RETOUR D'ITALIE
— Petit pioujjiou, Bonliomm' d'un sou, Qu'rapportes-tu d'Italie ?
— J'i-apporte à ma patrie Des drapeaux En lambeaux !
Allegrramente.
Pe - tit piou-piou, Boa - Iiomrn' d\in sou, Que
-SK 1»»-
•ap'por-tes - ta dl-ta - li-e? J'rap - porte à ma. pa-
tri - e Des dra-peaux en lam-beaux.
Ce fut là l'apogée de nos gloires militaires modernes. Bientôt s'ouvre l'ère des désastres, et le siège de
Paris a son histoire chantée. Un simple fait pris comme exemple à Tappiii de cette assertion : Certain jour, un des obus de nos batteries de Montrouge avait failli tuer M. de Moltke. Ce projectile avait renversé et presque fait passer de vie à trépas celui qui avait fait prendre au roi Guillaume la décision du bombardement. Le chef 'du grand état-major de Tarmée allemande avait été littéralement couvert de terre, mais il s'était relevé et en avait été quitte pour quelques contusions. Presque sur-le-champ, les Parisiens apprirent, nous ne savons par quelle voie, qu'un personnage de distinction venait d'être touché — d'aucuns disaient coupé en deux — dans une batterie prussienne. Cette donnée assez vague parut suffisante aux gens dits bien informés pour prétendre que la victime n'était autre que le comte de Bismarck et qu'elle était tombée non loin de la Porte de Chàtillon, sur le plateau. Et les gavroches de s'emparer de cette idée en ajustant un libretto bizarre aux premières notes d'une marche dont le clairon fatiguait alors nos oreilles.
Ce refrain impossible fit aussitôt le tour de Paris. Il sut distraire de ses maux plus d'une famille bombardée... et, à ce titre méritoire, nous l'insérons ici, dans toute son authenticité.