‹ Chants et chansonsChapitre 16 sur 202 · PATACHON · texte numérisé non relu

PATACHON

Air (le Madame Favarl.

Patachon est des plus beaux types Des Inutiles de Paris; L'égoïsme est dans ses principes.

Il vit tout seul et sans amis.

de Paul AvoicL 27

Personne n'a connu son père,

Mais on dit, sans penser à mal,

Que bien des gens ont vu sa mère

Dans le i^-and monde... horizontal. (Bis.)

C'est un richard, il a des rentes Oui lui viennent, suppose-t-on, De certaines vieilles parentes Qui n'ont jamais su que son nom.

Ce gentilhomme de rencontre.

Fils de l'amour et du hasard, Avec succès toujours se montre; C'est un gandin du boulevard.

Patachon dans le demi-monde

A conquis la célébrité;

Son doux regard, sa barbe blonde,

Le posent en divinité.

Car, pour ces dames recherchées

Comme prêtresses de Vénus,

Il a mille vertus cachées

Sous son manteau d'Antinous.

De toutes les magistratures La plus lourde est le droit divin.

Il veut se ranger... des voitures, Et mettre de l'eau dans son vin ; Car, las de la route suivie Par son acabit folichon, Il ne veut plus mener la vie, La vie, enfin, de Patachon.

Le diable, un jour, s'est fait ermite Pour s'adonner à l'oraison, Eh bien, lui. Patachon, l'imite En se rendant à la raison;

Il est tombé, quelle .surprise !

Tout à coup en religion...

Mais il a choisi son église :

Mes amis, il s'est fait mormon !

MARTIN BIDAURE Complainte^.

Air (le FunhU'ii.

Ecoutez, peuples de France, Ainsi que les habitants Des pays environnants, Comment dedans la Provence, L'honorable Pastoureau, De préfet devint bourreau.

Pour fonder l'second empire Dans l'département du Var, Monsieur Pastoureau-z-eut l'art De s'conduir' comme un vampire.

En tuant les habitants Qu'il appelait des brigands.

Sur le bord de la lisière Des confins d'une forêt, Cet astucieux préfet Tendit une souricière :

Qu'est-ce qui s'}^ est fourré !

C'est Martin dit Bidauré.

1. Nous ilonnons cette complainte uniquement à cause de la popularité qu'elle obtint, lorsqu'elle courut manuscrite à Paris. (Note de l'éditeur.

de Paul Ave ml. 29

Martin était honnête homme, A Barjols il habitait; Aussi monsieur le préfet L'envoya fusiller comme On fusille un insurgé.

Avec un fusil chargé.

Mais Dieu protégeait son âme.

Le Martin ne passa pas Alors de vie à trépas; Mais il était dans l'programme Que ce pauvre malheureux Malgré lui mont'rait aux cieux.

Martin veut revoir son chaume :

Il se relèv' tout sanglant,

Et s'en va clopin-clopant

Au beau château de la Beaume :

Mais le fermier du château

Le relivre à Pastoureau.

Ce protecteur d'ia famille Voyant cet homme meurtri.

Dit : « De quoi est-il pétri ?

Vite, qu'on le refusille ! »

— Cassagnac est spadassin ^ Mais c'préfet est assassin.

Pour ce fait si plein de gloire, On donna d'I'avancement ^

1. M. Paul de Cassagnac faisait, sons Napoléon III, un argument de sa force à l'épée pour défendre l'empire.

2. Du Var, M. Pastoureau fut nommé préfet dans l'Indre-et-Loire. Et, lorsqu'il fut révoqué, en février 1870, le quatrain suivant parut dans plusieurs journaux ;

De préfet quittant Vunifornie, Dont il fut si longtemps parc, Pastoureau pense-t-il, sous Tonne, Ne plus rêver habit doré.

Il mourut le 13 avril 1874, dans son lit, à Pai-is. après une courte maladie. Ses obsèques eurent lien à Saint- Philijipe ilu Ronle.

Ch a n ts et CJianso ns

A ce Pastoureau charmant :

Il règne dans l'Indre-et-Loire.

Moins généreux que l'destin, Cet homm'-là t'ra son chemin.

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