LES TURCOS
Dans les maquis, dans les bois, dans la plaine
Ils vont sans gêne
Et sans soucis Comme en pays conquis !
Ce chic exquis Par les turcos acquis Ils le doivent à qui ? *" *
A Bourbaki!...
A Charles BourbaklY
Tempo di marcia
jthn-ne, Ils vont sans gê-ne et sans soii-cis coinme en pa-
ys con-qids : Ce cliic ex - qnis, par les lur-cos cTC-
sliî^^t^^HI
quis, ils le doivent à qui? A Boiir-ba- hi, à Char-les
Dourba - hi!
Ici se place une anecdote célèbre. Le général entendait un soir le jeune Artus chanter ses louanges. Au
premier « A Bourbaki ! » il crut devoir se récrier vivement...
{Parlé) — Oli ! non, pas à moi seul !... ^Messieurs, je réclame... A chacun son compte!... Et ma modestie effarouchée...
Et l'officier-poète de reprendre tranquillement :
{Chanté)
— . . .à Bouvlniki Ou je ne sais à qui !
Mais, la dominante de ce bouquet de chansons de gestes, c'est la Casquette du père Bugeaud. En voici l'histoire véridique : Les réguliers d'Abd-el-Kader, s'étant faufilés, certaine nuit, entre les postes des Zouaves, vinrent faire sur le camp français une décharge des plus meurtrières. Grande panique !... Le feu était tellement vif que nos hommes, couchés à terre, hésitaient à se lever pour combattre. Le maréchal se porta le premier au fort du danger et, joignant l'exemple au précepte, étrangla de sa main deux des. assaillants nocturnes. Ce bon exemple ne devait pas être perdu. Les Zouaves reprirent courage et firent merveille. L'ennemi fut repoussé avec pertes.
Cette alerte passée et toutes mesures une fois bien prises, le maréchal remarque, aux lueurs des feux de bivouac, que chacun le dévisage et ne peut, ce faisant, s'empêcher de sourire. Il porte machinalement la main à son front et s'aperçoit, non sans rire lui-même, qu'il est coiffé tout simplement à la façon du roi d'Yvetot, de Déranger. Il demande aussitôt sa casquette, et les troupiers de réclamer avec ensemble : « La cas-
qiiette ! la casquette du maréchal ! » Or cette casquette monumentale les avait, depuis longtemps déjà, frappés de certaine stupéfaction. Le lendemain, quand les clairons sonnèrent a aux champs en marchant », les Zouaves chantaient en chœur :