‹ Chants et chansons militaires de la FranceChapitre 13 sur 164 · LE VENGEUR · texte numérisé non relu

LE VENGEUR

Des marins de la Républi-que ) Etaient montés sur le ye?/ûfein\ \

Eh bien ! vous allez voir combien la mémoire des Parisiens est prodigieuse. Le chant du Vengeur^ populaire en 1848, eut, en 1870, sa palingénésie. On nous le sciait dans tous les quartiers de Paris assiégé. Il eut aussi les gloires de la parodie. Au cours de cette période douloureuse, on eut, en effet, ridée d'organiser des compagnies d'enfants qui furent dits les « Pupilles de la République )). C'était préluder à la création de ces bataillons scolaires qui, aujourd'hui,

CHANTS ET CHANSONS MILITAnu:S DE FRANCE 25

jouent si merveilleusement au soldat. Or les pupilles de 1870 qui, eux, jouaient au bouchon, étaient singulièrement encombrants. Là-dessus, un poète inconnu ajusta à l'air du Vengeur ce lihrelto qu'il est permis de trouver irrespectueux :

Les pupill's de la Rëpubli-que ) Embêt' joliment le secteur. \

Après avoir été joliment sciés, nous étions enfin vengés du Vengeur.

Mais, en fait de livrets, le public n'exerce pas les droits d'une critique bien féroce. Il est bon enfant ; il admet tout ce qu'on veut, sans trop analyser le sens des paroles qu'on lui sert, à la condition, toutefois, que les mots soient bien ronflants. Il a, par exemple, applaudi à cette charge que lui ont faite une fois deux paroliers célèbres :

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