LE FILLEUL DU PAPE
Air : La Treille de Sincérité.
Très Saint-Père En vous j'espère, Prince je suis et j'ai la foi; ',
Mon cher parrain, protégez-moi. (Bis,) \
Maman, la célèbre Espagnole \
Vient tout droit de l'Escurial * ; i
Papa, le fils d'une créole, {
Est un pur sang impérial. (Bis.) \
Le sort, en ses bizarreries, \
Les avait unis pour toujours ; \
Et ce fut dans les Tuileries f
Que je naquis de leurs amours. \
Très Saint -Père |
En vous j'espère, %
Priilce je suis et j'ai la foi; f
Mon cher parrain, protégez-moi. -^i
En filleul ardent catholique,
J'admets l'infaillibilité,
La sagesse de l'Encyclique
Et votre souveraineté.
Je respecte aussi le saint chrême
Qui m'arriva du Vatican
Pour l'heureux jour de mon baptême;
Par un prélat peu gallican.
1, Voir la note Z, à la fin dtl Toltlîile»
de Pa n l Avenel. 191
Très Saint-Père En vous j'espère, Prince je suis et j'ai la foi ; Mon cher parrain, protégez-moi.
En mérite, je ne le cède A personne malgré mon rang.
Je suis fort au vélocipède, L'orthographe, c'est différent.
J'égale un clown en gymnastique; A Wolwich j'ai moins de succès ; Par un Anglais en rhétorique, Je fus battu pour mon français.
Très Saint-Père En vous j'espère, Prince je suis et j'ai la foi; Mon cher parrain, protégez-moi.
Vous bénîtes le Deux-Décembre Qui sauva le trône et l'autel, Maudissez le Quatre- Septembre Qui nous frappa d'un coup mortel.
A Sedan, papa, dans sa gloire, De mourir avait fait serment; La défaite vaut la victoire Quand on tombe aussi noblement.
l^rès Saînt-t*ère En vous j'espère, PrîtlCe je suis et j'ai la foi ; Mon cher parrain, protégez-moi»
Mettez votre armée en càiUpagtlé !
Prélats, jésuites, capucins, tlommes noirs de France et d'Espagne; Invoquez la Vierge et les saints.
En mon nom faites des miracles, Et les intrigants et les sots Nous aplaniront les obstacles, Je les paîrai sur les impôts.
Très Saint-Père En vous j'espère, Prince je suis et j'ai la foi :
Mon cher parrain, protégez-moi.
Oh ! maman serait bien contente De revoir l'empire et sa cour !
Que l'occasion se présente.
Je refais Boulogne ou Strasbourg.
Je m'appuîrai sur la caserne :
La force est un très bon agent ; Papa m'apprit comme on gouverne Tout s'incline devant l'argent.
Très Saint-Père En vous j'espère.
Prince je suis et j'ai la foi ; Mon cher parrain, protégez-moi.
Septembre 1873.