La Fornarina était la maîtresse de Rapliaël Sanzio
200 Citants et Chansons
L'amour d'un rimeur est, pour elle, légitime; Bien d'autres avant moi furent ses amoureux. De l'aimer à mon tour, peut-on me faire un crime ? Adam, le premier homme, était né paresseux.
Comme l'oiseau craintif au milieu de la mousse, J'ai su placer mon nid à l'abri d'un buisson; Ignoré, je vis là, sans bruit et sans secousse ; Comme un bon paysan vivrait en sa maison.
Mais le souvenir reste au fond de ma pensée Comme un astre brillant suspendu dans les cieux ; Il cherche à réveiller ma Muse délaissée, Qui jadis avait place à vos banquets joyeux.
Chaque mois, de mon coin, je vous vois tous à table, Entourant de gaîté le président Baillet, Oui domine les chants de son creux formidable... Auquel il joint encor le bruit de son maillet.
Hachin, notre doyen, chansonne en philosophe, Chebroux ne chante pas comme chante Péan>; Puis de Louis de Courmont la vigoureuse strophe Flagelle en rugissant quelque plat courtisan.
Plus loin, je vois Jeannin à côté d'Adeline, Préparant son larynx pour ses couplets touchants. C'est du Berquin chanté par une mandoline; La morale en ses vers égale ses accents.
Echalié, Petit-Pierre ont la verve gauloise; Nadot, Cahen, Leconte et Luth sont tour à tour Chaudement inspirés par la muse grivoise. Pour fêter à pleins bords et le vin et l'amour.