prie, Retirez-vous d'ici. »

Au bout de six années au plus Son cher amant est revenu.

Au logis il s’en va,

Sa mie n’y est pas ;

— « Je viens exprès pour la voir. »

Sa mère lui répond à l’instant :

— « Ma tille en est aux champs, Etes-vous son amant? »

Sans attendre d'autres discours,

Il s'en va vers ses tendres amours.

Là-haut dessous l’ormeau Il l'a trouvée; elle gardait son trou- Elle tournait son fuseau, [peau, Lui dit : « Bonjour, mie, mon cœur, Je suis ton serviteur,

Reçois donc mes faveurs, »

— Oh ! oui, je suis bien votre amant. Mie, vous me connaissez.

Et voici le diamant,

Que j’ai pris en partant,

N’en es-tu pas contente?

Mon plus grand bonheur, C'est de venir ici Pour te tirer d'ennui.

Voyant cet anneau d'or charmant :

« Oui, je vous reconnais pour mon Vous étiez, en partant, [amant, Comme un vrai paysan ;

A présent changement.

Vous voilà arrivé,

Vous voilà habillé Comme un vrai chevalier.

Texte seulement, tire du cahier de Mlle Mamet Marie , llabcre-Poche.

Malgré son incorrection, nous donnons cette chanson à cause de son thème original. L’attitude de la bergère qui feint de ne pas reconnaître son amant trop bien habillé nous paraît significative : ne décèlerait-elle pas finement l'indifiérence ou l’antipathie gouailleuse qu'inspirent instinctivement aux gens simples de la campagne le fac/ieu d'gôgnës (faiseur d'embarras), celui qui, revenant de la ville, veut faire le monchu (monsieur). C'est le même sentiment qui a fait la popularité de l'amusant et spirituel incident du « Monsieur au râteau ».

— La Berbère et soi? frère Sin?oi?.

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Modéré.

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Mè- re où est al- lée ma sœur ? Il y a sept

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ans que je n’ l’ai vue; — El- le est là- bas dans la prai- Ralentisse^ A tempo

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