BAZAINE A MADRID
l8 AVRIL 1887
Mon vers, après seize ans, au pilori ramène Celui qui révolta la conscience humaine; Celui qui livra Metz, ses drapeaux et ses forts, Et qui, depuis ce temps, survit à ses remords^. Bazaine enfin, ce traître ambitieux de gloire, Dont la France effaça le nom de son histoire. Ce soldat que la guerre avait tant illustré, Est déjà pour le monde un mort déshonoré.
1. Insurrecbiou du 12 mai 1839. (Voir la note AP à la fin du volume.)!
2. La veille de la reddition de Metz, qui eut lieu le 28 octobre 1870, j le colonel et les officiers du l^r grenadiers de la garde, n'écoutant que la : voix de l'honneur, avaient décliiré le drapeau du régiment et en avaient j l)artagé les morceaux entre les soldats.
de P(7 7il Ax'cncl. 309
Un hidalgo, Nunez, le reçoit à ses fêtes,
Sans scrupule, à Madrid, avec des gens honnêtes.
Ce noble, en descendant au rang des chambellans,
A perdu la fierté des vieux preux castillans ;
Il voit la trahison avec indiOerence,
Il ne la juge pas comme on la juge en France,
Puisque l'honneur lui dit qu'il est rationnel
De tomber aussi bas qu'un pareil criminel.
Hier, Louis Hillairaud, un ardent patriote, Ne pouvant pardonner Metz, Sedan, Gravelotte, A poignardé Bazaine. Eh bien, il eut grand tort, Ce vengeur de la France. Est-ce qu'on tue un mort ? Un traître ne vaut pas qu'un brave l'assassine ; Laissons-le donc en proie au remords qui le mine. Bazaine en livrant Metz avait livré Paris, Bazaine doit mourir de honte et de mépris^!