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LES MINISTRES

(Air du Vin d'Argenlcuil)

Le mulet, par monts et par vaux, iS'abreuvant peu, ne mangeant guères, Grave comme un «. chargé d'affaires >, Chemine sans plier le dos...

Gens aux souples échines

Avides d'émarger, On devrait, pour changer, Un beau jour vous charger

De cantines, {bis)

Les généraux, qui manquent apertement de prestige, reçoivent, à l'occasion, quelques traits satiriques bien

appliqués. Voici, par exemple^ ceux qui s'adressaient à Soubise, ce prodigieux innocent qui aurait pu gagner la bataille de Rosbach :

Soubise dit, la lanterne à la main :

« J'ai beau chercher... où diable est mon armée?

Elle était là pourtant, hier mathi...

Me l'a-t-on prise, ou Taurais-je égarée ?

Ah I je m'y perds... je suis un étourdi...

Mais attendons au grand jour, à midi.

Que vois-je ? ô ciel ! Que mon âme est ravie ! Prodige heureux I... La voilà ! la voilà !..

Ah ! ventrebleu ! qu'est-ce donc que cela?

Je me trompais... c'est l'ai-mée ennemie.

Autres temps, mêmes histoires. Nous avons vu^ en 1870-71, des pharmaciens déguisés en stratèges et qui, en fait d'innocence, étaient loin d'arriver à la taille du grand Soubise. L'un d'eux apprend de la bouche d'un officier d'état-major la nouvelle d'un échec du corps d'armée qu'il est censé commander. Voici le dialogue :

— Suivant l'rapport de la patrouille, Notre armée est coupée en deux !...

— Ali! tant mieux, i-épond Riflandouille, Au lieu d'une, ça m'en fait deux.

Morbleu ! sacrebleu ! ventrebleu !

Et même, avant d'aller me battre, J'ia voudrais voir coupée en quatre, Morbleu ! ventrebleu ! scrongnieugnieu !

Les erreurs du commandement, les faux mouve-

ments ordonnés alimentent aussi la verve des Juvénals de l'armée française. Les bureaux de la guerre font partir pour le Tonkin un détachement de pontonniers, mais à ce détachement ils ne donnent point de matériel de ponts. Qu'en résultc-t-il ? Le poète va nous le dire :

Le pontonnier, fort en guindages,

Est aussi très fort en brêlages.

Ses chefs Tont fait venir ici Pour qu'il devint fort en pétrées aussi.

Mais, le troupier en veut surtout à l'administration, qui lui casse le ventre, ainsi qu'il appert de cette adaptation de la chanson irridento français.

de Cadet Roussel, riunnortei

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