LA LIBERTÉ DE L'EUROPE
Air des Trois couleurs.
Quel est ce bruit ? La foudre sur nos têtes Vient-elle encor se briser en éclats ?
C'est le canon précurseur des conquêtes Qui nous apprend le réveil des Etats.
L'entendez-vous gronder à la frontière ? Sa bouche en feu vomit l'égalité!... Peuple français, l'Europe tout entière Veut, comme toi {bis), vivre de liberté.
Rois, empereurs, despotes, dont l'envie Sous l'ouragan courbe vos fronts pâlis; Vous tremblez tous sur un char qui dévie Et que traînaient vos peuples avilis.
Qui donc vous fit les maîtres de la terre ? Vos crimes seuls fondaient la royauté.
Peuple français, l'Europe tout entière Veut, comme toi, vivre de liberté.
Ils oubliaient, bercés par la louange.
Que du pouvoir l'édifice pompeux.
Tout plaqué d'or, mais tout pétri de fange, Sous leur orgueil croulerait avec eux.
Un laurier d'or veut une tête altière ! Mais vous, tyrans, l'avez-vous mérité?
Peuple français, l'Europe tout entière Veut, comme toi, vivre de liberté.
De la Pologne et puis de l'Italie,
Entends les cris, France; elles sont tes soeurs;
A leurs efforts l'égalité te lie.
Secours-les donc contre leurs oppresseurs.
de Paul Ave ne!. 15
Des potentats, il faut dans la poussière Ensevelir la fourbe royauté.
Peuple français, l'Europe tout entière, Veut, comme toi, vivre de liberté.
A bas les rois, vive la République, Sont les échos vengeurs de Février :
C'est que le peuple, en sa force civique, De ses bourreaux se fait le justicier, Pour arborer l'éclatante bannière Des jours heureux de la fraternité.
Peuple français, l'Europe tout entière Veut, comme toi, vivre de liberté.
Paris, Quartier latin, 26 février lS-48.
LPIED OUI R'MUE
Rengaine normande
Créée à l'Alcazar par M. Joseph Kelm,
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va guère.
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va plus.
Ah ! dites-met qui vous a donnet (Bis.) Ce biau bouquet que vous avet? (Bis.)
« Mossieu, c'est m'n'amant.
Quand je le vois, j'ai l'cœur ben aise;
Mossieu, c'est m'n'amant.
Quand je le vois, j'ai l'cœur content. »
i6 ChdJiis et Cliansons
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va guère,
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va plus.
Ah ! dites-met qui vous a donnet Ce biau fichu que vous avet?
« Mossieu, c'est m'n'amant.
Quand je le vois, j'ai Tcœur ben aise ;
Mossieu, c'est m'n'amant.
Quand je le vois, j'ai Tcoeur content. »
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va guère,
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va plus.
Ah ! dites-met qui vous a donnet Ce r'gard fripon que vous avet?
« Mossieu, c'est m'n'amant.
Quand je le vois, j'ai l'cœur ben aise;
Mossieu, c'est m'n'amant.
Quand je le vois, j ai l'cœur content, »
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va guère.
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va plus.
Ah ! dites-met qui vous a donnet Ce teint si frais et si rouget?
« Mossieu, c'est m'n'amant.
Quand je le vois, j'ai l'cœur ben aise;
Mossieu, c'est m'n'amant.
Quand je le vois, j'ai l'cœur content. »
J'ai un pied qui r'mue P>. l'autre qui ne va guère.
de Paul Avcnel. tj
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va plus.
Ah ! dites-met qui vous a donnât Ce gros baiser près de la haie ?
« Mossieu, c'est m'n'amant.
Quand je le vois, j'ai l'cœur ben aise ;
Mossieu, c'est m'n'amant.
Quand je le vois, j'ai l'cœur content. »
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va guère, J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va plus.
Ah ! dites-met, si je vous faisais Tous les présents qu'on vous a faits?
« Mossieu, gnia qu'm'n'amant Qui peut m'donner quéq'chos' qui m'plaise;
Alossieu, gnia qu'm'n'amant Qui peut faire mon content'ment. »
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va guère,
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va plus.
Mais, si pourtant je vous donnet Ma pip', mon cœur, mon flageoulet ?
« Mossieu, gnia qu'm'n'amant Qui peut m'donner quéq'chos' qui m'plaise;
Mossieu, gnia qu'm'n'amant Qui peut m'donner ben d'I'agrément. »
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va guère.
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va plus.
l8 Cil an t s et C h an sons
« Vot' pip', vot' cœur, vot' flageoulet, Je refus' tout, vous êt's trop laid.
Car il gnia qu'm'n'amant Oui peut m'donner quéq'chos' qui m'plaise;
Mossieu, gnia qu'm'n'amant Qui peut m'donner ben d'I'agrément. »
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va guère,
J'ai un pied qui r'mue Et l'autre qui ne va plus '.