‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 56 sur 202 · Sur rHerbette fougère · texte numérisé non relu

Sur rHerbette fougère

Sur rherbette fougère,

Viens, mon aimable bergère, Quitte, quitte ton troupeau.

Pour venir dans mon château.

Quitte, quitte ta houlette Pour venir dans ma chambrette, Tu seras mise d’abord Maîtresse de mes trésors.

— Vos trésors, je n’y tiens guère; Je n’ai qu’à plaire à ma mère ; Retirez-vous promptement,

Ce n’est pas vous que j’attends.

Contentement passe richesse ;

Je n’aime point la noblesse,

J’ai un soldat qui est à moi ;

Il est au service du roi.

— Ce soldat, qu’en veux-tu faire, Dis, mon aimable bergère ?

Il ne fera point ton bonheur, Comme s’il était un seigneur;

11 te mènera à la guerre,

Tu seras la vivandière,

Tu vendras du tabac Et l’eau de vie aux soldats.

— J’irai voirie roi et la reine,

Et, la chose est bien certaine.

L’on me mènera au camp ;

Il n’ÿ a rien d’aussi charmant.

J’abandonne ma houlette,

Mon chien et ma coulonnetle,

Mon troupeau et mes moutons Que je tiens dans ce canton.

J’irai voir l’infanterie,

Dragons et cavalerie.

Et les princes et les seigneurs ;

Cela fera mon bonheur.

Je suivrai l’amant que j’aime.

Il m’aime autant que moi-même (?) Nous irons tous deux contents Dedans ces pays flamands.

— La Berfjcre et le « Vieux «ris »

Jcanneton, la belle, la lleur Plus brillante que l'aurore,

Si tu veux accepter mon cœur.

Prends-moi pour ton serviteur.

— Je suis bergère,

Vous êtes seigneur ;

A moi, tant d’honneur Ne convient guère.

Portez donc ailleurs Votre vieux cœur.

— Ce vif éclat de tes beaux yeux Pénètre au fond de mon âme.

Viens, ma bergère, si tu veux,

Tu peux accomplir mes vœux.

— Ta barbe grise Et tes cheveux blancs.

Que de sottise Il y a dedans!

Quoi ! un chasseur si vieux Est amoureux !

— Viens à Paris, ma belle enfant, Tu v seras plus à ton aise;

Je te logerai noblement Dedans un riche appartement — En paysanne La nuit et le jour,

Je fais mon séjour Dans ma cabane.

Et plus je m’y plais Qu'en vos palais.

— Viens avec moi dans ma maison ; C’est une bonne cuisine ;

L’on y trouve en toute saison Pain, vin, viande et frais poisson.

— Je suis nourrie De lait et pain bis ;

Allez, vieux gris,

A la voirie ;

Allez ailleurs,

Amant trompeur.

— Tes raisons me percent le cœur, Bergère trop inhumaine ;

Tu méprises ma vive ardeur, Prends-moi pour ton serviteur.

— Fille à mon âge Veut un jeune amant Qui soit charmant,

Bien fait suivant l'usage Qu’on a parmi nous ; Retirez-vous.

— Adieu, trop ingrate beauté ;

Ta fierté me désespère;

Tu méprises ma beauté,

Par ta grande cruauté.

— Partez bien vite.

Ne répliquez plus :

Vous êtes exclus ;

Je vous tiens quitte.

Et jusqu'au revoir :

Adieu, bonsoir.

Que fais-tu là, belle Isabeau ?

L\ir de la Jou

— Que fais-tu là, belle Isabeau 2, Seulettc dans cette prairie ?

Tu dois t'ennuyer sous l'ormeau.

Oui, de toi mon âme est ravie ;

Si tu voulais, charmant tendron, Etre ma sincère maîtresse (bis), Tu laisseras là le gazon Pour un amant plein de tendresse.

née orageuse 1 .)

— Monsieur, passez votre chemin, Je me plais dans ces pâturages.

Vous avez l'air un peu malin ; Vous pouvez changer de langage.

Je chéris mon petit troupeau.

Et j’aime ma simple chaumière (bis) Je passe mes jours sous l’ormeau ; Tranquillement sur la fougère.

Indication qui ligure dans le cahier manuscrit. . Qu : F.lisabeau.

— Si tu voulais, ma belle enfant, Tu pourrais jouir de tes charmes ; L’amour, petit dieu charmant,

Est fait pour te rendre les armes.

Viens avec moi dans mon château ; De tout je te fais la maîtresse (bis). Laisse-là ton petit troupeau ;

Pour toi, j’ai toute la tendresse.

— J’aime mieux garder mes moutons, Rester seule dans mon asile.

Je ne quitte point les vallons ;

Loin des grandeurs on est tranquille.

Avec ma houlette et mon chien,

Je me plais fort bien au village (bis) : La sagesse fait tout mon bien ;

Je n'en veux point d'autre en partage.

— Si tu voulais, mon tendre cœur, Apaiser le feu de mon âme,

Tu jouirais de la douceur.

D'amour, toi seule m'enflamme ; Prends ma bourse pleine d’argent; Accorde-moi la jouissance (bis)

De prendre un doux baiser charmant; Cela sera ta récompense.

— Gardez votre or et votre argent :

Le berger que j'aime m adore ;

Je reçois de lui pour présent De l'or au lever de l’aurore (?).

Partez. Monsieur, vous faites bien, Eloignez-vous de ce village (bis) :

Sur vous je vais lâcher mon chien , Je n'entends pas badinage.

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